Domhan
Dans un univers féerique, des personnages aux destins héroïques naissent du bout d’une plume guidée par l’imagination. Cherchant un moyen de réaliser leurs rêves les plus fous au gré d’aventures et de rencontres, magiciens, guerriers ou bandits partent pour un voyage qui changera leur destinée. Ils devront faire preuve de force et de courage, d’ingéniosité et de talent pour trouver la porte qui les guidera jusqu'à l’objet de leur convoitise. Aux quatre coins d'un monde aussi magnifique, qu’hostile, rempli d’êtres et de créatures de légende, le combat ne fait que commencer…
Alors écris ta propre histoire, incarne ton héros et pars à l’aventure dans le passionnant univers magique de Domhan !

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 Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Jeu 22 Aoû 2013 - 10:07

La Reine s'approcha doucement d'Ambre comme si elle voyait un spectre du passé. Elle détailla la jeune guerrière de la tête au pieds. De sa main elle effleura ses cheveux noire, lisse comme de la soie.
-Tu es la fille d'Elmensië, ma sœur. Nous étions les deux héritières de la citadelle qui était à l'époque sous le règne de mon père. Donc évidement les deux femme vampyrs les plus courtisées de toute la citadelle. Dit-elle en souriant faiblement.
Ses yeux étaient dans le vague, comme scrutant un point invisible. Sa voix n'était plus que mélancolie.
-Je n'ai jamais trouvé chaussure à mon pied, si maintenant je fais peur à tout prétendant potentiel. A l'époque je passais mon temps entourée de garçons qui, je m'en suis aperçut très vite, cherchaient la couronne. Pourtant mon père voulait absolument que chacune trouve un prince consort pour pouvoir transmettre le flambeau. C'était un homme rustre, presque un tyran. Il ne savait jamais faire preuve de diplomatie ou de tact, la seule chose de bien qu'il ai faite c'est une guerre acharnée contre nos cousins pervertis. Les différentes races apprirent à faire la différences entre les « bons » et les « mauvais » d'entre nous. Cela laissa notre race exsangue mais me permit lorsque je suis monté sur le trône de restaurer les relations avec les autres peuples. Mais je m'égare.
Elle planta son regard noir dans les yeux océan d'Ambre :
-Si moi je n'ai pas trouvé de partenaire, ma sœur elle est tombé éperdument amoureux de son compagnon. Il s’appelait Dornan, c'était un homme fort, un forgeron dont les ouvrages étaient salués, ici. Ma sœur eu de lui des jumelles magnifiques. Si frêles et petites. Vous aviez déjà des cheveux à la naissance. Noir pour toi, platine pour ta sœur. Mais Dornan était un homme et père pétri de traditions ancestrales, ne put se résoudre à accepter que sa descendance ne soit pas de lignée pure. Je le détestait déjà, car il était froid et sans pitié, j'ai appris à le haïr.
Soë chassa rageusement une larme qui coulait délicatement sur sa joue.
-Il bannit Dornan et vous, les enfants de ma sœur. Vous laissant en plein hiver dans le froid de nos contrés, promit à une mort certaine. Pourtant on ne sait comment, Dornan réussi à survivre. Il bravi les prédateurs et le froid sans qu'aucune de nous ne puisse venir l'aider. Malheureusement, ta sœur n'a pas survécut à ce terrible voyage.
-Quel … quel était son nom ? Demanda Ambre les yeux larmoyant et l'élocution saccadée.
-Ta mère l'avait appelée Yasu. Ma sœur c'est laissée dépérir après sa mort. Elle que j’enviai avant pour son énergie, fana. Jamais elle ne put pardonner à père.
-Que c'est t-il passé après ? Pourquoi n'est-elle jamais venu me voir ? Pourquoi Ergaïl m'a-t-il toujours empêché de venir ? Demanda Ambre d'une voix étouffée par la tristesse.
L'intéressé resta de marbre lorsque la Reine échangea avec lui un regard.
-C'est moi qui lui a demander de veiller sur toi. J'ai évincé mon père peu de temps après et je lui ai succédé, dit-elle d'un ton glacial, pourtant certains ordres d'un ancien souverain  sont éternels et ne peuvent être ignorés par leur successeurs. C'est une tradition de la citadelle et je ne pouvais pas demander à un vampyr de vous escorter.
-Où est ma mère ?!

-Dans ses appartements, mais je crains que tu ne doive attendre la fin des duels.
-Je me fiche de vos duels et de vos luttes de pouvoir à vous deux !
Ses larmes se dispersaient en l'air au rythme de ses protestations avant de s'écraser au sol.
Cependant à force d'arguments et de promesses la Reine réussi à la calmer. Il était étonnant, même pour Ergaïl, de voir la Reine presque maternelle.
Le lendemain, les duels commençaient.

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Pensez que vous pouvez ou pensez que vous ne pouvez pas, dans les deux cas vous avez raison.


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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Sam 24 Aoû 2013 - 21:02

« Non, je refuse. »

Ses camarades restèrent quelques instants subjugués par la réponse catégorique et inhabituelle d’Amy suite au conseil qui s’était terminé avec un arrière-goût amer. La victoire n’était pas encore à leur porter et l’annonce de ces duels n’avait pas été adoptée à l’unanimité dans le camp Orzaalien.
Ils se trouvaient désormais dans une salle qui leur avait été attribuée pour faire office de vestiaire afin de mettre au point une stratégie, tout en veillant à ne pas se faire espionner par leur désormais adversaires. Patientant dans leur suite en attendant le retour d’Ergaïl et d’Ambre, se fût la princesse qui s’autoproclama stratège et coach du groupe en tachant d’expliquer et de revoir les éventuels points importants et notamment les ordres de passage de chacun.
_ Nous ignorons comment les Vampyrs réagiront. Réfléchit Thaddeus en jouant avec les poils de sa moustache, perplexe. La reine elle-même pourrait bien participer à ces affrontements et les arènes seront recréées pour chaque rencontre. Autrement dit, on ne sait pas qui nous allons devoir affronter, ni sur quels terrains ? Nous avons un désavantage énorme… .
_C’est pour cela que nous avons besoin de toi en première ligne Amy ! Continua Dimna. Tu es celle d’entre nous qui s’adapte le plus rapidement à un environnement et tu es aussi efficace au combat rapproché, qu’au corps-à-corps. Si tu passes en premier, cela nous permettra d’avoir un aperçu des types de terrains mis en place, mais également de juger la puissance de combat de nos adversaires.
_ Ce serait une aubaine pour toi ! Poursuivit Lucyll. Tu auras la possibilité de taper du Vampyr en premier. Ce n’est pas ce que tu voulais depuis le début ?
La tueuse fit une moue contrariée en signe pour unique réponse. La tuerie de la veille avec les Vampyrs renégats l’avait refroidi. Ses amis exaspérés, ne sachant quoi répondre, se contentèrent de soupirer sans se poser de questions, considérant la réaction de leur amie comme une saute d’humeur passagère ; chose qui lui arrivait de temps à autre.

Ergaïl et Ambre arrivèrent peu de temps après et conduit par le fameux Vilgio, qui les informa que leurs affrontements se dérouleraient dans l’arène de la citadelle : lieu d’entraînement pour les guerriers nordiques. Peu après, leurs préparations personnelles, l’ordre de passage de chacun bouclé et l’obligation pour Amy de se munir de ses armes de combat, ils quittèrent ensemble le château pour l’arène.
L’entrée d’un gigantesque stade en pierre, se dressait devant eux et les Orzaaliens ne purent s’abstenir de commenter sa démesure. Arrivé dans un couloir par une des entrées qui, d’après leur guide, était réservée aux participants, Amy remarqua qu’il n’y avait pas que dans le château que les Vampyrs voulaient montrer leur richesse et leur puissance même si à son avis, le décor du couloir réservé au publique devait avoir plus de prestance encore.
L’on pouvait entendre au loin un brouhaha venant de la porte du fond qui s’intensifiait au fur et à mesure que le groupe s’en approchait. Vilgio leur ouvrit l’imposante porte, qui donnait sur une plus grande pièce vide avec une autre issue qui laissait passer la lumière du jour.
_ Voici l’entrée de l’arène. Lança-t-il en désignant la lumière de la main. Je dois à présent vous laisser. Si vous voulez bien m’excuser. Ergaïl le remercia, puis il se tourna vers ses camarades, les dévisagea tour à tour sans prononcer le moindre mot. Il souriait.
_ Je pense qu’il est grand temps de montrer à ces Vampyrs ce que nous valons. Débuta-t-il un sourire satisfait sur ses lèvres. Il ne s’agit pas d’un combat comme les autres, c’est fois-ci, nous allons nous battre pour le futur de ce monde, pour leur prouver à tous qu’Orzaal est digne d’accueillir et d’éduquer ce qui deviendra notre futur à tous. Je compte sur vous mes amis. Il sera son point et le tendit vers ses camarades qui suivait le même regard que lui, à l’exception d’Amy qui ne pouvait s’empêcher de se remémorer le carnage qui avait lieu la veille.
_ Nous allons montrer à ces sales Vampyrs ce dont on est capable. Répliqua Lucyll qui tendit sa main pour rejoindre celle du Duc. Pour Orzaal ! Thaddeus fit de même fièrement, il bomba le torse et rajusta son chapeau d’une main experte.
_ Pour Orzaal ! Ambre joignit sa main sans dire un mot mais tous savaient par son visage déterminer qu’elle était des leurs et désormais seule la tueuse conservait une expression réticente. Tous la regardaient, et même la guerrière, qui d’habitude se contentait d’un air blasé ou froid, souriait. La jeune femme soupira et consentit à rejoindre le groupe à contre cœur.
_ Pour Orzaal. Mais je vous préviens. Déclara-t-elle. Je veux être rémunéré en rentrant !
Ils se mirent à rire à l’unisson, ce qu’ils ne leur étaient pas arrivés depuis qu’il était dans la citadelle. Puis le Duc s’en retourna dans un geste théâtral, en faisant virevolter sa cape.
_ On y a camarade ?

« Ouai ! »

Ils se retrouvèrent dehors et un grand soleil les accueillit en les éblouissant. Le stade était aussi impressionnant à l’intérieur : la foule dans les gradins se constituait de Vampyrs dans sa quasi-totalité et seule quelques sièges à proximité de la tribune royale ou se tenait les six dirigeants du conseil, étaient occupé par la cour de chacun des souverains.
L’arrivée des Orzaalien fut donc accompagné par des sifflements et des hurlements de protestation de la part du peuple nordique.
_ Ne vous inquiétez pas. Leur souffla Ergaïl. Cela ne va pas être simple, mais nous allons tenir bon.

_ Le combats proposé par leurs majestés est sur le point de commencer ! S’exclama une voix grave et amplifiée par le même procédé magique que Lucyll dans la salle du conseil. L’issue de ce tournoi est sans communes mesures, puisqu’il a pour but l’éducation de nos futurs guerriers ! Les règles sont simples : cette rencontre sera un enchaînement de six duels à la régulières où la nature du terrain changera pour chaque affrontement. Il n’y a pas de limite de temps ! Le combat se termine lorsqu’un des adversaires se retrouve dans l’incapacité de se battre ! Les armes, magiques ou non, sont autorisées ! Cela ne va pas être simple, mais nous allons tenir bon. Tout d’abord, nous avons les fiers et valeureux guerriers d’Orzaal, venue jusqu’ici pour pouvoir nous enlever nos droits d’éducation…
Il y eut des acclamations de mécontentements et seul les dirigeants assis dans leur tribune restèrent de marbre.
_ Ils ont pour adversaire, les grand, les fabuleux, les puissants Cinq chevaliers de la garde royal de sa majesté ! Nos plus valeureux combattants vont encore une fois, prouver qu’ils sont inégalables en puissance !

Les chevaliers s’avancèrent de l’autre côté du stade, sauf un réticent encapuchonné qui resta en retrait.

_ Que les deux équipes choisissent leurs premiers combattants ! Continua la voix avec entrain. Et qu’ils rejoignent le centre de l’arène de combat ! Les autres doivent attendre dans les gradins qui leur sont réservés !

L’un des guerriers Vampyr s’avança sous les acclamations d’un public enthousiasme… Contrairement à son adversaire qui n’avait aucune envie de se battre.
_ Amy c’est à ton tour vas-y ! Lui ordonna Dimna impatiente.
La jeune femme lui lança un long soupir en signe de protestation. Pourquoi n’arrivait-elle pas à se motiver ? Elle qui d’habitude était si enjouée à l’idée de se bastonner n’en avait, aujourd’hui plus l'envie.
Elle imita son adversaire à contre cœur et se retrouva au centre du stade, tandis que ses camarades montèrent dans les tribunes.

     Le soldat qu’elle devait affronter était le genre de brute épaisse que l’on ne pouvait pas regarder de travers en le croisant dans la rue : un colosse toisant facilement les deux mètres et doté d’une armure de fer qui devait peser au moins son propre poids. Amy, constata qu’il portait dans son dos un imposant labrys en fer forgé. Le guerrier dévisagea son adversaire avec un rictus désagréable.

_ Alors c’est ça que je vais devoir affronter ? Une punaise ? Je voulais m’amuser un peu, mais je suis déçu, cet affrontement va se terminer trop vite.

La voix roque du commentateur retenti de plus bel en s’exclamant :
_ Nous allons maintenant, procédé à la mise en place du terrain !

Une éclatante lumière blanche éblouie entièrement l’arène, et quand la jeune femme rouvrit les paupières le terrain avait changé du tout au tout. Des flammes, d’une chaleur inouïes, surgissaient du sol sans prévenir et la roche qui les entourait était aussi brûlante que les veines creuses de magma en ébullition, qui se croisait sur le terrain.

_ Et voici le terrain sélectionné pour ce premier affrontement ! Les profondeurs infernales d’un volcan en activité viennent de surgir au centre du stade et sera le premier lieu d’affrontement ! La pierre qui tapisse le sol est aussi chaude que la braise ! De quoi donnée un avant-goût explosif à cette compétition !

Le publique applaudit de plus belle. La qualité et le réalisme de ce terrain pouvaient faire presque oublier qu’il s’agissait d’une pure réalisation magique.
Une sorte de cloche retentit au cœur du stade et la voix s’écria :

« Que le premier combat commence !! »

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Vous n’êtes qu’une fillette en prière. C’est pathétique ! Vous mentez et tuez, au service de menteurs et de tueurs. Vous prétendez être différente, obéir à votre propre code, dans le but de racheter ces horreurs…mais elles font parties de vous. Elles ne disparaîtront jamais...


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Dernière édition par Amy Wicardomma le Mer 7 Oct 2015 - 14:37, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Dim 25 Aoû 2013 - 14:49

Ils ne bougèrent pas et restèrent à se dévisager pendant quelques secondes.
Amy analysa la situation : la haute température, non-habituelle pour les Vampyrs, allait sans doute grandement désavantagé son adversaire habitué aux régions glacées. De la sueur perlait en fines gouttes sur le visage du guerrier, toujours hanté par un sourire carnassier propre à son espèce.
Contrairement à lui, la jeune femme n’était pas touchée par la chaleur ambiante, au contraire, elle se sentit soulagée.
« Comme à la maison. » Se disait-elle avec une parcelle d’ironie et de mélancolie.

Le colosse engagea les hostilités et surprit la tueuse par son époustouflante rapidité, et ce, malgré sa carrure imposante qui faisait penser le contraire. Dans un réflexe instinctif, sentant le danger, Amy rapprocha ses mains de son visage pour bloquer l’attaque. Un coup de pied d’une force prodigieuse vint la percuter de pleins fouets, la projetant avec force dans le rocher le plus proche. La tueuse sentit son dos rentrer en contact avec la roche brûlante. Heureusement qu’elle portait une armure. Serte assez sommaire et légère, mais assez résistante pour la protéger des impacts.
Mais malgré sa protection, cela ne changeait pas le choc puissant qu’elle venait d’encaisser. La jeune combattante se détacha de la roche et tomba lourdement sur le sol, à demi-consciente. Elle ne s’attendait pas du tout à ça. Voilà un combat qui s’annonçait prometteur. Encore fallait-il qu’elle se relève.

_ C’est déjà fini ? Riait Gunry les très sévères. Comme c’est dommage !

Les applaudissements fusèrent chez le public qui ne s’attendait pas à une autre fin pour ce match, alors que du côté des tribunes Orzaaliennes, l’ambiance était toute autre.
Le colosse leva les bras fièrement vers le ciel et le public s’enthousiasmait de plus belle.

Dans une parcelle de son esprit, Amy entendait les acclamations étouffées, qui perçaient à travers les ténèbres qui l’enveloppaient peu à peu.
« _ Pourquoi tu ne me laisse pas lui faire sa fête ? S’exclama une voix dans l’obscurité. Il le mérite…lui, les siens et sa reine le mérite. Ils méritent une mort atroce pour nous avoir traités de cette manière. Qu’attends-tu pour leur montrer ce que NOUS valons ?
_ Je ne veux plus…je n’en peux plus… il y a…il y avait du sang partout… »
_ Et alors ? Ils l’ont cherché, non ? Ce type mérite la mort…comme les autres. Désormais, tu ne peux de plus m’empêcher de prendre ta place.
_ Ergaïl, Lucyll, Thaddeus…ils comptent tous sur moi…je ne pourrais pas supporter d’être encore une fois une source de problèmes pour eux !

Il y eu un profond silence comme si la voix réfléchissait à ses propos. Vivre à Orzaal, rencontrer des personnes et en faire des amis…Amy n’y avait jamais réellement prêté attention et être une gêne pour ses camarades n’avait jamais effleuré son esprit, jusqu’à ce qu’elle fit face à la reine Soë au banquet. Elle n’aurait jamais pu imaginer, une seule seconde, que sa présence causerait autant de problème à quelqu’un.

_ …Je vais réfléchir à la question… Lui répondit-elle finalement avec une certaine colère dissimulée. Mais tu me seras redevable… »

« Serait-ce déjà la fin pour les Orzaaliens ? S’exclama le commentateur. Encore une fois, notre valeureux guerrier des neiges n’en a fait qu’une bouchée ! »



De fines coulées de lave s’étendaient dans un rythme frénétique, pour venir s’étendre sur la surface de combat. L’une d’elles se dirigea vers le corps encore inerte de la tueuse, qui manqua sa main de peu. Une bulle d’air chaud remonta à la surface et éclata et une goutte du liquide bouillant vint alors se déposer sur la joue d’Amy, lui faisant doucement rouvrir ses paupières.
_ Aïe. Murmura-t-elle. Elle se releva, malgré ses membres engourdis, titubant presque, mais sans pour autant ressentir une quelconque douleur physique.
Elle passa la paume de sa main sur sa joue légèrement brûlée, tout en appelant son adversaire qui, désormais, lui tournait le dos.
_ Ecoutes moi bien le Vampyr! S’écria la tueuse. Je vais t’expliquer un truc !

Le géant se retourna, tout d’abord surpris de la voir sur ses pieds, puis tenta de garder un air grave.

« Elle s’est relevée !! Hurla la voix avec enthousiasme. L’Orzaalienne a réussi à encaisser l’attaque de notre Chevalier et s’est relevée !! »

Des soupirs de soulagement résonnèrent dans la tribune Orzaalienne, mais chacun se doutait que le match était loin d'être terminé.

