Domhan
Dans un univers féerique, des personnages aux destins héroïques naissent du bout d’une plume guidée par l’imagination. Cherchant un moyen de réaliser leurs rêves les plus fous au gré d’aventures et de rencontres, magiciens, guerriers ou bandits partent pour un voyage qui changera leur destinée. Ils devront faire preuve de force et de courage, d’ingéniosité et de talent pour trouver la porte qui les guidera jusqu'à l’objet de leur convoitise. Aux quatre coins d'un monde aussi magnifique, qu’hostile, rempli d’êtres et de créatures de légende, le combat ne fait que commencer…
Alors écris ta propre histoire, incarne ton héros et pars à l’aventure dans le passionnant univers magique de Domhan !

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 Antre de Fenré...

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MessageSujet: Antre de Fenré...   Lun 21 Oct 2013 - 20:55

Alors j'ai décidé de faire un truc plutôt en vogue en ce moment : on prend le Big Méchant de l'histoire de base, et c'est parti pour un retour dans le passé!!!

Ici, ce sera quelque-chose comme "Fenré, les Origines" *musique qui fait peur*

Ça m'a paru plutôt sympa de prendre ce personnage, méchant, classe, et avec un potentiel énooorme, pour faire un tit saut en arrière. Je pourrais aborder le sujet des loup-garous autrement que dans l'histoire de Dimna, et répondre à l'éternelle question "Mais pourqwa il est devenu méchaaaant?". Pis j'ai envie de ré-écrire une histoire :3 Vala! Premier chapitre posté bientôt!

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MessageSujet: Re: Antre de Fenré...   Lun 21 Oct 2013 - 23:06

... tiens ! Tu reprends du service !! Trop bien ! Hâte de voir ça. Tu reprends le brouillon de ce que tu m'avais déjà fait lire ou tu pars sur totalement autre chose ??

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Antre de Fenré...   Mer 23 Oct 2013 - 8:32

Trop bien, les explications de "comment qu'il est devenu méchant" j'adore ça. En fait c'est même ce que je préfère ! xD Bon aller, moi aussi je reprends du service !

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MessageSujet: Re: Antre de Fenré...   Mer 23 Oct 2013 - 17:23

Owi!! J'ai trouvé une faute! Mais pas la deuxième *va devenir aveugle à force de scruter sa phrase*
Et non, tu trouveras sans aucun doute des similitudes avec le premier jet, mais je ré-écris complètement!

Mwa aussi j'adooooore les histoires de méchaaaants :3

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MessageSujet: Re: Antre de Fenré...   Ven 13 Déc 2013 - 21:40

Un.



" Accélère! "

Je détale déjà. Les buissons griffent mes jambes à travers mon pantalon de toile trop mince et de mauvaise qualité. Je me prends les pieds dans les racines,manque de m'étaler par deux fois, mes poumons me brûlent, mon souffle est saccadé. D'épais nuages, gris perle sur le ciel noir, masquent la lune. Aveugle dans la pénombre de la nuit, je m'en remet entièrement à la silhouette qui file devant moi, sans bruit, rapide, se glissant entre les arbres tel un fantôme.
Derrière, des bruits me parviennent, étouffés par les taillis et pourtant trop proches, cris des soldats qui nous ordonnent de nous arrêter, aboiements des chiens, insultes furieuses. Bien que n'étant pas aussi discret que mon complice, le bruit de ma course me semble dérisoire face au vacarme qu'ils font. S'ils n'étaient pas guidés leurs chiens au flair implacable, ils nous auraient déjà perdus.
Je tourne la tête pour entrevoir les lueurs rouges de leurs torches.

" Te retourne pas! " siffle la silhouette devant moi.

Le mur d'enceinte apparaît soudain, surgit de l'obscurité, sa ligne noire se découpant sur le ciel plus obscur encore. Je continue sans ralentir, sans dévier ma course, attend le dernier moment pour sauter, m'agrippe à un renfoncement, mes jambes repliées s'appuient une fraction de seconde contre la paroi avant de se détendre brusquement pour me projeter vers le sommet du mur auquel je m'accroche à deux mains.

" Neïl! "

Je lève les yeux. Les nuages se sont effilochés, et je distingue à la pâle lumière de la lune le visage de mon frère. Double parfait du mien. Une peau livide qui paraît presque argentée sous les étoiles, un nez droit, des lèvres fines étirées en un sourire rassurant, deux yeux pareils à des gouttes d'encre écarlate, de longues mèches ébouriffées plus blanches que la neige qui ne tardera pas à tomber en cette glaciale fin d'année. Je saisis le bras musclé que me tend mon jumeau et il m'aide d'une traction à me hisser en haut.
Je jette un regard en bas. D'un côté, une ceinture d'arbre, dense, serrée contre le mur d'enceinte, puis plus loin les vergers, et enfin la vaste ferme des Barenns.
De l'autre côté, des champs qui s'étendent avant de se heurter à la nature sauvage des bois, et le chemin de terre battue qui descend en serpentant vers la ville de Valiop, qui n'est dans la nuit qu'une ombre massive dont la tour du seigneur seule dépasse des toits des maisons basses.
Je sens dans mes poches et à ma ceinture le poids des fruits, je contemple le sac rempli à ras-bord que mon frère porte sur une épaule. La lumière des torches semble très loin, l'air froid me revigore et sèche la sueur sur mon visage, la lune m'observe de son œil bienveillant. Je me tourne vers mon jumeau et murmure :

"On a réussi, Fenré! "

Il me retourne un sourire rayonnant.