_ Il y a trois choses à savoir sur moi en ce moment et qui te fera perdre ce combat ! Rugit Amy. La première, c’est que je ne peux pas voir, ni toi, ni ta reine en peinture…

Du haut de l’estrade surplombant le stade, où se tenaient les dirigeants du Conseils, Selendia esquissa un sourire discret. L’idée qu’un humain ose parler de la reine Vampyrs de la sorte et en la présence de son peuple, était une pure folie. Ergaïl s’entourait décidément de personne hors du commun.

_ La deuxième, continua la tueuse en ignorant le regard noir de son adversaire, c’est que toi et tes petits copains vous m’avez mis de très mauvaise humeur ! Et enfin, la troisième raison et la plus importante de toute qui ne te laissera aucune chance…

Amy sortit sa lame argentée : le symbole de sa personne, mais aussi de sa force, de son insoumission et de sa volonté. Ses yeux changèrent de couleur, une couleur d’un rouge flamboyant semblable au brasier qui enflammait l’arène, des yeux rubis qui lui brûlaient l’intérieur du crâne :

Un regard démoniaque.

Un démon.

Un sourire noir déforma ses lèvres, sa main se crispa sur le manche de sa lame, puis elle prononça la fin de sa phrase dans une colère noire, autant profonde que canalisée :

…C’est que mes amis comptent sur moi pour te botter le cul.

Le Vampyr se remit en garde en soutenant le regard d’Amy, désormais plus déterminé que jamais.

_ Il aurait mieux fallu pour toi que tu restes à terre, la punaise ! Hurla-t-il à son tour.

Il se propulsa en avant, brandissant son poing pour porter le premier coup. La tueuse le laissa approcher sans fait un geste, ne quittant pas sa cible de vue.

Amy esquissa un nouveau sourire : elle était désormais capable de le suivre du regard.

Elle vit son poing fendre l’air et son adversaire qui le dressait devant elle. La tueuse se baissa, esquivant le coup, puis saisit le bras du Vampyr, le bloquant ainsi dans son élan. Celui-ci ne se laissa pas faire et leva son genou, visant ses côtes.
Amy dû lâcher prise et l’évita de peu, en s’éloignant de quelques mètres. Elle se remit ainsi en garde, son poing fermé près de la tête et sa dague de sa poitrine, avant de foncer à pleine vitesse en brandissant sa lame, devenue le prolongement de son bras comme un escrimeur l’est avec son épée. Elle visa la tête, seule partie découverte du colosse en armure qui lui servait d’adversaire.  
Il n’esquiva pas, bloquant l’attaque avec une étonnante facilité. Il lui saisit le bras et la balança à nouveau à travers la zone de combat. Amy alla s’écraser, encore une fois, contre la roche dure mais cette fois-ci sans s’évanouir, au contraire, elle fixait Gunry avec une haine sans nom.
Le battre ne sera pas simple, ce type était fort, très fort et les attaques directs n’auront aucun effet sans effet de suprise, d’autant plus qu’il n’a toujours pas dégainé son arme. Elle se frotta la joue partiellement brulée, puis jeta un coup d’œil autour d’elle.  
Amy souriait.

Le Vampyr se rua sur elle de nouveau, elle l’évita en sautant avec agilité du rocher qui lui servit de tremplin, avant de disparaitre dans la fumée opaque et noire qui recouvrait le champ de bataille depuis son apparition.
Son adversaire observa les alentours, les sens aux aguets, attendant avec impatience sa prochaine attaque. Un objet brillant sortit soudain de la noirceur du ciel et se dirigea à toute vitesse vers le guerrier, qui l’évita et la lame vint se planter sur le sol, derrière lui, au abord d’une rivière de lave.

_ C’est tout ce que tu as dans le ventre ? Lança le Vampyr en direction des nuages de cendre. Tu ne vas quand même pas me faire croire que tu vas réussir à me battre, la punaise !
_ J’y compte bien. Murmura Amy apparaissant subitement dans son dos.
La tueuse n’attendit pas que son adversaire réplique, elle lui saisit le haut de sa cuirasse en fer forgé et l’attira en arrière en y mettant toute sa force. Le titan sentit que ses pieds quittaient le sol, avant de se retrouvé balancer en arrière, tout droit vers la lave, où il y tomba aussi durement que cela lui était possible.
La chaleur de la pierre en fusion, s’écoula sous son armure, lui brulant ainsi gravement le dos. Amy récupéra son arme à toute vitesse avant d’en plonger la lame dans la lave. Elle se rua alors vers son adversaire, sa dague brillant d’un rouge incandescent prête à faire son œuvre.
Le Vampyr se releva, le visage défiguré par la colère.
_ Sale petite peste !
Il dégaina enfin son arme : Un labrys d’une taille inégalable qui avait pris, elle aussi, une teinte rougeâtre en pénétrant dans la rivière de feu.  
Amy ne ralentit pas mais son adversaire brandit son arme au ciel dans sa direction. Elle bloqua l’attaque avec sa lame, la force employée par le colosse l’obligeant à mettre un genou à terre.
_ Je vais te trancher en deux ! Tonna-t-il en appuyant de toutes ses forces sur le manche de sa hache.
Amy grimaça, son genou posé au sol commençait à la faire souffrir. Elle sortit alors une autre dague de sa main libre rangée à sa ceinture avant de l’envoyer vers le visage de son assaillant. Celui-ci esquiva d’un mouvement de tête, tout en fixant la tueuse qui continuait de sourire. Elle se dégagea rapidement sentant le labrys prendre de la vitesse avant de se planter lourdement dans le sol. Amy se saisit du manche en bois et pivota sur elle-même, sa jambe au niveau du torse du titan, son pied visant son crâne.
Elle atteint sa cible avec force, propulsant son adversaire sur quelques mètres malgré sa carrure, lui offrant une ouverture.
_ JE N’EN AIE PAS FINIT ! Hurla-t-elle avant de se diriger vers lui, à la vitesse du son. Elle sauta et brandit sa lame, qu’elle s’apprêta à abaisser sur sa victime.
«  Ne le tues pas.. »
_ JE SAAAAAAIS !!!
En une fraction de seconde, elle retourna sa dague et n’en laissa transparaitre que le pommeau pour ensuite frapper de toute ces forces sur le front du colosse qui, malgré sa remise en garde, n’ait pût voir le coup arriver.
Le choc fût d’une violence inouïe telle, que de la cendre volcanique se propagea comme une cloche autour d’eux.
La visibilité était désormais quasi nulle à cause de la fumée opaque qui retombait peu à peu sur le terrain.  

Il fallut ensuite quelques minutes de patience à l’assemblée dans les tribunes, pour que le centre du stade soit de nouveau visible.  
Amy était épuisée et vacillait sur sa jambe gauche mal en point. Les doigts crispés sur sa dague ne semblaient plus vouloir la lâcher et sa joue brulée la démangeait. Elle entendait des gémissements graves dans la pénombre, signe que son adversaire n’était pas mort.
La tueuse soupira, soulagée : miser sur un seul coup n’était pas la meilleur des solutions, qu’elle est eu jusqu’à présent.
Le soldat de la garde ne pouvait pas en dire autant. Allongé sur le sol, les traits crispés par la douleur et la frustration de ne pas pouvoir se relever, avait le visage ruisselant de sang. Fière guerrier qu’il était, il tenta tout de même de se redresser tout en crachant un juron.
_ Pourquoi…tu ne me tues pas…la punaise ?
Amy était essoufflée et avait du mal à parler pour lui répondre convenablement.
_ Parce…que moi je….je ne suis…pas comme toi… . Moi je…je viens d’Orzaal...et l'honneur....l'honneur j'en ai rien à carrer !
Le Vampyr esquissa un sourire nerveux.
_ Un soldat de la garde royal…incapable…de gagner un combat contre une vulgaire punaise…est un déshonneur…Ceux qui ont des familles….n’ont pas le droit de perdre…Vivre…dans le déshonneur…est pire que la mort….
MAIS VOUS NE POUVEZ PAS COMPRENDRE TOUT HUMAIN QUE VOUS ETES !!!
Amy se redressa et sentit la rage qui lui serra la gorge.
_ T'as raison...je peux pas comprendre...un type...qui préfère mourir pour une question de fierté...mais je vais te dire une bonne chose le Vampyr...
Il y eu une nouveau silence, où la tueuse tenta de reprendre son souffle.
_ De toute façon ma mission était juste de te botter les fesses alors considère que tu me dois une revanche...alors...tâche de rester en vie d'ici là.
Le public resta de marbre, tout comme dans la tribune des Orzaaliens. Seule Lucyll et Ergaïl se regardaient en souriant.

Le combat était terminé.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Sam 31 Aoû 2013 - 9:38

Nous dévalons les escaliers pour rejoindre Amy. La tueuse d’Orzaal semble totalement lessivée et à bout de souffle. Elle rejoint la salle qui nous sert de vestiaire en boitant. La brûlure qu’elle a à la joue ne parait pas la faire souffrir plus que cela. Ses yeux semblent clignoter, passant du bleu au rouge par intermittence. La main crispée sur la dague argentée, elle se laisse tomber sur le banc le plus proche dans un soupir exténué. Dimna jette un coup d’œil au poignard, grimace à la vue du métal, puis entame :

« Une victoire pour débuter, on ne pouvait pas rêver mieux. Les Vampyrs se remettent en question. Nous avons profité d’un effet de surprise absolument sensationnel ! Maintenant, il faut s’attendre à ce qu’ils soient sur leurs gardes… Ce qui signifie que nous devons de nouveau jouer sur l’imprévisible ! »

Chacun garde le silence, tentant d’assimiler ses paroles. Une pierre glacée me tombe au fond de l’estomac.

« Et quoi de plus imprévisible que…
- … la magie.
» je complète

Evidemment. C’est à moi de m’y coller maintenant. La vue du géant de marbre qu’Amy a du affronter n’est pas pour me rassurer… Je n’ai pas la résistance physique sans pareille de ma camarade ; si l’ennemi me projette avec violence contre un rocher, je n’ai aucune chance de me relever. Je n’ai pas le droit à l’erreur. Et l’enjeu est beaucoup trop grand pour que je me permette de faillir.

Thaddeus ausculte Amy avec dextérité. Il lui applique une pommade, sortie des méandres des poches et replis secrets de sa veste, sur la joue, passant outre ses ronchonnements de protestation et observe son genou quelques secondes avant de nous assurer que tout va bien. Rassuré, Ergaïl lui tapote le bras.

« Je savais qu’on pouvait compter sur toi. »

Cette remarque semble rasséréner  la tueuse qui se redresse avec entrain.

« Je n’allais quand même pas laisser ce grand dadet me faire la leçon ! » minaude-t-elle avec un sourire ironique.

Nous rions de bon cœur, heureux de retrouver le dynamisme coutumier de notre amie. Puis la dure tâche qui m’attend me frappe de plein fouet et la sensation de froideur moite me reprend. Les autres s’en aperçoivent. Mon regard fixe et mes doigts devenus brusquement glissants que j’essuie distraitement en tordant le tissu de mes manches sont plus parlant que les mots pour décrire mon angoisse.

« Hey… ça va bien se passer, m’assure Ergaïl en s’approchant de moi et en posant sa grande main chaude sur mon épaule, Contente-toi de lui montrer de quoi les Orzaaliens sont capables avec d’autres armes que celles d’Amy. »

Je relève la tête, fixe ses yeux mordorés avec détermination quelques secondes, puis je file me préparer. J’enfile avec soin mon armure, fixant les pièces de métal autour de la taille, sur le devant des jambes et sur les bras. Elle est suffisamment légère pour me permettre de me protéger sans me ralentir. Subtile au côté, je reste quelques instants immobile, les yeux clos, la tête dans les mains, respirant lentement. De petites étincelles argentées éclaboussent mes doigts, reflétant ma nervosité. Puis, m’armant de courage, je me raidis, me lève et rejoins mes camarades. Leurs encouragements résonnent un moment dans la lisière de ma conscience puis ils montent dans les tribunes. Comme Amy avant moi, j’entre dans l’arène encore vierge tandis qu’une haute silhouette fait de même de l’autre côté de l’immense espace.

« Nous allons procéder à la mise en place du terrain. »

La scène se répète. Elle est d’autant plus poignante que je ne suis plus la spectatrice du combat qui va se jouer. Devant moi se matérialise un paysage gelé constitué de cristaux aux surfaces réfléchissantes. Ils s’élèvent comme autant de miroirs glacés sortant du sol. Formes coupantes, pointues, hostiles, jaillissant d’une platitude immaculée.

C’est ici que tout va se jouer.

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Dernière édition par Lucyll Freespirit le Lun 2 Sep 2013 - 11:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Lun 2 Sep 2013 - 11:59

Je m’avance au centre du cercle formé par la foule compact des spectateurs massés dans les tribunes de l’arène. Sous mes yeux s’étend la blancheur effilée d’une multitude de cristaux réfléchissants. Mon image se reflète à l’infini sur ces surfaces lisses, comme par un fabuleux kaléidoscope. L’atmosphère est glaciale. Mon souffle produit de minuscules volutes tourbillonnantes.  Mais tout cela me semble tellement accessoire…

Les mains moites, le cœur effréné, les tempes battantes, je déglutis avec difficulté et inspire profondément pour me calmer et plonger dans cet état de concentration froide propice au combat. Mon adversaire, grand, svelte, le poitrail enfermé dans une coque de cuir sombre durci, les bras nus à l’exception des brassards qui l’enserrent du poignet jusqu’au coude, conçus dans la même matière que le plastron, entre à son tour, sous les acclamations de la foule, d’une démarche calculée et nerveuse de chasseur aux aguets, roulant des épaules, faisant craquer les articulations de sa nuque d’un dodelinement de la tête. Ses cheveux noirs et lisses ondulent dans son dos à chacun de ses mouvements. Ses yeux durs gris acier sont rivés sur moi. Le message est clair. Il va me massacrer.

Ce type est rompu à tout type de combat, plongé depuis sa naissance dans une société où règne la loi du plus fort. Il est plus grand et plus musclé que moi. Son corps à lui seul est une arme. C’est un prédateur. Je suis sa proie. A armes égales, je n’ai aucune chance.

Mais nous ne sommes pas à armes égales.
Et il ne le sait pas encore.

Face à face, nous nous toisons dans le brouhaha de la foule qui me parait provenir de très loin, assourdi, comme miroitant sur les cristaux sans être réellement là. Puis soudain le silence. Enfin, la voix de stentor du présentateur lance : « Combattez ! ».

Aussitôt, le vampyr bondit. Ce simple saut dépasse l’entendement. En une fraction de seconde, il s’est ramassé comme un chat avant de laisser exploser toute sa puissance, s’élevant dans une arabesque féline. Fascinante. Terrifiante. Mortelle. A son point culminant, il tire son arme d’un fourreau : une gigantesque claymore à deux mains qu’il abat sur moi d’un geste fluide et implacable.

Ne pas rester statique. La clef d’un combat.

J’esquive la frappe d’une roulade vers l’avant, dégainant Subtile. L’armure légère et souple de titane enrichie en tungstène épouse tous mes mouvements à la perfection, n’entravant aucune de mes torsions. Je me retourne… et intercepte juste à temps la lame monstrueuse qui fond sur moi. Mon adversaire est d’une rapidité inouïe et la force de sa frappe est extrême. Mes bras amortissent à grand peine la violence du coup. Nos épées crissent l’une sur l’autre. Repoussant la sienne pour me dégager, je m’apprête à contre-attaquer mais je n’en ai pas le temps : l’arme du vampyr décrit déjà une courbe étincelante.

Les figures s’enchainent les unes après les autres sans me donner une seconde de répit. Chacune est parfaitement ajustée, vive et puissante. Je ne peux que parer, mais à plusieurs reprises, la lame du duelliste ripe sur les plaques de mon armure. Tout va beaucoup trop vite.

Soudain, un coup de botte ferrée porté au ventre m’envoie rouler sur le sol dans une gerbe de cristaux argentés qui retombent en une pluie acérée autour de moi, m’écartant du vampyr de quelques mètres. C’était calculé. Toujours à terre, je tends la main et crie « Aratò áva levà ! » (littéralement « Champion ne bouge plus »). Une onde argentée jaillit de ma paume pour frapper mon adversaire qui se rue sur moi.

Le sortilège se dissout en touchant sa cuirasse.
Il ralentit à peine.
Je ne comprends qu’à la dernière seconde.

Les reflets métalliques du plastron… Il a été enrichi en tantale, le métal inhibant la magie.

Evidemment, les indices que j’ai laissés dévoilant ma maîtrise des arcanes étaient assez nombreux pour que les Vampyrs, peu habiles dans cet art, prévoient la parade adéquate.

Ce type est intouchable.

Je reviens à la réalité (admettez qu’un vampyr déchaîné se précipitant sur vous en brandissant une arme plus grande que vous-même a de quoi retenir l’attention), dévie sa lame de justesse en reprenant mes esprits. Les échanges reprennent, plus intenses et acharnés que jamais. J’ai réellement peur à présent. Peur d’un ennemi contre lequel une de mes meilleures armes est impuissante. Je ne peux pas le ralentir, le blesser, le brûler, le frapper ou le soulever magiquement. Rien qui n’entre directement en contact avec la cuirasse.

L’appréhension au début du combat n’est qu’un pâle euphémisme devant ce qui me ronge à présent… Je ne dois pas perdre ce duel et pourtant chaque attaque que je repousse sans pouvoir répliquer m’assène l’inexorable certitude de la défaite. Je ne peux porter aucun coup du fait de son inhumaine rapidité, et la magie qui complète d’habitude chacune de mes bottes m’est refusée.

Parade. Esquive. Glissade. Roulade.

Ce type enchaîne ses mouvements sans faiblir tandis que mes membres entrent d’eux-mêmes en action, basés sur des réflexes forgés par le temps, afin d’esquiver, de bloquer, de m’écarter, de tournoyer, déployant toute la palette technique défensive dont je suis capable. Géode me l’a dit et répété : « Contre un adversaire plus fort que toi, il n’y a que trois choses qui puissent te permettre de remporter la victoire : l’esquive, l’endurance et l’imprévisibilité. » J’ai perdu ma carte surprise, définitivement écartée par le plastron de tantale. Je ne peux plus compter que sur les deux autres pour me permettre de réfléchir à une solution de remplacement et gagner du temps. Il me faut une idée.

La fatigue me gagne peu à peu. Je puise un peu d’énergie dans mes artefacts tout en sachant ce geste inutile : je gâche mes réserves pour un combat perdu d’avance. La lame adverse cogne de plus en plus régulièrement épaulières et jambières. Mes mouvements sont de moins en moins précis. La foule s’agite sans que j’en aie tout à fait conscience, mon esprit totalement occulté par les gestes de protection instinctifs que j’exécute. Je pourrais ébranler les défenses psychiques du vampyr, mais pour cela, je devrais déconnecter mes pensées de mon corps, or je ne peux me permettre aucune seconde d’immobilité ; ce serait un abandon aussi bref que fatal, et je n’ai aucun moyen de m’écarter du champ d’action du combattant à une distance suffisante pour m’accorder le temps nécessaire à cette entreprise. Je chasse donc cette idée et me focalise sur les coups qui pleuvent de tous côtés.

Je sens la morsure de l’acier sur ma joue. Je ne l’ai pas arrêté à temps. Mes bras sont de plus en plus lourds. La coupure me déstabilise. Je reçois trois autres blessures, de moins en moins superficielles : sur le poignet, à l’arrière du genou droit, puis sur la cuisse. Quatre brûlures d’où s’écoulent du sang frais. Je perds pied.

La peur s’agite et m’enserre un peu plus, frôlant la panique. Je ne peux rien faire contre un combattant pareil !

Une nouvelle entaille vient s’ajouter aux autres. Au front cette fois. Le liquide chaude qu’elle libère goutte de mon arcade sourcilière, perturbant ma vue. Appréhendant mal un mouvement, je glisse en voulant bloquer un autre coup, m’obligeant à poser un genou à terre pour me stabiliser. Tel un couperet, la claymore se précipite vers la tête. Je lève mon épée pour briser la parabole, attrapant, au mépris de ma paume, la lame nue de ma main libre. Le choc fait trembler mes bras, les pliant à demi. Du sang coule entre mes doigts. Le vampyr sent sa victoire se profiler. Intensifiant la pression, il m’oblige millimètre par millimètre à renoncer. La douleur de mes phalanges cisaillées par ma propre épée est un véritable supplice. Au prix d’interminables secondes, son visage penché au dessus du mien, je sens le frôlement de son arme sur ma gorge. Encore quelques instants pour combler ce misérable espace et je serai vaincue.

Malheureusement pour lui, il vient de m’offrir, par sa volonté de me mettre à genoux, ce dont j’avais besoin pour un dernier réflexe désespéré : du temps. J’esquisse un léger sourire, celui qui signifie que vous n’avez pas totalement baissé les bras. Puis dans un souffle, je libère toute l’énergie qu’il me reste, entièrement concentrée dans un seul et unique mot. La première incantation que Géode m’ait enseignée. Elémentaire. Inoffensive. Et salvatrice.

« Calina. » Lumière.

Un éclair aveuglant, d’une blancheur éclatante, douloureuse, voilà ce qui jaillit de moi quand je prononce ces quelques syllabes, prenant complètement par surprise mon adversaire dont la cuirasse ne peut arrêter un sortilège qui ne la frappe pas de front. La vive clarté ricoche sur les cristaux réfléchissants dans un jeu de miroirs inéluctable, l’arène n’est plus qu’une aura éblouissante à l’intérieur de laquelle nul ne peut plus rien discerner. Sans attendre, les yeux clos, je relâche brutalement la pression sur mon épée et plonge en avant en tentant d’esquiver la lame adverse qui tournoie à l’aveuglette. Je sens ma propre pointe traverser la chair. La claymore ouvre une plaie profonde au dessus de ma hanche, mais dès que la lumière mystique que j’ai créée s’atténue, je sais que j’ai gagné ; j’ai transpercé la jambe du vampyr qui ne peut plus se mouvoir aussi vite que moi.

Lâchant mon épée, je recule prestement hors de sa portée, la main crispée sur ma blessure, trébuchant dans les éclats cristallins. Une fois certaine d’avoir mis suffisamment d’espace entre nous, je tombe à genoux et ferme les yeux, tâchant de faire abstraction de ce qui m’entoure et de la douleur qui assaille mon côté. Je vide mes poumons dans un souffle. Je dois faire vite avant qu’il ne se relève.

Quand mon esprit rencontre le sien, je ressens sa surprise et son incompréhension devant le contact psychique. Le voilà son point faible ! Cette expérience nouvelle est sans doute une première pour lui. Je ne lui laisse pas le temps d’en découvrir d’avantage : j’enfonce purement et simplement la fragile barrière de ses pensées, atteins la zone de contrôle. Un sentiment de panique déferle quand il perd prise.

Je rouvre les yeux. Me lève lentement. M’avance vers mon adversaire immobile. Un à un, je déplie ses doigts et la claymore tombe au sol. Je saisis un poignard pendu à sa ceinture et pose simplement la lame sur sa gorge. Incapable du moindre geste, le vampyr est à ma merci. Le duel est terminé.

« J’ai vaincu. »

Je fixe les yeux insondables de la Reine avec fermeté, la défiant silencieusement d’ajouter quoi que ce soit. Impériale, je relâche mon emprise et le duelliste retrouve le contrôle de son corps. J’ai le temps de croiser le regard de mes compagnons, m’arrête sur celui d’Ergaïl, souris devant la joie qui s’y reflète. Je leur adresse à tous un clin d’œil ravi, puis, dans un gémissement muet, je me laisse glisser au sol, près du vampyr désarmé. Il incline imperceptiblement la tête, reconnaissant sa défaite et ma valeur. Je réponds de même, saluant sa force et son habileté en combat. Incapables de nous lever ni l’un ni l’autre nous restons à terre. Le soulagement m’étreint en même temps que la douleur. Puis le sentiment de fierté vient couronner ce duel à l’issue inattendue. Le goût de la victoire.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Mar 5 Nov 2013 - 21:15

Le Duc, Thaddeus et chacun des orzaaliens lâcha un soupir de soulagement en voyant leur camarade revenir. Chacun était tout sourire devant la victoire arrachée de justesse par Lucyll. Et chacun l'en félicita. Le fait que chaque personnes dans les tribunes d'Orzaal avait été deux doigts de bondir le fer au clair pour sauvé la guerrière, disparut sélectivement des mémoires de tous. Chacun la félicita joyeusement et on lui banda soigneusement ses blessures. Aucune n'était préoccupante et elle refusa de quitter les gradin. Rompant légèrement l'allégresse générale, la princesse se fit songeuse :
-Ça fait deux échecs pour les vampyrs souligna Dimna, il vont envoyer leur élément le plus fort pour rappeler à chacun qui dirige ici. Restez sur vos gardes.
Ne laissant aucun répit aux deux camps, déjà les mages se mettaient aux travail pour matérialiser le paysage suivant. Comme si ils voulaient vérifier le vieil adage qui dit qu'il faut battre le fer lorsqu'il est chaud.

L'arène apparut dans un bruit feutré. Qui laissa tout de suite la place au paisible glougloutement de l'eau. Le lieu du combat était le lit d'une rivière jonchée de pierres de toutes tailles. Une chute d'eau apparaissait de nul part pour tomber avec fracas sur la roche. En somme cet endroit ressemblait aux chutes d'Orzaal. De la mousse recouvrait de son doux manteau la surface émergée des blocs. C'était un cadre paisible et idyllique, un paysage qui n'était pas fait pour se battre.
Le cœur d'Ergaïl loupa un battement.

Elle était là. Sans que personne n'est put la voir se déplacer dans l'arène. Juchée sur le plus grand des rochers. C'était l'une des rares mages Vampyrs, désignée à combattre contre sa volonté. Simplement pour montrer la valeur des rares magiciens de la citadelle.
Ses cheveux carmin, semblaient embrasés par le souffle de la chute qui les agitaient. Ondulants, comme crachant des flammèches. Ses vêtements entièrement blanc paraissant danser avec sa crinière indisciplinée.
Elle était une paria, pourtant aucun Vampyr ne pipa mot. Mieux, les tribunes était silencieuses. Car on ne pouvait qu'observer l'aura de ce spectre blanc. Car Elmensië combattait aujourd'hui.
Ancienne chef des armée de la citadelle, Princesse des Vampyrs, sœur de la Reine Soë, mère de Ambre et désormais paria. Reconnaissable entre mille par sa couleur de cheveux unique.

Le duc se leva, lentement.

-Ce combat est le mien, dit-il d'une voix blanche.
Puis il se tourna vers Amy :

-Je ne pense pas que ça arrivera, mais si ce commentateur parle, assomme le s'il te plait. Je ne veux pas qu'il nous indispose.
Prestement, il se prépara : Laissa tomber sa cape, toutes les protections et armes qu'il avait prévu.

Vêtu tout de blanc, il s'élança. Une chemise en toile de lin, un pantalon et un tissu sur les hanches de même facture pour toute armure. Chacun savait que les toiles du Duc étaient pleines de surprises. Pourtant, pour cette fois ses frondaisons était vides.  Il courut avec précision sur la rivière, pour atteindre un grand rocher qui tutoyait celui de son Maître. Chacun d'eux était désormais assit en tailleur sur son bloc. Ergaïl calqua sa respiration sur le souffle d'Elmensië. Paisiblement ils restèrent ainsi quelques minutes, les yeux fermés. Puis il se levèrent en parfaite harmonie, les yeux toujours clos. Les mouvements du Maître et de l’Élève se fondirent ensemble. Au fur et à mesure qu'il sollicitait ses muscles, il se revoyait enfant nommer toutes les postures à Elmensië.
Il plia sa jambe, reposa son pied contre la hanche.

« Tadasana »
Puis il plia la jambe gauche sur laquelle il tenait, comme pour se faire plus petit.
« Padangustasana »
Son pied descendit, sa hanche gauche se posa au sol.
« Ardha-Matsyendasana »
Il passa une jambe par dessus l'autre, la déplia tandis que son autre pied restait sous lui, puis il s'étendit sur sa jambe détendue
« Janushirasana »
Puis il détendit l'autre jambe, se redressa et comme si il faisait un pas de géant en avant . Un pas immobile. Ergaïl leva ses deux bras vers le ciel, sachant que son maître en ferrait de même. Voilà plusieurs minutes qu'ils n'avait pas ouvert les yeux. Mais il savait pertinemment que même après toutes ses années, ils étaient encore en phase.
« Aruichinasana »
Le rythme était lent pourtant le silence restait sépulcrale dans les gradins.
Il changea de pied pivot, se reposa sur l'épaule tordit son bras derrière le dos
« Gurikanasana »
Resserra ses pieds, posa les mains au sol pour former comme une équerre
« Suigasinasana »

Puis ils se remirent debout, ouvrirent les yeux, toujours chacun sur leur rocher. Chacun s'inclina pour saluer l'autre. Une page de la citadelle se tourna, et on pouvait presque l'entendre dans les bruissements des corps de chacun des vampyrs dans l'assemblée. La reine eut un frisson dans le dos, on dit que cela se produit lorsqu'un fantôme vous traverse. Il y avait là, probablement un peu de ça.

Le mouvement suivant fut aux antipodes de la lenteur précédente. La Vampyr attaqua directement, bondissant d'un rocher à l'autre dans une pirouette éblouissante. Se jouant de la distance qui séparait les deux, comme si la pesanteur n'était qu'un détail.
Sa cheville siffla dans l'air, à la verticale, avec la vitesse et la précision d'un sabre. L'action c'était dérouler en une fraction de seconde.
Qui permit à Ergaïl de poser un genou à terre et de parer la puissance du coup avec le plat de l'avant bras, coté coude. Durant quelques centièmes de seconde elle fut en équilibre simplement sur Ergaïl.
Elle atterrit souplement au sol pour tenter de faucher les jambe de son apprenti.
Qui se contenta d'esquiver en sautant sur place, pour répliquer avec un crochet droit. Elmensië attrapa son poignet et fit une simple traction vers elle pour le faire basculer dans son dos, et ainsi profité de l’opportunité de le gratifier d'un coup fouetté.
Qui par sa force, envoya valser le duc à quelques pas de là.
Il atterrit avec souplesse sur une petite pierre. Presque anodine.
Le Duel se déroulait dans un silence qui n'était rompu que par le bruit des coups et la Vampyr le dominait dans tous les sens du terme.
Sans attendre, il frappa du pied : elle attrapa la cheville et la tordit violemment. Le faisant ainsi immanquablement basculer. Il fit une roulade pour se rattraper in-extrémis, à peine était t-il sur pied que son maître ripostait d'un puissant uppercut dans le torse. Le faisant tomber en arrière, cette fois-ci Ergaïl ne put rien faire pour se rattraper et tomba dans l'eau, une pierre impitoyablement placé entre les côtes.
Ce qui le fit grogner de douleur.

Dimna et Amy échangèrent un regard inquiet et chargé d’incompréhension. Finalement la tueuse se tourna vers Lucyll qui regardait le Duel avec l'attention de celle qui comprend.

-Tu sais pourquoi il n'a pas prit d'arme ? Je sais que c'est son maître mais quand même …
-Parce qu'il sait que c'est inutile.
-Et pourquoi elle elle n'en a pas prise ?
-Car elle n'en a pas besoin.

Une fois de plus, cette fois-ci avec plus de difficulté cependant, il se redressa. Les traits détendus, il se remit en garde. La Vampyr aux cheveux de flamme l'observa durant quelques seconde, avant d'attaquer avec plus de férocité encore.
Dans un jeu de jambe impeccable elle s'approcha de son élève. En équilibre comme lui sur les pierres. Arrivée à sa hauteur elle lui lança deux coups d'une force phénoménale qu'Ergaïl peina à esquiver.
Il lui attrapa fermement le poignet, la Vampyr s'accrocha à son bras et soudain ils furent liés aussi surement qu'avec des chaînes. Chaqu'un refusant de lâcher prise et de céder du terrain à l'adversaire.
Soudain, cet axe fut le pivot de leur attaques, empêchant l'adversaire d'esquiver. Ne laissant que la possibilité de parer.
Réécrivant totalement les règles de ce duel.
Sa main gauche étant dans la poigne de fer de la Princesse, Ergail visa la tête avec le fendant de sa main droite. Cette dernière para avec son propre bras. Puis récrimina cette action avec son pied droit qu'elle balança contre celui d'Ergaïl. Qui n'eût d'autre choix que de changer de pied, en essayant de faire basculer son maître. Sa tentative échoua car la mère d'Ambre passa dans son dos se qui lui tordit cruellement le bras. Le Duc réprima un juron et tenta de tourner cette position à son avantage. Il plia son genoux pour la frapper tandis qu'elle était dans son dos. Pied qu'elle para sans mal.
Ensuite la Vampyr se déroba aux coup du Duc en le saisissant, avec sa main libre, à la chemise.
Se retrouvant dos-à-dos, ils s'envoyèrent des coups de pieds bien sentit, qu'Ergaïl contrairement à son maître n'arrivait pas à esquiver.
Voyant bien que la situation lui était défavorable, son ennemi étant plus petit et tapis dans son dos, il décida de l'en déloger. Il plia son bras, donna une forte impulsion du bassin et baissa le dos en même temps pour projeté par dessus lui la sœur de la reine. Qui accompagna sa rotation en achevant de lui tordre le bras et l'épaule ce qui le fit mettre le genoux à terre. La force de cette traction était telle que la Vampyr atterrit avec souplesse à une quinzaine de mètre plus loin.

Lentement, Le Duc se redressa en arrachant sa chemise déchirée. De nombreuses ecchymoses parcourait son torse. Il était essoufflé, éreinté et son corps le faisait souffrir. Sa cheville l'élançait et ses côtes n'étaient pas en reste. Elmensïe, retourna vers son rocher, puis se posta dessus. Les deux pieds solidement ancrés, attendant la suite. Ergaïl fit de même et avala de grande goulée d'air avant d'activer sa magie. Tout d'eux, le regard planté dans les yeux de l'autre, réfléchissait à la manière le combat allait se poursuivre.

Aux yeux d'Ergaïl, c'était assez simple. Il ne pouvait simplement pas gagner contre Elmensië. Elle avait toujours été une combattante digne des légendes que l'on raconte au coin du feu. Connue et reconnue dans le monde entier pour ses qualités guerrières, ainsi que bien autres ! Elle était simplement trop forte. La différence de niveau apparaissait clairement : vertigineuse. Pourtant, ce duel avec elle lui rappela de nombreux souvenir et l'apaisait.
Mais dans tout les cas, pour Orzaal et ses camarades qui avaient vaillamment combattu, il ne pouvait pas laisser tomber. Il n'abandonnerais pas aussi facilement, même si vaincre était impossible. Il ne lui restait plus qu'à montrer de quel bois Orzaal se chauffait !
Le Duc fit monter son Aura à son paroxysme, la pression dans l'arène sembla augmenter. L'air tourbillonna autour de lui avant de s'immobiliser en laissant comme une lueur dorée autour de lui. Pourtant, ce ne fut rien par rapport à celle d'Elmensië, des pierres s'arrachèrent du sol, se mélangèrent avec l'eau tourbillonante laissant une Aura ardente autour d'elle .

-Wow, j'avais jamais vu l 'aura de Ergaïl aussi clairement remarqua Amy.
-Il lâche tout, mais il ne tiendra pas longtemps souligna Thaddeus.
-Effectivement, approuva Lucyll, il s’effondrera dans moins de deux minutes à ce rythme. Mais il n'a pas le choix. Alors quelle, c'est probablement « anodin » à son niveau.
-Elle est si forte que ça ?
-Non, encore pire.

Soudain, alors que le combat n'avait été que coups silencieux et grognement étouffés, la suite s'annonça en grande fanfare : Dans un bruit similaire à un claquement de fouet, une trombe d'eau sembla s'élancer dans une folie meurtrière vers Elmensïe. Pas fou, Ergail psalmodiait déjà d'autres réjouissances, entre autres les grandes sœurs de la première vague. Pourtant toute l'eau rugissante qu'envoyait le Duc disparaissait en sifflant dès qu'elle arrivait à proximité de la mage.
Il y eu une courte accalmie, qui s'échoua sur une bourdonnement grandissant. Il résonna, s'amplifia, rebondit sur les gradin jusqu'au moment ou deux boules de lumière apparurent devant elle. Brusquement, les pierres de la rivière allèrent se logées autour des deux sphères, les recouvrant partiellement. Tel un puzzle savamment calculé, elle formèrent à la stupeur de chacun un dragon. La colonne hérissée d'éclats roches, un corps qui n'en finissait pas en disparaissant caché dans les flots. Lourdement, les rochers le constituant s'animèrent. Orchestrés par l'énergie des sphères, qui semblait faire office de marionnettiste. Sphère qui ne représentait en fait rien d'autre que la projection magique des mains de la mage manipulant la matière. Car telle est sa puissance.

Ergaïl puisa un peu plus dans ses réserves magiques. Des orbes dorée fusèrent visant les points potentiellement sensibles de l'invocation démesurée. Un nuage de vapeur apparut et couvrit toute l'arène. Puis retomba lentement sous forme de fine pluie, lassant l'air cotonneux et délavé.
Profitant de l'aveuglement temporaire de l'ennemi, Ergaïl c'était glisser en l'espace de quelques dizaine de seconde sur le dos du dragon. Ce dernier était cependant quasiment intact. Le Duc était sur le point de frappé de ses poings animés d'un brasier or sur les deux sphères quand les pierres retombèrent avec fracas sur l’arène.

Dans les livres, lorsque un héros tombe avec une multitude de débris, il se rattrapait lestement et se contentait de les ignorer ou mieux de prendre appuis dessus (dans sa chute!). Mais du point de vue (incontestable) du narrateur, nous ne sommes pas dans un livre et Ergaïl se contenta de survivre en déclenchant une puissante explosion autour de lui pour ne pas être écrasé par les pierres. Cette fois-ci, se fut de poussière que fut recouvert l’arène. S'en suivant de longue seconde d'attente. Chacun essayait de voir si le Duc allait se relever après se coup-ci.
Fortement contusionné, les membres endoloris, recouvert de bleus il se sortit des décombres avec peine. Pourtant, malgré ses vêtements en lambeau, il se redressa de toute sa hauteur et s'embrasa, littéralement. Au rythme puissant de ses coup de pieds fouettés dans le vide, jaillissait dans une myriade d'étincelles des colonnes de flammes. Que Elmensïe attrapait dans se mains pour les renvoyés. Ergaïl en faisait de même, dans une danse endiablée les deux combattants se rapprochait l'un de l'autre. Le rythme s’accélérait jusqu'au moment ou il furent à un mètre l'un de l'autre. Plus personne n'arrivait à distinguer à qui était les flamme de qui, quand soudainement, Elmensïe plaqua sa main contre celle d'Ergaïl et dans un étouffement de flammèches, tout s’arrêta.
Ensuite, en une fraction de seconde elle frappa avec précision le torse puis la trachée. Avant de pincer l'articulation du pouce d'Ergaïl.
Qui s'écroula mollement comme une poupée de chiffon.
Parfois, deux minutes paraissent bien longues.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Dim 10 Nov 2013 - 23:57

J’ai observé le duel avec attention. Toute la phase de combat initiale s’est déroulée sans surprise ; la vampyre a dominé au corps à corps. Prendre les armes est inutile : elle est une arme. La partie magique m’a cependant captivée : le niveau de ce peuple dans cet art était d’une inégalité aussi incroyable que flagrante selon les individus. La puissance déployée par Elmensië est impressionnante et sa maîtrise remarquable, se confronter à un tel adversaire doit être sensationnel et stimuler l’imagination, car alors il n’y a plus que cette ultime barrière qui fait la différence ; la démonstration du dragon en est la preuve. L’énergie nécessaire à de telles prouesses en est une autre bien sûr, mais l’inventivité de la magicienne est le principal atout de ses créations, la mise en scène jouant beaucoup lors de ce genre de duel.

Dans les tribunes règne la confusion : les vampyrs viennent de remporter leur première victoire mais elle leur a été offerte par une paria, atténuant de ce fait l’allégresse qui aurait du en découler. Soë se lève cependant et incline la tête vers sa sœur, honorant le combat. La duelliste lui rend son salut, se penche vers Ergaïl, passe un doigt léger sur la joue de son élève inconscient dans un geste affectueux et quitte l’arène d’un pas digne, avec la fierté d’une princesse. Quelques soignants viennent réanimer Ergaïl qui se relève et vient nous rejoindre dans les tribunes. Lorsqu’il se rassoit, je lui glisse :

« C’était un beau combat. »

Il sourit et répond :

« La victoire était impossible.
- Je sais.
»

Dimna se penche vers nous avec un air de conspiratrice :

« Les vampyrs viennent de rappeler la puissance de leurs membres les plus éminents, mais la victoire n’a pas été obtenue par l’un de leurs combattants véritablement estimés : Elmensië ne fait pas tout à fait partie des leurs. Elle se devait de gagner pour son peuple bien sûr, mais elle ne le représente pas tout à fait légitimement. Restons sur nos gardes, ils ne vont pas relâcher leur pression. Ils doivent de nouveau gagner, de la main de quelqu’un d’admirable selon eux cette fois. »

J’observe mes camarades. Réfléchissant un instant, je me demande qui serait le mieux placé pour faire face au prochain champion des vampyrs. Ambre lève le menton, Thaddeus semble perdu dans ses pensées et Dimna fronce les sourcils. Après quelques secondes, je déclare à cette dernière :

« Nous venons d’enchainer trois duels assez classiques : magie, épées, arts martiaux, ... les armes usuelles ont déjà été aperçues. Une technique de combat un peu bestiale pourrait peut-être les déstabiliser. Je pense que c’est toi qui devrais y aller. »

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Dim 1 Déc 2013 - 19:20

Dimna respira à fond et resserra la sangle de son carquois. Elle vérifia rapidement ses flèches, ajusta sa tunique et enfila un gilet de cuir épais et résistant. Dans quelques minutes, ce serait à elle de se battre. Elle relevait ses cheveux quand on frappa trois coups légers à la porte de la petite pièce adjacente à l'arène où elle s'était isolée.

"Entrez!" ordonna-t-elle sans se retourner.

La porte s'ouvrit et Vilgio apparut, un plateau dans les mains portant une carafe d'eau limpide et une coupe. Il le déposa sur la table haute.

"Merci.." marmonna Dimna en l'observant du coin de l’œil dans le miroir tout en attachant sa queue-de-cheval avec un lien de cuir brun.

Elle s'attendait à ce qu'il reparte aussitôt, c'est ce qu'il aurait du faire, mais il resta près de la table et dit d'un ton badin :
-Bonne chance pour votre duel.

Dimna plissa les yeux et se retourna pour lui faire face. Était-il entrain de tenter d'engager la conversation? Quelque-chose... Quelque-chose la titillait quand ses yeux passaient sur le visage de Vilgio, s'attardaient sur sa cicatrice. Cette voix grave et doucereuse, un peu rauque, elle semblait vouloir lui rappeler... quoi? Mais quoi donc? C'était comme chercher un mot et l'avoir sur le bout de la langue sans réussir à le cracher.

-Mademoiselle? Seriez-vous nerveuse? demanda Vilgio, ironique.

Dimna se reprit et le fixa d'un regard impérieux. Il n'était pas question de montrer une quelconque faiblesse. Elle marcha à la table en prenant soin de passer juste sous son nez, la tête haute et se servit de l'eau avec une lenteur calculée, l'ignorant royalement.

- Je n'ai aucune raison de l'être, finit-elle par répondre d'une voix hautaine, sur la défensive. Maintenant sortez, vous n'avez plus rien à faire ici.

Elle prit soin de lui jeter un regard méprisant avant de boire sa coupe pour se donner une contenance. Vilgio s'inclina, mais elle eut le temps de discerner son sourire satisfait. Elle fronça les sourcils.

- Qu'est-ce que..?

Une étrange sensation d'engourdissement, presque imperceptible mais désagréable, se répandait dans sa bouche. Dimna écarquilla les yeux, son regard passa en une fraction de seconde sur la carafe, puis sur le sourire de Vilgio qui s'apprêtait à se retirer. Elle se jeta sur lui sauvagement en hurlant telle une enragée :

- Qu'est-ce que vous avez fait?!! Qu'est-ce que vous avez mis dans l'eau?!!

Au moment où elle l'attrapait par le col pour le plaquer violemment au mur, ses doigts entrèrent en contact avec la peau de son cou. L'aura de Vilgio devint alors visible pour elle. Une aura grise aux reflets bleu nuit.
Une aura de loup-garou.
En un instant, Dimna comprit. Elle le lâcha brusquement, comme si elle s'était brûlée.

- Le Noir!..

Elle resta pétrifiée quelques instants, ses pensées se bousculant dans sa tête et s’emmêlant, tandis qu'elle fixait stupéfaite Le Noir, sous sa forme humaine. Ce fut lui qui brisa ce moment d'accalmie en se détachant avec une prudente lenteur du mur. Reprenant ses esprits, Dimna fendit l'air de ses griffes, mains d'humaine ayant cédé la place aux pattes de loup, avec un cri de rage. Le Noir évita de justesse l'assaut, et la jeune fille se mit à enchaîner les coups, ses pattes monstrueuses sifflant dans l'air à chaque attaque manquée. Elle renversa la table, verre et carafe volèrent en éclats contre les murs, Le Noir roula à terre, pirouetta tandis que Dimna frappait le miroir à l'endroit même où se trouvait sa tête une seconde plus tôt. La glace se brisa et répandit ses débris tranchants sur le sol.

-J'essaie de te protéger imbécile!! s'écria Le Noir en se redressant, couvert de coupures qui se refermaient déjà.
- Ah oui?! En m'empoisonnant?! répliqua-t-elle en fendant l'air à une vitesse inhumaine.

"Le combattant Vampyr, Erlaïvor !!" hurla une voix dans l'arène.
Des acclamations lointaines mais enthousiastes retentirent.

Dimna profita de la brève distraction de Le Noir pour l'envoyer au sol  d'un violent coup de pied. Elle le saisit à la gorge sans lui laisser le temps de réagir, prête à le transpercer. D'un geste fluide, Le Noir sortit une dague à poignée de bois de sa botte et frappa vivement Dimna à la cuisse. Celle-ci poussa un hurlement en sentant la brûlure de la lame d'argent ronger sa peau, Le Noir la repoussa sans mal sur le côté pour se redresser et cracha :

"Je ne voulais pas que ça se passe comme ça princesse!"
Il s'interrompit un instant, l'observa se relever avec difficultés, puis lâcha un "Abrutie..." avant de sortir.

Dans l'arène, les acclamations se calmaient.

En gémissant, Dimna saisit la dague, serra les dents, et l'arracha d'un geste franc. Elle poussa un cri, se retint à ce qu'il restait de la coiffeuse avec son miroir en miettes. La blessure ne saignait pas beaucoup, les bords étaient calcinés, et la faisaient énormément souffrir. Grimaçant, elle déchira un long pant d'une chemise et banda sa blessure. Respirant profondément, elle resserra sa queue-de-cheval, tenta de se recomposer un visage guerrier.

Sauver les apparences.

Sauver son duel.

Dimna se dirigea vers l'arène.

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Dernière édition par Dimna d'Emeris le Sam 14 Déc 2013 - 16:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Sam 14 Déc 2013 - 16:28

Lorsque Dimna pénétra dans l’arène, elle sentit toute la tension dans les tribunes d’Orzaal baisser d’un cran. De toute évidence, ils s’étaient inquiétés du temps qu’elle avait mis pour venir. Elle s’avança. Elle entendit à peine le présentateur l’annoncer, ni les murmures troublés de ses compagnons lorsqu'ils se rendirent compte qu’elle semblait mal-en-point.

Elle tentait de maintenir un masque impassible, mais elle sentait sur son front des gouttelettes de sueur, glacées. Elle avait l’impression d’être dans un brouillard opaque dont il était encore bien trop tôt pour en sortir. Elle se força à observer son adversaire. Il était grand, comme tous les vampyrs, mince, pâle, élancé sans être frêle, un regard  d’un noir profond et, étrangement, sans aucune trace d’ orgueil.  Deux yeux tels des lacs d’un calme insondable.

Dimna ne perçut pas la voix qui annonçait la mise en place du décor de l’arène, l’éclair de lumière la surprit à peine, elle se sentait atone, figée.
Une forêt. Les arbres denses, la pénombre des frondaisons, la fraîcheur de l’air des feuillages sur son visage, la terre humide sous ses pieds… Tout lui était familier, le loup en elle gronda de plaisir de retrouver cet environnement si doux, qui lui appartenait et dans lequel il se transposait. Dimna secoua doucement la tête. Ses sens se réveillèrent enfin. Elle savait les regards braqués sur elle, pourtant le couvert des arbres la protégeait, l’isolait, elle était seule face au vampyr, toujours aussi calme et immobile.

« Combattez ! »

Dimna saisit une flèche en un éclair, son arc jaillit de son bras, elle l’arma en une fraction de seconde, visa, tira. La flèche fendit l’air droit sur le vampyr qui bondit. Son saut était rapide, léger, presque aérien. Il retomba souplement et resta accroupi. Dimna banda de nouveau son arc, il sortit une pierre brillante de sa ceinture, leva le bras et la fracassa d’un geste sur le sol. Une explosion retentit, une orbe lumineuse jaillit. Un artefact. Ce type était un enchanteur.
Dimna roula de côté, et quand elle se redressa… Des dizaines de combattant l’entouraient, tous identiques. Des imitations parfaites de l’original, illusions troublantes l’encerclant. Lequel était le vrai? Elle tira trois flèches au hasard, ses trois traits transpercèrent les mirages qui se dissipèrent dans une fumée chatoyante. Elle tenta de se calmer mais la panique l’envahissait. LeNoir était réapparu alors qu’elle ne pensait jamais le revoir, que venait-il faire ici, que lui avait-il fait boire ? Elle était empoisonnée, elle allait peut-être mourir là, au milieu de cette arène, sous les yeux des spectateurs et de son adversaire qu’elle n’aurait même pas eu le temps de combattre, elle s’attendait à tout moment à s’écrouler sous l’effet du poison. Et ces dizaines de combattants, tous faux sauf un, qui la fixaient de leurs yeux impassibles et menaçants. Respire. Le loup en elle hurla d’angoisse. Silence ! Pas maintenant, attends. Garde ton sang-froid.

La forêt lui semblait hantée par les regards de ces spectres trop nombreux et trop silencieux, attendant le moment propice, la faille. Elle se tourna lentement, sur le qui-vive, et libéra ses sens de loup. Ils n’émanaient rien des illusions, mais elle sentit l’odeur d’un être vivant, proche. Derrière.  Au moment où elle allait faire volte-face, un sifflement déchira le silence distendu. Elle eut à peine le temps de se jeter au sol, le poignard lancé par son adversaire lui entailla profondément une épaule. Le cri qu’elle voulut retenir se mua en un rugissement bestial et jaillit de sa gorge.

Dimna ne choisit même pas de se transformer, le loup surgit de lui-même, libérant du même coup toute sa colère et ses peurs. Énorme, fourrure rousse hérissée, galvanisé par l’angoisse, ses yeux jaunes sauvages étincelants, il se dressait face à celui qu’il savait être son véritable ennemi, se focalisant sur lui pour effacer les autres imitations. La stupeur se lisait sur le visage d’Erlaïvor. Comprenant qu’à présent la bête pouvait parfaitement le reconnaître parmi les illusions créées, il les fit disparaître d’un geste. La métamorphose de Dimna avait complètement changé ses plans et la donne. Profitant de cet instant de surprise, le loup se ramassa, babines retroussées en un monstrueux rictus dévoilant ses crocs acérés. Il bondit, pattes monstrueuses fendant l’air.

Douleur. La blessure laissée par la lame d’argent de LeNoir s’était brutalement ré-ouverte dans ce saut fulgurant. Le loup laissa échapper une plainte brève, retomba rudement au sol, manquant le vampyr qui avait reculé de plusieurs mètres. Il se releva maladroitement, juste à temps pour voir l’enchanteur sortir un nouvel artefact, poser une main dessus, lever l’autre. Un jet de lumière fusa vers la bête et la percuta de plein fouet, l’expédiant à plusieurs mètre avant de l’écraser contre un arbre massif. Le loup se redressa, sonné, et s’écarta juste à temps pour éviter un second rai aveuglant. Il sentit sa chaleur ardente quand celui-ci frôla son cou. Il recula précipitamment en boitant. Chaque mouvement était une torture, écartant chaque fois les bords calcinés de sa blessure, ravivant la douleur et la brûlure, insupportable.

La confusion, la panique déferlèrent à nouveau. Tout se bousculait. Dimna serra les dents. Une certitude s’imposa. Elle allait perdre. Elle allait perdre, mais pour l’honneur d’Orzaal, elle devait continuer, jusqu'au bout. Le loup gémissait, ses blessures le faisaient horriblement souffrir, il reculait. Non ! Bats-toi !

Le loup s’élança, filant en cercle entre les arbres, mettant toutes ses forces et sa détermination dans cette course, tournant autour de son adversaire qui lançaient des jets enflammés. Subitement, il se retourna  sur l’enchanteur, mais au lieu de bondir en hauteur comme il s’y attendait, il se jeta au sol. Sa gueule énorme se referma sur la jambe d’Erlaïvor, déchira le métal de l’armure comme s’il s’était agit de papier. Déchiqueta les chairs,  broya les os en une fraction de seconde. Le hurlement du vampyr résonna, douloureux, perçant, avant d’être absorbé par le couvert des arbres et de se muer en plainte rauque. Le loup relâcha l’étau implacable de ses crocs et se jeta en arrière pour éviter un coup de couteau fulgurant. Il bondit pour battre en retraite. Soudain, vacilla. Sa patte blessé ne le portait plus, elle se tordit, il s’écroula. Relève-toi ! Hagard, le loup se contorsionna pour éviter un jet de magie, roula de côté quand un autre le frôla. Bat-toi ! Un faisceau brûlant le toucha au flanc.

Il voulut hurler mais il en fut incapable. Une brume de douleur l’engourdissait et le rendait muet, aveugle, brouillait tous ses sens et ses pensées, il perdait pied avec la réalité.

Non ! Non, bat-toi !

Son corps ne lui répondait plus, la douleur était lointaine et ne le concernait pas. Il ne sentait plus rien, seulement du vide, rien que du vide. Il tombait, mais c’était impossible, il était déjà à terre.

À terre et vaincu.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Lun 16 Déc 2013 - 12:01

Alors que nous nous penchons par-dessus la balustrade de la tribune d’Orzaal, tenaillés par l’envie de se porter au secours du loup-garou, je bous intérieurement. Le sabotage est flagrant, la large entaille qu’arborait Dimna à son entrée dans l’arène l’a largement handicapée. Même en combattant vaillamment, elle n’avait aucune chance sans la pleine possession de ses moyens. Quand le loup s’écroule, Amy hurle quelque chose rageusement. Je me retiens de l’imiter. Thaddeus et moi serrons les mâchoires. La victoire du Vampyr est proclamée mais la confusion règne dans les gradins. Ergaïl descend l’escalier de sa démarche implacable et pénètre dans l’arène. L’enchanteur se retire après un dernier salut. Dimna reprend forme humaine ; inconsciente, mal en point, la plaie de sa jambe béant, elle git à terre, défaite. Un médecin se porte à son secours, se penchant sur elle, évaluant la blessure de ses soins experts. Le Duc se tient debout, bien droit à côté de la Princesse, fixant la tribune royale d’un air impassible mais toute son attitude clame l’accusation. La Reine se lève, rétablit le calme d’un geste impérieux et déclare après un instant de réflexion :

« Orzaaliens, notre victoire, bien qu’irréversible, est contestable j’en conviens. Votre guerrière semble avoir été attaquée avant son entrée dans l’arène. Dès sa rémission, nous tirerons tout cela au clair. Cependant, tant que nous ne pourrons savoir avec certitude ce qui s’est réellement déroulé avant le duel, je suis dans l’obligation de valider votre défaite. »

Je suis scandalisée.

« Quoi ?! C’est tout ?! On ne sait pas ce qui s’est passé donc on gagne ce duel même s’il était truqué ?! C’est lamentable ! Comment peut-on laisser les Vampyrs être juges de ces combats alors qu’ils agissent clairement en notre défaveur, alors même que l’iniquité est aussi flagrante ?! »

Ambre, qui jusqu’ici était restée silencieuse chuchote :

« La Reine n’aurait surement pas commandité une chose pareille, l’orgueil des Vampyrs est bien trop grand pour qu’elle se permette une offense de cette ampleur… Peut-être est-ce encore là une attaque des renégats… ? »

Cela ne calme pas ma fureur pour autant.

« Qui que soit le responsable, Dimna n’a pas eu de duel loyal. Je refuse que l’on compte sa défaite, faisant injustement infléchir l’issue des duels en faveur des Vampyrs ! »

Plus bas dans l’arène Ergaïl annonce :

« Je ne peux en rester là. Ce duel restera en suspend tant que nous n’en saurons pas plus. »

Soë incline la tête sans répondre, invitant l’Orzaalien à retrouver sa place dans les tribunes, sans néanmoins revenir sur sa décision. La colère est palpable, Amy se contient à grand peine, se retenant de sortir ses dagues et de se ruer sur le premier venu afin de lui signifier sa façon de penser. Je réfléchis fébrilement à notre situation pendant que le Duc nous rejoint. Quand il reprend sa place, j’annonce :

« Il n’est pas question que nous acceptions cette décision ! Je vous le dis tout net ! Surtout avec un écart si mince dans le résultat des duels : nous sommes à égalité. En attendant, ils viennent de nous prouver qu’ils sont prêts à tout pour gagner, quitte à employer des moyens non-conventionnels pour arriver à leur fin. Très bien. Nous allons dans ce cas jouer dans la même catégorie, sauf que nous, nous n’avons pas besoin de tricher pour montrer au Conseil ce que nous valons ! »

Mon indignation est totale. Je n’ai qu’une envie, que la défaite des Vampyrs au prochain duel soit à la hauteur de cette traitrise.

« S’ils veulent du non-conventionnel, alors on va leur en donner. »

Je me tourne vers Thadd’ et je sais qu’à ce moment précis nous nous comprenons parfaitement. Le professeur incline brièvement la tête en attrapant son chapeau entre deux doigts, le salut du gentleman qui lui est propre, puis d’un pas léger, il part se préparer.


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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Lun 16 Déc 2013 - 16:42

C’est dégueulasse !

Amy n’en croyait pas ses yeux. Ce combat déloyal et la vue de Dimna ramenée inconsciente dans leur salle de repos, ne faisait qu’augmenter sa haine pour le peuple Vampyr. Rien que l’idée d’en massacrer quelque uns dans les tribunes la tentait.
_ S’ils veulent du non conventionnel, on va leur en donner. Déclara Lucyll fermement.
Le professeur salua, chapeau en main, avant de quitter les tribunes mais la tueuse l’interpella.
_ Je t’accompagne. Déclara-t-elle en souriant. Je vais me reposer un moment.
Le professeur, d’abord surprit, lui rendit ensuite son sourire.
_ Mais avec plaisir.
Les deux compagnons quittèrent les tribunes et croisèrent Ergaïl devant la porte de leur vestiaire.
_ Dimna se repose. Affirma celui-ci gravement. Le médecin a affirmé que les dégâts étaient superficiels. Elle est évanouie et il lui faudra du temps pour récupérer complètement. Sa blessure à la jambe me préoccupe mais pour l’instant, il faut que le prochain combat ait lieu.
_ Il semblerait que ce soit à mon tour. Lança Thaddeus nerveux.
_ Amy, je vais te demander de rester avec Dimna. Quant à moi, je vais garder à l’œil la pièce où Thadd’ va aller se préparer jusqu’à ce que le combat commence. Je n’ai pas envie d’une nouvelle attaque en coulisse. De cette manière tu pourras se mettre en condition tranquillement.
Le professeur remercia Ergaïl puis il prit la direction du couloir.  
Amy passa l’encadrement de la porte lorsque le Duc lui glissa un dernier mot à l’oreille :
_ Je sais que tu comptes en savoir davantage mais ne fait rien de répréhensible. Les choses sont déjà assez compliquées.
_ Comme si c’était mon genre ! S’esclaffa l’Orzaalienne.  
Puis le Duc et Thaddeus disparurent derrière le battant de la porte.

« Dimna…à nous deux ! »
La rouquine avait été installée sur petit lit de fortune apporté par les Vampyrs…à croire qu’ils avaient prévus ce qu’il allait se passer.
Amy s’approcha de sa camarade endormit, souleva les draps qui cachaient sa jambe blessée. L’entaille avait été pansée par le médecin, il allait donc falloir enlever le bandage avant d’examiner la blessure de plus près.
La tueuse sortit sa dague de son fourreau et approcha la lame du bandage. Mais alors qu’elle allait commencer l’incision la porte de la pièce s’ouvrit. Par réflexe, Amy lança son arme vers l’entrée d’une main, tandis que l’autre remettait le drap en place.
L’arme se planta dans l’encadrement en bois de la porte juste devant le nez d’un homme. Cheveux long, brun, grand, svelte, élégamment habillé et d’après le sourire amusé qui déformait ses lèvres et qui dévoilaient ses canines, il ne faisait aucun doute qu’il était Vampyr.
Il saisit la dague et la retira du mur.
_ Il aurait été plus judicieux de frapper je vous l’accorde.
_ Qui êtes-vous ? Je vous préviens, si vous êtes venue pour garantir votre prochaine victoire vous-
_ Ce n’est pas mon intention.
_ Alors pourquoi vous êtes là ? Qu’est-ce que vous voulez ?
_ Mais la même chose que vous bien sûr. Je suis ici sur l’ordre de sa majesté. Ma reine m’a chargé d’enquêter sur ce qui a attaquer votre amie et qui a donc rendu cet affrontement inéquitable. Patienter jusqu’à son réveil et risquer un autre « accident » aurait été plus que regrettable pour votre camp…comme pour le mien.              

Amy n’en croyait pas un mot, cet individu n’était pas net et c’est avec la plus grande méfiance qu’elle demanda :
_ Dans ce cas vous pouvez me rendre ma dague ?
_ Vous avez une bien belle lame. Il ne faudrait surtout pas la perdre.
Il s’approcha soudainement, si vite que la jeune femme se mit en garde, flairant une attaque rapide.
_ Tenez.
Il y eu un léger instant de flottement, puis l’homme lui tendit sa dague avec un sourire qu’Amy avait particulièrement de mal à avaler. Ce type jouait avec ses nerfs et elle détestait ça.
Elle lui reprit son arme d’un geste, puis le Vampyr se dirigea vers Dimna.
_ Qu’a affirmer le médecin qu’en-ils l’ont amené ici ?
_ Blessures superficielles pendant le combat. Pour le reste vous n’avez pas besoin de le savoi-hé ! Mais qu’est-ce que vous faite là !?!
En effet, l’homme s’apprêtait à soulever les draps mais Amy lui saisit le poignet à la dernière minute.
_ Pas touche le Vampyr ! Je peux savoir ce que vous essayez de faire ?
Il se remit à sourire, un sourire mesquin cette fois-ci.
_ Mais la même chose que vous avant que je n’arrive voyons. Il faut examiner cette entaille si nous voulons avancer dans nos recherches. Nous pourrons alors peut-être déterminer qu’elle arme a été utilisé pour la blessée. N’êtes-vous pas d’accord ? Je vous l’ai dit ; nous voulons des réponses, tout comme vous. Si des renégats s’en sont pris à votre amie, alors il y a de forte chance pour qu’elle ne soit pas la seule victime.  
 
Amy, même frustrer, devait bien admettre que cet homme avait raison…mais et si c’était lui qui a attaquer la princesse ? Ses camarades voulaient, eux aussi, savoir ce qui s’était passé. Peut-être que seule Dimna était visée ou bien était-ce tout simplement un accident. Tant de questions…et aucunes réponses valides à l’heure actuelle.
« Ne fait rien de répréhensible…comme si j’avais le choix ! » Râla-t-elle.
_ Pourquoi ne retournez-vous pas dans les gradins encourager votre camarade ? Connaissant son prochain adversaire, il va en avoir besoin.
_ J’ai une entière confiance envers Thaddeus et ce n’est pas parce qu’il ne me verra pas que je ne l’encouragerais pas. C’est plutôt votre « copain » qui aura du souci à se faire.
_ L’homme avec le chapeau ? Il a plutôt l’air de cacher son jeu. Malheureusement, ni vous ni moi n’allons pouvoir admirer le spectacle. Nous avons une enquête à mener à bien.

A contre cœur, la tueuse lâcha la main du Vampyr, en espérant faire ce qu’il fallait. Si Dimna avait été consciente, elle l’aurait massacré c’est certain.


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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Ven 3 Jan 2014 - 1:57

« Et bonne chance hein !

-Ouioui ! Merci ! répondit Thaddeus en refermant la porte derrière lui. Vous aussi !


Puis, se rendant compte de l'absurdité de ses derniers mots, il la rouvrit et dit tout bas :

-Enfin...Non, pas vous aussi. Parce que...c'est m-m-moi qui en ai besoin, et... Je m'embourbe ?


* * *

Thaddeus, dans une petite pièce basse de plafond pourvue du nécessaire pour se laver, s'échauffer et entretenir son équipement, se préparait au combat qui l'attendait. Comme ça dure une plombe et que c'est ennuyeux (c'est vrai quoi, les héros de livres vont jamais aux toilettes...), l'auteur vous offre une petite ballade dans la tête du professeur Dreadstone !

A ce moment précis, c'est la peur qui domine ses pensées. Il a peur pour sa vie. Peur de décevoir ses amis. Peur de mourir pour une cause aussi futile.
Car oui, c'est ainsi qu'il la considère. Quel intérêt de se battre pour l'éducation d'enfants ? Qu'en est la finalité ? En quoi cela justifie-t-il de risquer sa vie ? Le Duc cherchait-il à lever une armée ? A affaiblir celle de ses rivaux ?

A transmettre des idéaux ?

Justice, honneur, bonté... Autant de mots qui ressemblent à des phares. Autant de valeurs qu'il croyait les gens d'Orzaal capable d'enseigner. Mais il restait sceptique. Les projets d'Ergaïl se teintaient sans mal d'orgueil et d'élitisme...

Il ne put s'empêcher de triturer une babiole qu'il avait à la ceinture. Et si c'était ça, son but ? Son utilité sur cette maudite terre ? Et si il était là pour s'assurer qu'une éducation digne et équitable soit dispensée à ces enfants ?  Peut être pour les éduquer lui même.... Il chassa une pensée pour un gamin qui travaillait dans les chantiers d'Ashar-la, et se fit une promesse : il assisterait le camp vainqueur dans la mise en place de l'école, quel qu'il soit. Il dut alors lâcher le pendentif d'Isaya : le cor venait de retentir.

Thaddeus s'avança jusqu'à la porte de l'arène. Au dehors, depuis son estrade, le commentateur hurlait :

« A ma gauche, combattant pour le camp des dryades, un parfait inconnu ! Jamais entendu parler ! Il se fait appeler « Professeur », mais je crois qu'il va prendre une leçon ! Accueillez comme il se doit THADDEUS DREADSTOOOOOOOOOONE !!!!! »

Le sus-nommé professeur, agacé par sa présentation, pénétra dans l'arène, tandis que le commentateur reprenait :

-Mais de l'autre côté, DE L'AUTRE CÔTE !! Une demoiselle que vous connaissez bien ! Une fille de la citadelle ! Reconnue pour son courage face aux « a », promue sergent puis lieutenant, réservez  lui un tonnerre d'applauses : LYUBOV DRAGOMIROOOOOOOOOOOFF !!! 

Lyubov entra. De taille moyenne, des cheveux blonds coupés très courts, des attributs féminins normalement développés et une armure de simple soldat, elle n'en imposait guère. Mais de nombreux hommes s'y étaient trompés, et autant y avaient laissé leur honneur. Car Lyubov était une Dragomiroff, et en cela, bien que moins puissante que la reine ou sa sœur, elle n'en restait pas moins redoutable. Bien plus que n'importe quel vulgaire soldat de la citadelle. Elle avait été envoyé parce qu'une importante riposte Orzalienne avait été prévue. Elle était là pour représenter le sang neuf de la citadelle, pour servir la reine et honorer ses ancêtres. Et elle n'avait l'intention d'en décevoir aucun.

Tout cela bien sûr, Thaddeus ne le savait pas. Alors qu'il jaugeait de loin son adversaire, on lui apporta une paire de sandales rigides, aux semelles de bois, avec ordre de les enfiler. Bien que surpris, il s'exécuta et attendit. L'arène changeait. Le sol s'éloignait, loin, loin, loin ! Et des tiges d'un vert de jade s'élevaient dans le même temps. Bientôt, Thaddeus et son adversaire se retrouvèrent sur des plate-formes de pierre au somment d'une grande et épaisse forêt de bambous. Le professeur reconnut là un décor que l'on pouvait observer loin au sud d'Orzaal, et comprit que les sandales lui serviraient à marcher sur le sommet des bambous.

La hauteur des bambous variait sur la surface de l'arène, si bien que l'on aurait dit un paysage vallonné constitué uniquement de végétaux. En bas, le sol n'était pas visible, trop loin et masqué par l'obscurité. Les deux combattants se rejoignirent au centre de l'arène et se saluèrent en s'inclinant. Dans un sursaut de confiance en soi, Thaddeus bluffa en vain :

-Vous pouvez encore vous rendre vous savez....

-Que le meilleure gagne ! Répondit la jeune fille en souriant.

Ils s'écartèrent de quelques pas et attendirent le signal du départ. La tension montait, les muscles se crispaient. Thaddeus, même si il réussissait à ne pas le montrer, ne tenait sur les bambous que par miracle. Il transpirait dans sa chemise et il avait mal aux pieds. Il n'avait pas encore dégainé son sabre.

Soudain,  le gong retentit, et la vampyre s'élança vers l'humain à une allure incroyable. Thaddeus n'eut que le temps de s'écarter pour éviter l'estoc mortel de son homologue. Mais déjà, la vampyre revenait à la charge. Après un virage serré à faire pâlir d'envie un patineur, elle fendit l'air de sa longue épée bâtarde. Le professeur recula, mais manqua de perdre l'équilibre. Le premier qui tomberait serait empalé sur un bambou ou se briserait tous les os dans sa chute... Il dégaina son épée.

Estoc, esquive, contre attaque en sixte, parade. Tant que le combat restait plus ou moins fixe, Thaddeus se débrouillait. Il commençait même à prendre confiance en sa victoire quand Lyubov rompit l'engagement, courant dans la direction opposée. Il mordit à l'hameçon, lui emboîtant le pas. La vampyre se retourna alors et sauta en arrière, appuyant ses pieds sur le côté d'une tige et la faisant plier. Le retour en place de la plante la propulsa à toute vitesse vers son opposant, qui n'eut pas le temps de réagir : une longue estafilade lui barrait à présent le torse. Tombant en arrière, il se rattrapa de justesse à une branche, cinquante centimètres sous la surface. Il remonta, se stabilisant avec difficulté sur les tiges. Son adversaire le toisait, quelques mètres plus loin.

-Tu capitules ? Demanda-t-elle.

Il s'apprêtait à décocher une réplique cinglante quand il s'en rendit compte : il n'avait plus son sabre.  Il avait du le laisser tomber quand il s'était agrippé à la branche. Mais il avait plus d'un tour dans son sac.

Lyubov en avait vu, des abrutis. Des inconscients, des fous, appelez ça comme vous voulez. Mais ce type là les surpassait tous ! Désarmé, face à l'élite des soldats de la citadelle, il lui répondit :

-Non.

Elle fonça sur lui, courant sur les tiges flexibles comme sur un sol palpable, hurlant :

-Alors... MEURS !!!

Mais alors.... Thaddeus se laissa tomber ! Surprise, la guerrière s'arrêta dans sa course et baissa les yeux .... Pour se voir agripper une cheville et tirée vers le bas par Thaddeus, caché juste sous la surface !
Elle tomba, puis utilisa son élan pour tournoyer autour d'une tige et se propulser vers la surface, mais fut accueillie par un coup de poing au visage de son adversaire.  Thaddeus criait victoire, elle n'avait plus son épée non plus ! Mais elle avait un plastron. Ses seuls points faibles étaient le visage et les jambes.

Il enchaîna trois jabs vers sa te, tous parés par la vampyre, qui contre-attaqua par un crochet du gauche, encaissé sans bronché par le professeur, qui en profita pour asséner un violent coup de tête. La vampyre recula. Elle saignait.

-Misérable... grogna-t-elle.

Elle attaqua, mais une grande giclée d'acide sortie de l'une des fioles du professeur l'empêcha d'avancer. Elle regarda, ébahie, les tiges fondre devant elle en crépitant, puis leva les yeux vers l'autre, qui avait déjà deux fioles de plus en main.

-Vous capitulez ? Demanda-t il, narquois.

Mais il ne s’attendait pas à ce qu'elle sorte de son dos une longue faucille, attachée au bout d'une chaine, qu'elle se mit à faire tournoyer au dessus de sa tête : un kusarigama !

-Non.

* * *

Avant, Thaddeus avait peur. Désormais, il était terrifié. Il courait et sautait maladroitement, fuyant l'arme terrible qui fendait l'air derrière lui et celle qui la maniait. Il avait à peine le temps de retirer son pied d'une tige qu'elle était tranchée, avec dix autres qui l'entourait, et chaque fois elle passait plus près de lui. Il n'entendait plus les spectateurs, il n'entendait plus le commentateur. Il n'entendait que le sifflement de la lame, le martèlement de son cœur et  la respiration de son agresseur, qui se rapprochait de plus en plus.

Il ne sentit pas la blessure tout de suite, mais alors qu'il essayait d'avancer, il sentit son corps s'arrêter, et tourner sur lui même. Comme au ralenti, il vit s'envoler autour de lui des milliers de gouttes de sang et remarqua qu'il faisait désormais face à la vampyre. Il remarqua que la faucille lui avait entouré le bras, et s'était plantée dans son torse. Il leva les yeux vers son ennemie, face à lui, à portée de main. Mais il était incapable de bouger, paralysé. Elle cria quelque chose qu'il n'entendit pas et, d'un violent coup de pied, le poussa en arrière.

Il regarda au ralenti le sol s'approcher de lui.

* * *

Lyubov souffla. Elle se permit même un sourire. Le professeur était vaincu. La foule vampyre l'acclamait. Elle sentit son cœur se remplir d'une douce chaleur. Elle avait fait ses preuves ! Elle avait réussi ! Son père aurait été fière d'elle. Dans les gradins, elle chercha le regard de sa reine, qui lui accorda un léger hochement de tête. Elle ne se sentait plus de joie, et leva sa faucille haut vers le ciel.

« Il semble, hurla le présentateur, QUE NOUS AVONS UN VAINQ-

Il fut coupé par la première explosion.

Les applauses cessèrent. Un son, aussi puissant que le tonnerre, venait de retentir. Sous ces pieds, Lyubov pouvait distinguer une vive lumière, quand elle sentit les bambous se dérober sous ses pieds. Elle sauta, le plus loin qu'elle put, voyant les longues tiges s'écrouler derrière elle, sapées à leur base.

Il y eut une seconde explosion, puis une troisième. De plus en plus de bambous tombaient vers les profondeurs. L'orzalien n'avait pas dit son dernier mot, elle avait vendue la dleme avant de l'avoir attrapée. Partout, les bambous tremblaient comme des feuilles. Comment combattre un ennemi qu'on ne voit pas ??

Mais l'ennemi, lui, pouvait la voir, et l'explosion suivante coupa sa trajectoire. Elle perdit pied, et tenta de se raccrocher à une branche à l'aide de son kusarigama. Mais la gravité fut trop forte. Elle entendit un claquement quand son épaule se déboîta, et lâcha son arme.

Elle tomba au sol. Elle avait tout de même ralentit sa chute, et elle réussit à se relever, mais sa jambe droite lui faisait mal. En bas, la forêt n'était que ténèbres et flammes. Et des flammes, elle le vit s'avancer, sabre à la main. Il avait l'air d'un démon, du sang plein les mains et un masque de colère et de douleur sur le visage. Il lança une fiole sur le côté qui explosa en un millier de gerbes colorées, en flammes bleues et vertes hallucinantes. Il pointa son arme vers elle.

-T-T-Tu te rends ?

* * *

« Comment faîtes vous pour avoir des ananas dans un lieu pareil ??

-Nous les faisons importer par des Ajanils, répondit froidement Lyubov. Qu'est ce que tu veux, humain ?


Après que la guerrière ait capitulé, ils avaient été pansés et soignés par leurs camps respectifs. Thaddeus était passé aux cuisines, et avait récupéré une corbeille de fruits avant de la rejoindre dans la tribune vampyre, et ils attendaient maintenant le début du combat suivant.

-Eh bien...

Le professeur hésita. Il avait senti qu'il était de son devoir d'aller la voir, mais devant la froideur de son homologue, il ne savait pas trop si il devait insister. Mais il était venu, autant en finir.

-Hum...Vous..Vous vous êtes… bien battue... Je tenais à vous féliciter, et à... à m-m'excuser de vous avoir humiliée en publique.

La guerrière eut l'air surprise.

-Sans... Sans rancune ? dit il en lui tendant la main (celle qui n'était pas bandée).

Elle hésita à son tour. Était ce pathétique, misérable, une preuve de faiblesse ? Ou particulièrement appréciable et honorable de sa part ? Elle n'avait jamais vu un perdant félicité pour  son courage, et encore moins des excuses. Pas à la Citadelle. Elle repensa à son père. « Écrase les autres, ou c'est eux qui t'écraseront ! »  Son père, lui, la battait quand elle échouait. Y avait il autre chose au delà de ces murs ?

Elle saisit timidement la main du professeur. Le grand sourire qui illumina son visage la fit sourire à son tour. C'était plutôt agréable...

-D'accord, dit elle enfin. Mais tu me dois une revanche. En privé !

-Vous m'en voyez honoré Mademoiselle ! Mais pour l'instant, d'autres que nous doivent combattre... »

Le gong retentit.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Ven 3 Jan 2014 - 23:05

_ Maintenant si vous le permettez, observons cette blessure de plus près.

Amy n’aimait pas mais alors pas du tout ce Vampyr et elle n’avait pas non plus l’intention de le laisser à sa camarade impunément. Elle se dressa donc vivement entre l’homme et la blessée avant d’ajouter :
_ Désolée, mais il est hors de question que je vous laisse la toucher. Je vais m’en occupez, alors vous attendrez bien gentiment à l’extérieur. Dimna à quand même un minimum de fierté.
La tueuse le scruta de ses yeux maintenant devenus ocres et s’attendait de sa part à une quelconque réticence, mais au lieu de ça, l’homme lui sourit de nouveau.
_ Je comprends. Cette situation est délicate. Je m’en remets donc à vous pour le moment. Mais je ne sortirais pas, car croyez-le ou non, je n’ai aucune confiance en vous. Après un instant silencieux, il se retourna face à la porte avant de s’immobiliser, laissant Amy pantoise un instant.
_ Cela tombe très bien parce que moi non plus.  
Elle pesta et tenta d’ignorer cet horripilant individu, avant de reprendre ce qu’elle était sur le point de commencer.

En vaillant à ce que sa dague en argent ne brule pas malencontreusement Dimna, l’orzaalienne retira délicatement le bandage et examina de plus près sa camarade : du sang, dont une partie avait commencé à coaguler, s’écoulait de la plaie recousue à la va-vite par le médecin.
Amy ne pût s’empêcher de laisser échapper un léger soupire, en se disant avec soulagement, qu’elle n’aurait jamais à avoir affaire à un soigneur pareil. Thaddeus en aurait hurlé de colère en voyant ce carnage.

La blessure était profonde et il était difficile d’en deviner la régularité. En se transformant, Dimna avait sans aucun doute élargie la plaie et empiré son état. Il était cependant heureux de savoir que les loups garous possèdaient des organismes qui se régénèrent facilement et qui permettaient aux blessures superficielles de guérir plus vite. C’est que qui aurait dû se passer pour celle-ci mais étrangement, Amy constata que c’était loin d’être le cas.
_ Cette entaille ne guérit pas normalement. Dimna devrait déjà commencer à se rétablir. Affirma-t-elle en parlant toute seule.
_ Rien qu'à voir la blessure, il ne s’agit certainement pas d’un accident. Déclara l'homme par-dessus l’épaule de la tueuse qui ne l’avait même pas entendu approcher. A ces paroles, la concerné sentit le souffle tiède du Vampyr venant désagréablement chatouiller son oreille. Elle se redressa d’un coup, au bord de la crise de nerf.
_ Je vous ai demandez de me laisser faire !
Le sourire mesquin de l’homme ne fît qu’accroitre sa colère.
_ Si je devais vous laissez faire, nous traînerions davantage en longueur et la patience de sa majesté à des limites infranchissables. Je ne pourrais me permettre de la faire attendre plus de quelques heures, et vous ne semblez pas être aussi sur de vous, que vous ne parez l’être.
Amy n’en croyait pas ses oreilles. Ce type était clairement en train de la rabaisser et de mettre en doute ses capacités.
« ….mais il se va prendre des baffes celui-là ! »
La jeune femme, furieuse, vexée et en essayant tant bien que mal de ce contenir, fit un grand pas en direction de l’homme afin de se mettre à sa hauteur. Elle prit une grande inspiration et lui répondit avec la plus grande froideur :
_ La blessure de Dimna n’est pas un accident, elle a été provoquée par une lame, pas plus grande qu’une dague ou un couteau. Il y a de légère traces de brûlures au centre de la plaie et il y a impossibilité de guérison rapide, donc la lame utilisé était en argent : métal mortel pour les loups garous. De plus, je n’ai pu constater aucunes marques de morsures aux différents endroits probables où un Vampyr aurait pût la mordre, je pense au cou, au bras, aux mains et à l’aine. Même en étant un loup garou, un renégat ne l’aurait pas blessée : il l’aurait déchiqueter. Il ne reste donc qu’une seule option : la personne qui a attenté à la vie de Dimna est un Vampyr de cette citadelle. Impossible pour un Vampyr d’ici de mordre quelqu’un. Part contre la blesser à l’arme blanche est chose aisé. En plus, un habitant de cette citadelle avait de bonne raison d’en vouloir à Dimna, le but étant de truquer le combat.  

Il se remit à sourire. Cette fois-ci, c’était un sourire aussi désagréable que s'il avait été interpréter de cette manière : « Eh bien alors ! Tu vois que tu peux y mettre du tient quand tu veux, l’humaine ! ».

_ Votre analyse est bonne dans sa quasi-totalité, cependant vous vous méprenez sur un point.
Il fixa la dague argentée que tenait Amy de ses yeux noirs profonds avant d’ajouter :
_ Il y a d’autres options à envisager...mais en attendant, nous devrions jetez un œil dans la salle où votre amie s’est préparée avant son duel. Nous pourrions y trouver d'éventuels indices.

C'était clair désormais, Amy ne pouvait pas voir cet individus en peinture et il le savait au point de faire une source de divertissement. La colère de la tueuse n'en fût qu'accrue et c'est après avoir nettoyé et rebandé la plaie de Dimna en minaudant comme jamais, qu'elle et le Vampyr quittèrent le vestiaire Orzaalien.  

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Dim 5 Jan 2014 - 18:33

Le Noir observa la pièce d'un œil critique. Dimna avait laissé sur les murs de longues traces de griffures, la tapisserie pendait en lambeaux par endroit. La glace de la coiffeuse était répandue sur le sol en nombreux éclats aussi étincelants qu'acérés. Le Noir se pencha au dessus des débris miroitants lui renvoyant son image en lignes brisées et saisit avec soin tous ceux qui étaient tâchés de son sang avant de les glisser dans ses poches. Il se redressa, lissa ses cheveux noirs et saisit le plateau avec la carafe et le verre.

Quand il sortit de la pièce, il entendit le présentateur clamer le nom de Thaddeus Dreadstone. Le Noir se rendit aux cuisines, l'expression à la fois humble et impassible des domestiques du palais plaquée sur son visage. Il vida soigneusement la carafe avant de confier le plateau à une jeune servante à qui il recommanda d'un air impérieux d'aller laver tout cela, ce qu'elle s'empressa de faire. En passant, il jeta les morceaux du miroir dans le vide-ordure, et ceux-ci disparurent avec tous les déchets des cuisines. Satisfait, il quitta les lieux pour se rendre dans les appartements des domestiques. Il avait donné sa démission le matin même et devait prendre le large dans la soirée. Il fit soigneusement sa valise qui ne contenait pas grand-chose en somme, fit ses adieux en bonnes et dues formes aux principaux domestiques et s'en alla, tranquille. Imprenable.

Lorsqu'Amy et son insupportable compagnon Vampyr entrèrent dans la pièce où Dimna s'était préparée, Le Noir était déjà loin.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Jeu 9 Jan 2014 - 20:05

_ Il semblerait que nous ayons trouvé ce que nous cherchions.

Effectivement, voilà un fait qu'Amy ne pouvait pas réfuter. La pièce qu'ils venaient de découvrir était littéralement saccagée. Des traces de lutte déchiraient la tapisserie des murs. Des débris de verres tranchants, gisaient, éparpillés sur le sol et miroitaient la lumière venant de l'unique lucarne de la salle.
La tueuse rentra dans la petite pièce, pensive, montrant des signes de frustration sans même s'en rendre compte.
« Dimna... Pourquoi tu n'es pas venue nous prévenir ? Tu as fait comme si rien ne s'était passé. Était-ce simplement pour garder ta fierté de princesse intacte ? C'est stupide ! »

Le Vampyr la suivait de près, pivotant la tête de droite à gauche pour observer le massacre du mobilier. Il sortit Amy de sa rêverie, non pas par une réplique insupportable de son cru, mais plutôt par son attitude. Il huma l'air en prenant de grandes inspirations répétées, comme pour essayer de sentir et de ressentir les évènements passés lui-même. La jeune femme voulut lui demander qu'elles fussent ses intentions, mais celui-ci avait lu dans ses pensées et la prit de court.

_ Ce n'est pas très net, mais du sang a été versé dans cette pièce.
Amy n'en revint pas. Cet homme pouvait sentir le sang...Mais alors ça voulait dire que c'était un...
_ Vous.... Maudissait-elle entre ses dents. Vous êtes une de ces pourritures de renégats ! Hurla-t-elle en saisissant le col de sa chemise, dégainant sa dague, prête à le trancher vif. Il afficha un air grave sous le coup de sa poigne brutale ne prit même pas la peine de se défendre. Il se contenta uniquement de la faire lâcher d'un revers de la main.
_ Allons ne soyez pas ridicule. Les Vampyrs ont la particularité de détecter du sang et de les différencier. C'est un attribut propre à notre espèce, renégat ou non. Vous devriez le savoir en tant qu'être humain, puisque que vous nous servez de repas depuis des siècles. Même si désormais cette époque est révolue pour la quasi-totalité d'entre nous.
Amy tenta de se calmer avec grand mal. Cet homme la prenait pour une imbécile. Un être inférieur doué d'une intelligence à peine aussi grande qu'un Nartz. Elle le lâcha cependant, se rappelant des paroles d'Ergaïl : « Ne fais rien de répréhensible ». Si la jeune femme ne suivait pas cet ordre à la lettre, elle ne donnerait pas chère de sa peau.
Le Vampyr se contenta d'ignorer le regard noir de la tueuse et de s'approcher des fragments de miroir brisé.
_ Il y a deux odeurs distinctes mais celle de votre camarade est plus importante, ce qui est logique vue la blessure qu'on lui a infligé. Commença-t-il sur le même ton glacé. Il y avait cependant quelqu'un d'autre ici... Et il a saigné en petite quantité.

C'est étrange, Amy avait beau observer la salle en long, en large et en travers, elle ne voyait pas de trace de sang dans la pièce.
_ La salle aurait été nettoyée ? Cela n'a rien d'étonnant. J'en aurais fait autant, si j'avais été la coupable.
_ Vraiment ?
L'homme se mit à la dévisager bizarrement, si bien qu'Amy se sentît tout à coup mal à l'aise. Elle détourna le regard à son tour et aperçut une grande marre liquide transparente, s'écouler entre les dalles de parquet.
Elle s'approcha, s'agenouilla près de la flaque, avant d'y tremper le bout de ses doigts.
« C'est... De l'eau ? Qu'est-ce que ça fait là ? »
Puis elle le porta finalement à ses lèvres, mais dès le premier contact, la tueuse eu un recul instinctif. Non pas à cause de ce qu'elle avait découvert, mais plutôt à cause de la mauvaise manie qu'avait le Vampyr de glisser sa tête par-dessus son épaule sans prévenir.
_ V-Vous allez arrêter de m'emmerder à la fin !
_ Qu'elle grossièreté de la part d'une femme. Vos parents ne vous ont donc jamais appris la politesse et le respect ? Ils ne devaient pas être de bons pédagogues et j'en suis navré pour vous.

Ce fut la réflexion désagréable de trop.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Sam 25 Jan 2014 - 23:12

J'avançai d'un pas lent vers l'arène. Mon nom est Ambre Hycleaf, fille d'Elmensië Tyralen et Dornan Hycleaf, je n'avais que dix-sept ans et vous me direz que c'est bien jeune pour lutter dans l'arène implacable des Vampyrs. Pour tout vous dire, je ne le faisais pas par plaisir mais simplement car cela pourrait me permettre de résoudre beaucoup de problèmes, en plus de pouvoir aider Ergaïl. C'est lui qui m'a appris à me maîtriser, à ne pas laisser la rage m'aveugler et je pense que personne d'autre n'aurait pu le faire, tout simplement parce qu'il est comme moi. Avez-vous déjà vu le Duc en colère ? Pas simplement énervé, mais fou de rage. Lorsqu'il m'a pris sous son aile, j'étais une petite fille, magiquement surpuissante disait-il mais émotionnellement instable. Moi je ne le croyais pas, j'étais simplement une enfant dont destin, cruel, avait privé des parents. Je n'ai été que tristesse et rage pendant des années et je pensais que personne ne me comprenait. Mes sautes d'humeur causaient destruction et désolation et le « Duc » comme on l'appelle était le seul à réussir à les contenir. Et puis, un jour, ce fut à mon tour de l'arrêter dans sa rage, ses envies de morts et de vengeance. Ce jour-là, je sus qu'il était comme moi.
Il ne fut ni un père ni un mentor, il se jugeait incapable de tout ça. Il fut simplement attentif, toujours à l'écoute les rares fois où je voulais parler, toujours inquiet pour mon bonheur. On ne peut pas dire que je sois la joie de vivre incarnée, j'aime la solitude et pour être honnête je broie souvent du noir. Restez dans mon coin est devenu une seconde nature et souvent il s'en inquiétait, tout comme Litha la forgeronne. Je suis froide et taciturne, malheureusement je savais qu'aujourd'hui, cette façade de glace céderait. Mais l'heure n'était plus aux tergiversations, je devais affronter un Vampyrs et je savais que ce combat serait dur aussi bien physiquement que mentalement.
Je ne fus pas déçue.




Quand le gong résonna, une nouvelle arène se matérialisa.
Un frisson parcourut mon échine, devant moi le théâtre de l'affrontement apparut et il était effrayant : C'était une réplique des légendaires Crocs de Verre de l'Île glaciale Simatra. Celle que l'on surnommait l'île de « tous les dangers » . Tant de marins y mouraient chaque année qu'on l'appelait aussi chez les corsaires « la faiseuse de veuve ». Imaginez un lieu où la lave et les vents volcaniques auraient lutté pour former des piliers de cristal. Puis avec le temps, le froid se serait installé, le vent serait devenu glacial. Alors, le verre aurait été sculpté en aiguilles recourbées et acérées, lisses de toute aspérité, comme la lame d'une épée puis la glace serait venue égailler tout cela en fleurissant sous forme de dards supplémentaires. Malgré le fait que bientôt du sang givrerait sur ces glaces, je ne pus que m'émerveiller du talent des deux souverains.
Tout était magnifique de pureté : blanc, bleu et transparent. Heureusement, que les rois Graer et Ajannils n'avaient pas reproduit le blizzard qui d'après les livres sévissait dans ce lieu en réalité. Cependant, une nappe de brouillard surnaturelle couvrait le sol sur une cinquantaine de centimètres, voletant paisiblement. Je commençai à m'approcher, de l'autre coté je voyais indistinctement un vampyr d'une stature impressionnante s'avancer.


Je vis sur son balcon la Reine reine approcher de la balustrade. C'était un soulagement, je pensais qu'elle allait défendre sa citadelle elle-même. Ce qui aurait réduit mes chances de victoire à zéro. Soë me regarda d'un air désolé avant de proclamer :
« Aujourd'hui, en l'an 1302 le 20 Belsiarde, Delsadar Tyralen utilise sa faveur pour interférer et se battre à ma place contre Ambre Tyralen »
Les tribunes en furent stupéfaites.
« Mon dieu mais c'est ... commença Ergaïl
-L'ancien roi » compléta Dimna d'un air sombre.
Le Duc se leva et hurla à l'intention de la Reine :
« VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT !! »
Tandis qu'elle le regardait d'un air impuissant il se tourna vers moi en me suppliant :
« Tu ne dois pas y aller, il va te tuer ! C'est lui qui a ... c'est celui qui ...
-A tué ma sœur et mon père » répondis-je dans un souffle.
Puis je regardai Ergaïl droit dans les yeux et sourit.
« Ne t'inquiète pas, je vais m'en sortir. Il n'est pas aussi fort que maman. »
Et sur ces mots simples, je commençai à avancer en soulevant des chapes de brume.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Dim 2 Fév 2014 - 14:37

Amy respira à fond même si elle savait très bien que ça n'allait pas apaiser son envie de carnage.
« Ne fais rien de répréhensible Amy, calme toi... Calme-toi... »
Rien à faire. Ce Vampyr avait touché un point sensible et se persuader de ne pas lui écraser la tête contre le mur le plus proche était irrésistible. Le silence se fit lourd de sens et la tension qui s'installait était désormais palpable.
_ Je n'ai pas de temps à perdre avec une roturière qui ne pèse pas ses paroles devant un homme. Reprit-il finalement en se dirigeant vers la porte. Notre brève collaboration s'achève ici et estimez-vous heureuse de rester en vie après un tel affront à ma personne.

Le sang de la tueuse bouillonnait de rage. Cette fois-ci, les messes basses et le contrôle sur soi-même ne marchaient pas : ces nerfs lâchaient. Elle se retourna vers la flaque d'eau, avant d'ajouter :
_ Vous avez raison. Notre collaboration s'arrête là. De toute façon, la simple idée de parler avec un fils de cocu, une minute de plus, me répugne.
Elle eut à peine eu le temps de se retourner qu'elle se fit plaquer contre le mur le plus proche. Sa tête percuta la pierre avec violence. Elle dégaina son arme, mais fut stoppée par la main libre de son assaillant.
_ Je vous demande, pardon mais il me semble ne pas avoir bien compris le sens de vos paroles. Pourriez-vous répéter je vous prie ?
La poigne du Vampyr était impressionnante, il soulevait Amy avec une telle facilité que s'en était presque intimidant. Le plus déconcertant, c'est qu'il continuait de garder une expression de marbre. La tueuse ne pouvait refuser l'invitation.
_ Vous avez sans doute les oreilles bouchées, alors je vous le répète plus clairement : je refuse de travailler avec un enfant de père trompé par sa femme. Vous parliez de mes parents, occupons-nous d'abord des vôtres. Les Vampyrs ne possèdent pas la médaille concernant le partage des sexes. Tout le continent sait très bien qu'il y a un surnombre d'homme par rapport à une minorité de femmes ici. Alors vous n'allez pas me faire croire que votre mère n'ait pas copulé à droite et à gauche avec d'autres Vampyr que votre paternel. Si tout de fois, vous êtes un Vampyr pure souche.

C'était désormais officiel, Amy n'était plus la bienvenue chez ce peuple nordique. Cela tombait très bien de toute manière, car elle ne pouvait pas encadrer ces barbares avec leurs chevilles aussi grosses que des tonneaux de Syriplis et leurs irrécupérables complexes de supériorité.

_ Je reconnais que vous avez un certain cran, mais je pense que vous ne connaissez pas les sentences qu'encours les individus qui tiennent de tels propos à un membre de la cour de sa Majesté... Mlle Wicardomma, c'est bien ça ?
_ Et moi je peux vous assurer que vous me connaissez mal. Je ne suis pas le genre de personne qui se laisse insulter sans rien dire...Mr ?
_ Et moi je peux vous assurer que vous me connaissez mal.
_ Pour une roturière telle que vous, "Seigneur Jystin" fera l'affaire, mais ne considérez pas que le simple fait que connaitre mon nom nous rapproche. Vous avez insulté à vous seule, l'intégralité de mon peuple, ainsi que ses préceptes. Ne pensez pas que je m'en tiendrai à de simples excuses.
_ Comme si j'avais envie de faire ami-ami avec un Vampyr imbu de lui-même. Et ce n'est pas comme si j'avais des remords et encore moins l'envie de faire des excuses.
_ L'heure n'est plus aux palabres. Nous réglerons cette histoire plus tard.

Considérant la conversation définitivement terminée, la tueuse retourna à ses priorités et désigna le liquide transparent sur le planché.
_ Je vais retourner voir Thaddeus, s'il n'est pas mort, il pourra peut-être me dire avec plus de précision ce que c'est que ça. Vous n'auriez pas un morceau de tissus propre à tout hasard ?
_ Parce que vous n'avez pas la moindre idée de ce que c'est ? Vous êtes plus inutile que je ne me l'imaginais.
Rétorqua Jystin en sortant de sa poche un morceau de tissus blanc qu'il secoua avant de lui donner.
_ Parce que vous savez mieux que moi peut-être ?

Sans remerciements, la tueuse s'en saisit et l'imbiba de liquide, puis elle quitta la pièce pour rejoindre les Orzaaliens, avec le Vampyr sur ses talons.

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Vous n’êtes qu’une fillette en prière. C’est pathétique ! Vous mentez et tuez, au service de menteurs et de tueurs. Vous prétendez être différente, obéir à votre propre code, dans le but de racheter ces horreurs…mais elles font parties de vous. Elles ne disparaîtront jamais...


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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Sam 15 Fév 2014 - 12:30

Je voyais Ergaïl serrer les dents avant qu'il ne hurle à l'encontre de mon adversaire :
"Vous n'êtes qu'un vieux débris Delsadar ! Vous avez toujours été incompétent pour comprendre les véritables besoins de votre peuple. Heureusement que vos filles vous ont enterré , allez donc pourrir dans un coin. Êtes-vous à ce point misérable que vous allez tuer votre descendante directe en représailles ?!!"
Soe sursauta, c'était peut-être la pire injure que l'on puisse faire chez les vampyrs, après traiter une femme de traînée bien sûr. L'âge étant signe pour eux de force et nom de décrépitude. Je ne savais pas si Ergaïl tentait d'insulté mon grand-père pour le provoquer et ainsi m'éviter ce duel, mais le visage fermé de Lucyll m'indiqua que c'était une tentative vaine.
Alors je pris une grande goulée d'air, contrairement à ce que j'essayais de montrer j'étais loin d'être sûr de moi. Pourtant je n'imposais la plus grande froideur, si mes sentiments prenaient le dessus, je ne m'en sortirais jamais. Je vérifiai rapidement une énième fois que mon équipement était parfaitement prêt. Depuis qu'il avait découvert mon pouvoir, Ergaïl n'avait eu cesse de m'aider à le développer pour que je le contrôle mieux et qu'il ne me submerge pas. A cet effet, il avait baptisé chacune de mes « armures », plutôt devrais-je dire mes tenues. Nous nous étions rendu compte que cela m'aidait beaucoup pour les invoquer et à puiser dans leur pouvoir pour améliorer mes capacités physiques.


Inspiration, Expiration.
Celle que je portais, il l'avait nommée « L'armure de la Reine des Assassins », très grandiloquent et prétentieux. Mais il est vrai que cette tenue me permettait de convertir ma magie en aptitudes physiques : l'agilité, la rapidité et la précision. Revers de la médaille elle diminuait ma résistance aux coups et ma force. Mais j'avais remarqué que dans les duels précédents, c'était surtout la rapidité et la pression que faisaient subir les vampyrs à leur adversaire qui leur offraient la victoire. Je comptais sur mon armure pour surpasser mon grand-père en vitesse. Comme disais Amy : « Quel que soit la force d'une attaque, elle est inutile si elle ne touche pas sa cible ». S'il n'arrivait pas à me saisir, je gagnerais.
Inspiration longue.
Alors qu'il commençais à s'approcher, je me campai fixement et ferma les yeux, son image imprimée sur ma rétine. Celle d'un Vampyr fortement charpenté, les épaules larges, la mâchoire carrée crispée en un rictus cruel et un anneau simple d'argent comme couronne pour rappeler à tous qu'il était l'ancien monarque de cette citadelle. Une tenue de cuir brut sur lui pour toute armure. Ses cheveux brun coupés sobrement en brosse commençaient à peine à blanchir. Il était vrai que dans la citadelle seul le conseillé portait les traces de l'âge : des cheveux poivre-sel.
Expiration.
Un nuage de vapeurs s'échappa.
J'entendis le son pur d'un sabre parfait sortant de son fourreau. Et puis les crissements réguliers de ses pas sur les cristaux de glace. J'attendais, parfaitement silencieuse. Toutes mes chances étaient dans l'effet de surprise.


Inspiration.
Il était à deux mètres quand j'ouvris les yeux de nouveau. Son arme en l'air, amorçant une parabole parfaite. Soudain, aussi vive que sa lame, je me glissai sous son bras dans un mouvement fluide pour me retrouver dans son dos et y placer trois uppercuts fulgurants avant de me remettre en garde de nouveau, quelques pas plus loin.
Alors, il se retourna lentement, imperturbable. Mes coups n'avaient eu aucun effet ! Qu'était-il pour résister à mes coups sans véritable armure ?!
"Tu appelles ça frapper peut-être ?"
Dit-il d'un ton nonchalant. Il avança d'un pas pour revenir à la charge, cette fois-ci je ne bénéficierais pas de l'effet de surprise. D'un mouvement vif, je dégainai deux couteaux longs, pour esquiver de nouveau. Après un habile jeu de jambes, une rotation du bassin et une cambrure subtile du bas du dos, je me plaçais de nouveau dans son dos. Alors que j'allais le poignarder cruellement au niveau des côtes, sans même se retourner, il me balança son propre couteau de la main gauche, m'obligeant à m'éloigner.
J'envoyais successivement trois lames de lancer à mon tour qu'il évita sans soucis.
"Hé bien fillette, il paraît que tu as de mon sang dans tes veines, pourtant je ne le vois pas. Mes filles m'ont suppliées une deuxième fois de t'épargner, pourtant tu es une injure à ma lignée, une bâtarde ! Tu étais déjà indigne de ma miséricorde la première fois et tu oses revenir ici ?! Je vais mettre fin à tes jours ici et maintenant !!"


Soudain, il s'élança dans ma direction. A nouveau je lançais une salve de couteaux. Pourtant, c'est comme si ces derniers l'évitèrent. Alors qu'il arrivait à mon niveau, lame au poing, je me préparai à frapper. Son sabre traça une fine estafilade le long de ma gorge, tandis que j'esquivais de justesse pour me glisser le long de son autre bras pour le saisir. D'une violente et brusque torsion, je lui retournais le poignet.
Enfin, c'est ce que je croyais faire. Alors que je commençais à lui tordre le bras, il saisit ma main et me balança. Tout cela se passa très vite et je me retrouvais projetée dans la glace.
Une chance, ma tenue me protégea des pointes acérées de glace et de verre. Les débris gisaient autour de moi et malgré les coupures gelées dont j'avais écopées au niveau des mains je serrai mes couteaux à m'en faire blanchir les phalanges. Il était plus fort que prévu. Pas plus rapide, ni plus agile, il semblait prévoir mes mouvements à l'avance. Et ma vivacité semblait veine devant sa résistance. Alors, je misai sur la technique opposée :
"Faites venir à moi l'armure du Ragnarök !!"
Une armure de fonte noire vint remplacer la précédente. Une armure toute de pics qui m'octroyaient une force monumentale et une bonne parade. Une épée monstrueusement lourde, le fendoir du purgatoire pour bouclier et hachoir dentelé.
Cette fois, c'est moi qui fonça vers lui. Je le sentais prêt à esquiver mon attaque à l'épée. Ce qui n'était pas bien difficile vu qu'elle était faite simplement pour obtenir une lourde force de frappe, un véritable boulet de destruction.




Je ne lui laissa pas ce plaisir. Une fois arrivée à son niveau je balançai mon pied vers sa jugulaire. Ce qui, vu mes bottes ferrés, l'obligea à esquiver. Alors qu'il se plaçait sur le côté, contre un pilier de verre. Je ripostai avec mon énorme fendoir.
Malheureusement je fût trop lente. Ce fut le pilier qui explosa en tout sens et non lui.
Lui, passa avec son sabre sur mon flanc droit.
Il était quelques mètres plus loin quand je m'effondrai dans le tapis de brume au sol. Un liquide chaud et poisseux coulait jusqu'à mon bas ventre : du sang. Rapidement et palpais la blessure. Ce qui me tira une grimace, de douleur et détresse. C'était une blessure profonde, très profonde. La lame était passée à un cheveu de mon estomac. Ma vue se voilait, pourtant je me remit debout en manquant de trébucher. La douleur était insoutenable. Mes forces s'amenuisait rapidement.
Delsadar était top fort pour moi. Et moi trop jeune pour mourir. Deux informations totalement contradictoires car il ne semblait rien vouloir plus au monde que de me tuer.
"C'est pitoyable ! Tu pourrais au moins faire preuve de force avant de mourir ! A moins que tu ne vailles pas mieux que ton chien de père ?!
Je ne lui répondit pas tout de suite.
-C'est pour ça qu'elle vous a destituée, n'est-ce pas ? Parce qu'elle n'a pas réussi à supporter ce que vous avez fait à moi, ma soeur et mon père. Parce qu'elle vous en voulait d'infliger ça à sa soeur , que vous ne vous êtes jamais comporté comme un père rigolais-je amèrement."
Ma rage était sans borne pour cet homme qui était l'auteur de tous mes maux. La douleur me fit cracher un peu de sang, déjà vacillante je m'appuyais sur le pilier de verre qui s'inhibait lentement de carmin. Je me laissais tomber au sol, incapable de tenir plus longtemps.
"Tu n'as plus que la parole, serais-tu déjà vaincue ? Tu es comme ta mère, qu'une pleurnicheuse !"
Si seulement je pouvais réduire au silence cette ordure. Pourtant, je ne pus que m'effondrer sans plus me débattre et crier ma rage.
"Vous êtes un misérable, on se souviendra de vous comme le souverain qui mena sa famille et la Citadelle à la Ruine. On m'a tout raconté sur vous, je sais ce que vous êtes et ce que vous avez fait. Pire qu'un tyran disait-il !! Je vous méprise ! C'est vous la véritable honte de cette famille ! Peut-être devriez vous un peu apprendre à pleurer."

Étalée sur le ventre je ne pouvais même plus me relever. Je le regardais s'approcher impuissante. Le froid s'insinuait en moi. Mes cheveux glissait en rideau devant mes yeux. Pourtant, c'était insuffisant, je pouvais encore voir Delsadar s'approcher pour me tuer. L'adversité du monde me parut cruelle.


Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Dim 16 Fév 2014 - 21:26

La joute qui s’est engagée n’est pas qu’un simple duel permettant de départager deux camps : c’est une vengeance, les yeux dans les yeux, lame au poing, la hargne aux lèvres. L’arène entière en est consciente, et pourtant, personne ne tente la moindre chose pour arrêter l’inexorable. Le monde ne me semble jamais aussi faible et aussi obtus qu’à ce moment précis. Chaque acteur de la situation est lamentable : la Reine Soë regardant, impuissante, son père pénétrer dans la place, entravée par ses propres lois, dogmatiques, comme inébranlables, oubliant qu’elles ont été créées par son peuple pour servir et non pour subir ; Ergaïl laissant partir Ambre tout en sachant le danger que cet adversaire implique, n’osant pas violer les absurdes codes de la bienséance politique en s’opposant fermement au combat pour ne pas compromettre les chances de son duché ; Ambre et son insupportable sens du devoir, son orgueil, descendant les gradins sans la moindre once de raison, pensant pouvoir mettre fin à ses tourments en affrontant la cause de ses malheurs une arme à la main plutôt que d’enfin faire la paix avec elle-même, acceptant la dureté son passé pour pouvoir avancer ; moi-même, observant tout cela sans en faire davantage, bouillant sur place.

Lorsque les duellistes entament l’échange, il est évident qu’Ambre n’aura jamais le dessus. La tirade de Duc est restée sans effet. Le contraire aurait été impossible : le regard du Vampyr est cloué sur la jeune fille. Les mouvements s’enchainent, ponctués par les moqueries de Delsadar. Ses provocations haineuses ne laissent aucun doute sur ses intentions : le grand-père est venu tuer sa petite fille. Un murmure parcourt la foule quand le sabre du doyen entaille profondément l’abdomen de la combattante. Les réponses d’Ambre, pleines de rancœur, font monter la tension. Mais elle est à présent incapable de se défendre. Elle ne peut que regarder l’incarnation de sa mort venir à elle à pas lents, un sourire malveillant plein de cruauté étirant ses lèvres minces.

Une dizaine de mètres les séparent.

Vont-ils attendre le dernier moment ?
Vont-ils arrêter leur pair à la dernière seconde ?



... Vont-ils seulement l’arrêter ?



Une vague de colère s’empare de moi quand je me rends compte que, oui, tant que le sabre de Delsadar ne s’abattra pas sur Ambre, personne ne s’interposera, au risque d’intervenir trop tard. Mon amie est à la merci d’un monstre protégé par ce que l’on désigne comme garant d’un peuple civilisé : la loi. Ma frustration rageuse contre les conventions stupides des Vampyrs altiers et ces règles non-moins ridicules qui régissent les débats politiques, me fait trembler. La colère et la peur balaient mes scrupules. Je cesse de réfléchir. Avant que quiconque ait pu m’arrêter, brisant les convenances, je me lève brusquement, faisant sursauter l'Orzaalien tendu à mes côtés, fais glisser de mon poignet l’arc d’Alzar, murmure deux mots assassins et lâche la corde qui libère son trait meurtrier. La flèche traverse l’espace, brillant d’un feu verdâtre malsain, j’ai l’impression que le monde a ralenti pour me laisser admirer sa trajectoire parfaite, fusant vers la poitrine de ma cible. Le temps reprend brutalement son cours quand le projectile transperce le torse du Vampyr qui est projeté à plusieurs mètres d’Ambre. Des liens jaillissent de la tige scintillante et enserrent l’ancien monarque dans une sorte de toile arachnéenne, l’immobilisant sur le sol.

Un silence de plomb tombe sur l’arène. Je prends conscience de l’ampleur de mon geste. Et des conséquences que cela implique. Je m’en fous. Je viens de sauver la vie d’une jeune fille de dix-sept ans. Il n’y a que cela qui compte. Le reste n’est que détail.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Mer 5 Mar 2014 - 2:33

Lyubov bondit comme un démon hors de sa boîte. Comment osait-elle, cette Orzalienne, cette humaine, cette lâche ?! Interrompre un duel ! C'était de la triche, une véritable trahison!

Elle s'apprêtait à bondir sur la fautive, mais une poigne de fer retint son bras. Son homologue humain.

« Traîtres ! Laisse moi aller la corriger, ou il t'en cuira !! cracha-t elle à la face du professeur.

-Inutile, très chère, répondit celui-ci. D'autres que vous, et en bien meilleure forme, s'en chargeront...

Son visage sombre et son ton monotone intriguèrent la vampire. Il était calme, mais tendu comme une corde d'arc. Doucement, sans relâcher sa prise, il désigna la place à son côté. Lyubov consentit à s'asseoir.

-Je vous dirais bien de rester là admirer le spectacle, mais j'ai peur qu'il ne soit suspendu jusqu'à nouvel ordre ! plaisanta Thaddeus, sans réelle joie dans la voix, tout en se rhabillant.

-Où allez vous ? questionna son vis-a-vis.

Thaddeus soupira.

-Régler un conflit politique. Encore. J'en ai assez des intrigues...

Lyubov ne comprenait pas. Le professeur semblait détaché, sans émotions, hormis peut-être de l'agacement.

-La fille dans l'arène, cette Ambre... Vous ne l'aimez pas ? demanda-t-elle de but en blanc.

-Pfff ! se contenta de répondre Thaddeus en finissant d'enfiler son manteau. Ça n'a rien à voir !

-Alors pourquoi vous n'avez pas bougé d'un pouce pendant qu'elle se faisait massacrer ? Pourquoi vous n'avez pas couru la sauver ? Il semble que c'est ce que vous les humains avez l'habitude de f...

Thaddeus venait de se tourner vers Lyubov. Son visage était parfaitement calme et serein, mais son regard était froid, empli d'une colère sourde. Il parla sur un ton posé et lent, mais qui n'attendait aucune réponse.

-Ambre, comme chacune des personnes qui ont combattu aujourd'hui, y compris Lucyll, est rentrée dans cette arène en sachant pertinemment ce qu'elle mettait en jeu. Sa vie. Tué ou être tué, n'est ce pas la règle de vos duels ? Si tous les participants de cette joute mesquine et sournoise sont encore en vie maintenant, ce n'est que providence. Si Ambre devait mourir dans ce combat, alors cela devait être ainsi. Elle serait morte en toute connaissance de cause. Alors oui, je suis resté sans rien faire. Mais il faudrait être d'une inconséquence sans limites, d'une naïveté sans bornes, pour penser que c'est une bonne idée de mettre hors service l'un des combattants lors d'un duel officiel.

Son regard se porta vers l'arène.

-C'est une bonne chose qu'elle s'en soit tiré, dit il. Mais une mauvaise que ce soit grâce à Lucyll...

Lyubov resta silencieuse. Il venait de lui arriver la même chose que dans l'arène. Les yeux de cet homme l'avaient pétrifié... Il se retourna vers elle. L'animosité avait disparu de son regard.

-ENFIN BREF ! MES amis risquent d'avoir des ennuis parce que VOS amis ne manqueront pas de leur reprocher vivement ce qui vient de se passer !

La vampire sourit. Elle commençait à aimer ce drôle de personnage.

-Vu comme ça, dit elle, je crois que je ne peux rien te reprocher. Allez, va, humain ! Et bonne fortune à toi !
Thaddeus exécuta une courbette et saisit les doigts de la jeune femme.

-Au plaisir de vous revoir, Mademoiselle... dit-il.

Et il lui fit un délicat baisemain. Après quoi, il se retourna, mit son chapeau, et s'en fut droit vers la tribune humaine. Lyubov le regarda partir, sous les huées d'une foule de Vampyrs.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Ven 7 Mar 2014 - 11:52

Moi Ergaïl d'Orzaal, j'ai été habitué et formé à prévoir l'imprévisible. À être politiquement impitoyable. J'ai hanté nombre de champs de batailles et été à l'origine d'autant de carnages. Pourtant, alors que je pensais bien connaître Lucyll je fus tellement surpris par son geste que je me contentais de sursauter. Tellement éberlué que je ne songeais pas un instant à l'en empêcher.


La flèche fila devant l'incompréhension total des Vampyrs qui n'arrivaient pas à expliquer ce geste. Ce n'était simplement pas dans leurs moeurs d'agir ainsi. C'était inenvisageable. Quand la flèche toucha sa cible dans un bruit mat, personne ne se demanda si Delsadar survivrait. Pour moi, c'était un soulagement qu'elle sauve Ambre, mais ce qui importait à chacun, c'était l'attitude qu'il devait adopter vis-à-vis de la situation. Ce triste jeu politique m'énerva cette fois, j'avais déjà laissé la jeune femme jouer avec sa vie pour de semblable raison et s'en était assez.


On hurlait « Traîtres ! », « Tricheuse » à l'encontre de l'archère encore debout au balcon des Orzaaliens. Elle tenait tête silencieusement, car elle avait fait ce qui était juste et qu'elle pouvait être fière. Nos étions seuls tous les deux et en quelques secondes des dizaines de vampyrs entrèrent dans la pièce et nous encerclèrent.
-Tu as bafoué l'hospitalité de la Reine et notre Honneur ! Scanda l'un d'eux.
-Nous allons le laver dans le sang. Par un duel ! Ici et maintenant !
J'étais encore assis, me contenant de peu et réfléchissant à la manière de nous sortir de ce pétrin.
-C'est la loi de cette Citadelle, seule ta mort pourra réparer l'affront que tu as fait à la ligné royal !
J'observai un instant la Reine qui en faisait de même. Elle était à l'autre bout de l'arène dans la loge royale. Après un échange silencieux nous nous mirent face à nos responsabilités.
-Le premier qui touche ne serait-ce qu'à un de ses cheveux blonds je lui ouvre le ventre des testicules jusqu'à la gorge et je donne ses entrailles à manger aux corbeaux. C'est bien clair ?
Ce fut comme une grande claque pour les Vampyrs qui en restèrent coi de stupeur. Lentement, je me levais de toute ma hauteur pour les dominer en taille. Je me surpris à louer Dimna dans un tel moment, pour ses conseils vestimentaires qui me faisaient gagner trois centimètres salutaires grâce à mes semelles.
-D'après vos lois, un seigneur peut et doit prendre sur soi la faute d'un de ces subordonnés. Toutes personnes voulant laver son honneur dans le sang devra s'en prendre à moi.
Ma voix était aussi chaleureuse que les plaines Valkyrie en Blésiarde et les Vampyrs virèrent au cramoisi. Ma réputation n'était plus à faire dans cette citadelle depuis longtemps. Quelqu'un qui tenait tête en duel à Elmensië était considéré comme un ennemi dangereux qu'il ne fallait pas défier à la légère. Celui qui avait été son élève d'autant plus. D'un ton cinglant je lançais:
-Ôtez-vous de notre chemin, nous allons voir la Reine.
Presque penauds, ils se poussèrent pour laisser le passage libre.

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Ven 7 Mar 2014 - 12:46

_ Hm...à cette heure, le combat suivant a déjà dû commencer et je ne serais pas surpris de voir votre ami découpé en petits morceaux. Vous avez mes condoléances les plus sincères. Rétorqua Jystin tandis qu'Amy et lui empruntaient le dernier couloir menant à l'arène.
La tueuse préféra ne rien répondre, plus soucieuse à l'idée d'avoir d'avantage de précision sur sa découverte, que de rentrer dans le jeu de ce désagréable Vampyr.

La lumière de l'arène fut vive, éblouissante, mais étrangement, l'air s'était rafraîchi. Des huées de protestations englobaient les tribunes du stade, la tension avait monté d'un cran.
« Qu'est-ce qui se passe ici ? »

Fronçant les sourcils en constatant que les escaliers menant à l'estrade orzaalienne ont été pris d'assaut par une foule de vampyr mécontent, Amy lâcha un léger soupir de surprise.
_ Il semblerait que vos camarades ont commis l'irréparable. Déclara Jystin dans son dos, en scrutant l'intérieur du stade. Est-ce là ce que les Orzaaliens savent faire de mieux ? Bafouer par leurs actes, les préceptes et les traditions d'autrui ?

La tueuse s'apprêta à répliquer, mais fût interrompu par la voix grave d'Ergaïl venant du haut des marches.
_ Ôtez-vous de notre chemin, nous allons voir la Reine.
Les Vampyrs s'écartèrent du passage lentement, laissant juste de la place pour découvrir le Duc, dont le visage glacial, ferrait peur à n'importe qui.
« La Reine ?! Mais que se passe-t-il enfin ?! »

Les huées des tribunes Vampyr s'intensifiaient de plus belle : « Tricherie ! Que son sang lave cet affront ! À mort ! »
« Ce n'est quand même pas de moi qu'ils parlent ! Mais alors qui ?! »
Devant son expression traduisant l'incompréhension, Jystin ne pût s'empêcher de lui siffler :
_ A en juger par ce qui se passe au centre de l'arène, l'un de vos archers à certainement interrompu le duel en faveur de votre camp.
_ Quoi ?! Qu'est-ce que vous racontez ?!
Amy observa le stade, puis aperçut Ambre en son centre, face contre terre... Mais où se trouvait son adversaire ? Elle vit un homme à quelques mètres de la jeune guerrière, pieds et poings liés par un filet magique et prenant son point d'ancrage sur une flèche plantée dans sa poitrine. Pas de doute, c'était une flèche de Lucyll.
_ Je ne peux que souhaitez à votre amie de mourir en paix.
« Ce type... »
Amy, ne tenant plus en place, attendit qu'Ergaïl et Lucyll descendent pour les accompagner voir Soé.

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Votre conscience est comme une plaie : le sang y coule à flot. Vous croyez que sauver un homme plus vertueux que vous changera quoi que ce soit ? Ce n’est là que vulgaire sensiblerie !
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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Sam 8 Mar 2014 - 19:45

Les cris de haine et de violence, pleins de sentences de mort et d’appels à l’honneur bafoué ponctuent chacun de mes pas. Des Vampyrs hargneux se pressent autour de nous sans toutefois oser franchir les limites du cercle fictif créé par l’aura de fermeté impressionnante d’Ergaïl. Tout cela me dégoute. La mentalité de ce peuple me dépasse totalement. Est-ce là leur conception de la vie ? Du sang encore et toujours ? Sont-ils si différents de leurs homologues amateurs d’hémoglobine qu’ils rejettent avec véhémence ? J’adresse à peine un regard à la foule vociférant sa colère. La démarche digne, suivant les pas du Duc, je ne desserre pas les lèvres. Quand l’un des Vampyr crache à nos pieds, je lui accorde un coup d’œil hautain et poursuis mon chemin sans m’arrêter. Je m’aperçois à peine du retour d’Amy, silencieuse, puis de Thaddeus. Nous arrivons à la loge de la Reine. Soë conserve un visage de marbre. J’ose à peine imaginer la centaine d’attitudes qu’elle envisage d’adopter face à cette situation embarrassante. La marée aux longues canines continue de gronder à l’extérieur. La Reine parait soudain prendre une décision et congédie les aristocrates ayant l’honneur de siéger à ses côtés. Nous nous retrouvons seuls.

« Il est dommage que vous n’ayez pas visé le cœur Miss Freespirit. Il aurait été préférable pour tout le monde que votre geste eût achevé mon père. »

Cette déclaration, exprimée dans un soupir presque las surprend le petit groupe d’Orzaaliens.

« Vous venez de violer en un trait la quasi-totalité de nos préceptes : intervenir dans un duel est une des fautes les plus impardonnables dans notre code de l’honneur. Le duelliste que vous avez attaqué peut vous provoquer pour laver cet affront, celui que vous avez sauvé peut considérer que vous l’avez déshonoré et vous provoquer également. Et enfin, le duel étant officiel, mon peuple considère que vous l’insultez et n’importe lequel des Vampyrs qui attendent à l’extérieur de cette loge peut également demander réparation. »

Ergaïl fait un pas en avant : « J’ai déjà annoncé que je prenais la faute de Lucyll pour…
- Je t’interdis de faire ça, Ergaïl.
»

Ce sont les premiers mots que je prononce. Et avant que le Duc ne puisse protester j’ajoute en le fixant droit dans les yeux : « J’assume l’entière responsabilité de mes actes. Et s’il te vient à l’idée d’imposer ton choix par la force, alors j’annulerai ce droit en cessant d’être à ton service. Ce droit n’est valable que d’un seigneur à son subordonné, tu l’as dit toi-même. »

Les Orzaaliens en restent estomaqués. Je reporte mon attention sur la Reine et avance vers elle, dépassant Ergaïl.

« Alors ? Je suppose que vous avez déjà trouvé un moyen de tourner tout cela à votre avantage ? La vie de votre nièce n’a sans doute pas suffisamment de poids face à tant d’enjeux politiques pour que vous vous contentiez d’une simple absolution. »

Je ne cherche même pas à dissimuler mon cynisme. Je me fiche totalement des convenances à présent. La faiblesse de ce système ne mérite que mon mépris. La Reine sourit :

« La politique régit mon quotidien Miss Freespirit, j’ai abandonné le désintéressement quand je suis montée sur le trône. »

J’entends quelqu’un recommencer à respirer derrière moi, soulagé de voir que la souveraine ne cède pas à la colère. Personnellement, cela m’est parfaitement égal. Je me sens totalement détachée de la situation. Comme si tout cela ne me concernait pas.

« J’ai en effet quelque chose à vous proposer. Soyons honnêtes, votre espérance de vie est nettement mise à l’épreuve. Je vous offre le pardon contre la reddition d’Orzaal et le retrait de sa candidature.
- Je refuse. Avez-vous d’autres alternatives ?
»

Je n’ai pas hésité une seule seconde. L’offre si lentement annoncée avec délectation, a été repoussée sans équivoque. Un petit mouvement vient plisser le coin de la narine de la Reine, signe infime de son agacement.

« Vous ne pensiez pas sérieusement que je pourrais affirmer assumer pleinement mes actes tout en sacrifiant l’avenir d’Orzaal ! Est-ce le seul stratagème que vous puissiez élaborer ? »

Soë se redresse, la fureur embrase ses joues diaphanes.

« Je vous prie d’adopter un autre ton avec moi ! Je tiens votre vie au creux de mes mains ! Alors faites preuve de respect et d’humilité !
- Je viens de rattraper l’erreur que vos lois archaïques n’ont pas été capables d’empêcher ! Vous avez livré Ambre à son sanguinaire de grand-père en sachant parfaitement qu’il allait l’exécuter purement et simplement ! Est-ce que vous trouviez ça juste de la laisser mourir ? Pour une faveur ? Je ne vous dois rien, c’est plutôt vous qui avez une dette envers moi. J’ai fait ce que vous ne pouviez pas faire : sauver votre nièce.
»

J’ai élevé la voix. Beaucoup. En fait, j’ai crié. Le monde semble figé. La rage m’agite de tremblements. Je viens d’engueuler l’une des femmes les plus puissantes du monde. Celle-ci est debout à présent et s’avance vers moi de son pas félin de prédatrice.

« Comment osez-vous ?... Comment…
- Et vous ? la coupé-je, Osez dire que j’ai tord !
»

J’avance aussi. Ergaïl m’attrape le bras pour tenter de m’empêcher de continuer mais je me dégage d’un mouvement souple. A quelques centimètres de la Vampyre, je m’immobilise. Elle fait bien une tête et demie de plus que moi. Nous restons ainsi à nous toiser longuement.

« Contrairement à vous, jeune impertinente, j’ai des principes. Certains de mes devoirs exigent des sacrifices. Si je me jouais des lois selon mon bon plaisir, alors je ne serais pas digne du respect que mon peuple m’octroie. Votre indifférence envers cela tient de l’insulte, et vous devriez mourir sur le champ pour cela. »

Dans ses yeux d’un noir profond, je vois défiler un nombre incalculable de façon d’exécuter ses dires. Je viens de me faire une amie au pouvoir tout simplement insignifiant… pensé-je ironiquement. La colère me fait perdre tout sens commun.

« Très bien, dans ce cas, Miss Freespirit, que nous proposez-vous ? Mon peuple est en colère et réclame légitimement votre tête. Mon père sera sans doute le premier à vouloir vous massacrer. Que comptez-vous faire ? »

Ergaïl prend alors la parole :

« Et si la vie de votre père se trouvait en fait entre nos mains ? »

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Dim 9 Mar 2014 - 0:16

« Et si la vie de votre père se trouvait en fait entre nos mains ? »
Tout le monde se tourna vers Ergaïl.
-Comment ça ?! Il n'est ni mort ni mourant.
Le Duc eut un grand sourire qui lui donna un air inquiétant.
-Ça c'est ce que vous pensez. Ce que tout le monde pense, mais la vérité c'est qu'il est en train de s'éteindre. L'ancien et robuste monarque de la Citadelle sera mort dans moins de ... trois jours je dirais ... à peu près.
Tout le monde était stupéfait, Ergaïl lui riait à gorge déployée.
-C'est ridicule, comment pourrait-ce être le cas ? Protesta la Reine, J'ai vérifié moi-même. Aucun organe n'a été touché, il est inconscient mais rien de plus. Malheureusement ...
On sentait tout le regret dans sa voix.
Elle était habillée dans une grande robe carmin de circonstance. C'est elle qui avait toutes les cartes en main et qui devait maîtriser le jeu. Pourtant, cet homme qu'elle pensait mieux connaître que quiconque riait. Sans répondre à sa question il lança :


-Très chère, nous savons tous deux que n'importe quel ancien souverain de cette citadelle si il est encore en vie après son règne, se voit accorder trois faveurs que son successeur ne peut lui refuser. Même mettre fin à sa vie. C'est une sérieuse épine dans votre domination. Si nous vous l'ôtons, si nous l'empêchons d'exercer ce pouvoir, est-ce que vous vous engagez à empêcher tous ces vampyrs belliqueux de vouloir défier en duel Miss Freespirit ?
Avant que Soe ne réponde Thaddeus intervint.
-Vous êtes devenu cinglé Ergaïl, que pourriez-vous bien faire ?! Le provoquer en Duel ?! Lança-t-il sarcastique, vous proposez à nouveau une exécution sommaire ?! Dans quel camp encore cette fois ?
-Non, je suggère de le raisonner.
-J'ai failli m'étouffer ! Redîtes ça monsieur le Duc ?
Thaddeus n'avait jamais cautionné la violence et il le faisait savoir. Pour lui Ergaïl y recourait trop facilement, la meilleure preuve était cette idée de duel. Sa colère était justifiée. Mais ces combats avaient beau insupporter le professeur, ils avaient été la meilleure option d'après le Duc.
-Je vais aller marchander avec Delsadar et le priver de sa grâce.
-Tu n'as aucune chance, exposa Lucyll. Ce type est un tyran, l'un des pires que les Vampyrs aient connu, il suffit d'ouvrir les livres d'histoire pour le savoir. Tu ne peux pas négocier avec quelqu'un comme lui.
-Essaye, si tu y arrives je vous gracierai.
La voix implacable de la Reine c'était exprimé. Il n'en fallait pas plus à Ergaïl.



-Thadd' ?
-Oui ?
-Reste donc ici faire la discussion à la Reine, elle adore les chercheurs !
Soë pouffa, ce qui était totalement en décalage avec la situation, tout comme le comportement d'Ergaïl.
-Moi je vais aller parler avec Delsadar, j'imagine que ces demoiselles se joindront à moi ?
Si Lucyll était réticente et suspicieuse, Amy elle était juste curieuse de ce qui mettait le Duc dans une telle joie et ce qu'il manigançait. Après une courbette exagérée du Duc pour prier ces dames de le joindre, ils s'en allèrent et une petite porte dérobée claqua derrière eux. Signe qu'Ergaïl connaissait parfaitement les lieux.
Il y eut un silence dans la salle, ponctué par des protestations à l'extérieur, jusqu'à ce que la Reine d'un air conspirateur susurre :
-Parlez dont moi de cette Chimie qui fait fureur dans vos combats.
A ce moment Thaddeus se sentit comme accompagné par des sirènes à la mer.


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MessageSujet: Re: Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]   Sam 15 Mar 2014 - 19:48

Dimna ne put profiter du réveil doux et lent dans l'éclatante lumière blanche des infirmeries auquel les blessés ont en général le droit. Non, lorsqu'elle émergea enfin, elle crut un bref instant qu'elle se trouvait encore dans l'arène. La confusion et l'agitation qui régnait dans la pièce la firent sursauter quand elle fut en état de les percevoir et elle se redressa vivement dans son lit de camp. De nombreux soigneurs se pressaient autour d'un lit voisin du siens. Dimna se leva prudemment. Sa tête bourdonnait légèrement, mais rien d’insupportable. Personne ne semblait faire attention à elle. La jeune fille s'approcha de la nuée de médecins et tenta un coup d’œil sur l'objet de leurs attentions. Elle retint une exclamation de stupeur en découvrant le visage encore couvert de sang de Ambre. Elle semblait très mal en point, sans doute avait-elle été vaincu durement pendant son duel.

Il fallait tirer au clair tout cela, sans parler de son propre duel. Elle avait perdue, à cause de Le Noir. Pourquoi était-il venu en se faisant passer pour un domestique chez les Vampyrs? Que lui avait-il fait boire? Apparemment rien de particulièrement dangereux car elle n'avait perçu qu'une sensation d'engourdissement dans sa bouche. Son handicap lors du combat avait été du à la profonde blessure de sa jambe et à l'angoisse. De plus ses étranges paroles tournaient dans sa tête comme une troublante litanie : "J'essaie de te protéger imbécile!" Tout cela n'avait aucun sens! Comment ses amis avaient-il réagi? Ils devaient être horriblement déçus de sa défaite cuisante, mais avaient sans doute remarqué que quelque chose clochait. Il fallait vraiment qu'elle en ai le cœur net.

Dimna se dirigea vers son lit, récupéra ses vêtements qu'on avait lavé entre-temps et sortit de l'infirmerie de fortune sans que personne ne vienne la déranger. Lorsqu'elle arriva à l'arène, la cohue qui régnait la pétrifia un instant. Les spectateurs dans les tribunes semblaient furieux, indignés, et les cris de haine emplissaient l'immense salle. La jeune fille chercha des yeux ses compagnons mais aucune trace des Orzaaliens. L'air autour d'elle était poisseuse de la colère des vampyrs tout autour d'elle. Mais que c'était-il passé?..

Elle repéra enfin une silhouette familière au dessus de la foule hostile. Thaddeus. Il se trouvait dans la loge royale, surplombant la foule et... semblait être en pleine expérience, faisant valser dans ses mains trois petites fioles avec dextérité au dessus d'un morceau de métal brillant. Sous les yeux admiratifs de la Reine des vampyrs qui l'observait faire avec passion.

QUOI?!

Sans hésiter, Dimna traversa les gradins sans prêter attention à la rage incompréhensible qui saturait l'atmosphère. Il fallait vraiment que quelqu'un lui explique pourquoi le chaos semblait s'être abattu sur la palais. Quand elle entra dans la loge après avoir forcé le passage auprès des gardes, elle s'inclina devant Soë brièvement puis se tourna vers Thaddeus qui jouait toujours au chimiste fou. Elle lui adressa un sourire rayonnant puis posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis qu'elle s'était réveillée :

- MAIS QU'EST-CE-QUI SE PASSE ICI?!!

_________________
- Qu'est ce que tu veux être quand tu seras grand ?
- Heureux!
- Tu n'as pas compris la question...
- Vous n'avez pas compris la vie.
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Le Conseil des six. [Blésiarde 1302]

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