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MessageSujet: Re: Antre de Fenré...   Dim 22 Déc 2013 - 19:35

Deux



Mon frère et moi sommes des voleurs. Des bandits, de la mauvaise graine, de sales vauriens, des truands... Les mots ne manquent pas pour nous décrire.
Nous avions commencé avec un pain, glissé discrètement sous la veste tandis que l'autre assurait la distraction en réclamant un chien qu'il était censé avoir perdu. C'était juste après que l'épidémie de vibleuïne ait frappé la ville et emporté dix-sept âmes. Parmi elles, celle de notre père. Sa femme, Elva, n'avait pas eu le droit de s'écrouler, pas même celui de pleurer comme il le faut, car Piljinn, notre petite sœur, venait tout juste de naître. Notre mère avait donc redoublé ses travaux de couture pour tous les habitants de Valiop, travaillant tard la nuit, mais avec le bébé et la mort de son mari, l'argent avait vite manqué. Grâce à nos vols à répétition, nous avions pu nourrir la famille et petit à petit, remonter la pente. Fenré et moi étions passés de petits chapardeurs de rue à de véritables voleurs, nous en avions fait un art comme une nécessité.
Et ce soir, nous avons pillé le verger des Barenns. Tous ces fruits nous assurent la prospérité pour au moins deux semaines, nous mangerons à notre faim et vendrons l'excédent dans un village voisin. Cette pensée me fait sourire de plus belle.

- Allons-y ! chuchote Fenré.

L'un des fils des Barenns avait donné l'alerte en nous surprenant à prendre les fruits de sa famille. Qu'avait-il besoin de se trouver dehors celui-là? Fenré l'avait fait taire d'un coup bien placé avant que je n'ai pu réagir, mais le mal était fait et des soldats avaient débarqué alors que nous allions sortir de la propriété, nous barrant la route. Nous avions donc dû faire demi-tour en catastrophe et traverser les terres pour nous échapper en passant au dessus du mur d'enceinte.
J’acquiesce silencieusement et nous sautons tous deux du mur. Nous atterrissons sans mal dans des broussailles et commençons à courir, passant par les champs pour éviter le chemin trop exposé. Les soldats doivent être toujours derrière le mur, ou alors ils ont fait demi-tour pour passer par le portail avec leurs chiens. J'éclate de rire, Fenré aussi, nous ralentissons notre course.

- Je peux porter le sac si tu veux! je propose en le voyant plus essoufflé que moi.
- Ça va Neïl, je m'en sors! réplique-t-il avec une légère bourrade.

Nous arrivons à l'entrée de Valiop et rejoignons le chemin, qui s'est entre-temps changé en route pavée qui s'enfonce, déserte, dans la ville. Je me fige. Pas un chat. Ce silence, à peine troublé par le vent et la faible rumeur qui doit provenir de l'auberge où se rassemble tous les ivrognes, me semble suspect. Je me raidis et je sens une même tension chez mon jumeau.

- Attend-moi ici, juste une minute, murmure Fenré.

Il dépose le sac à terre et fais quelques pas vers l'entrée. Je proteste :

- Non! Laisse-moi y aller, je vais voir!

Je le laisse avec les fruits volés et je lui confie ceux que j'ai dans les poches. J'avance, me faisant le plus léger, le plus silencieux possible, j'essaie de me fondre dans la pierre des remparts entourant la ville, de ne plus exister. Je jette un œil au delà de l'entrée, sur la vaste place pavée qui accueille les arrivants. Je me pétrifie. Je compte exactement onze gardes, silhouettes sombres patientant en guet-apen à la porte. Sont-ils là pour nous? De toute façon, nous ne pourrons jamais entrer avec notre butin. Je m'apprête à retourner auprès de mon frère lorsqu'un bruit de cavalcade retentit. Des cris, des aboiements...

- Oh non...

Je me précipite et me heurte à Fenré. Un regard me suffit pour comprendre que les soldats et leurs chiens ne sont pas aussi lents que nous l'avons pensé. Et qu'à présent ils descendent le chemin à toute vitesse. Droit sur nous.

- Non! je fais en retenant mon jumeau qui veut pénétrer dans la ville. Il y a des gardes qui attendent sur la place! On ne peut pas rentrer! Cachons le sac, on ira le récupérer demain!
- C'est trop tard Neïl, ils arrivent, ils nous verront si on sort de toute façon! On est coincé dans cette entrée!

Ses yeux rouges passent brièvement sur moi, et son visage se fait soudain déterminé.
- Toi entre! Ils n'ont aucune preuve et ne t’arrêteront pas!
- Pas question! Je ne te laisserais pas seul avec les...

Mais Fenré est déjà parti. Je pousse un cri et me lance après lui. Il avance vers les soldats, faisant mine de vouloir s'échapper par les champs tout en sachant parfaitement qu'il n'a aucune chance, les soldats arrivent trop vite, les aboiements des chiens montent crescendo.

- Non! Fenré attend, on ne va pas...
- Je t'ai dit de filer!! s'écrie-t-il en se retournant, aussi angoissé que furieux.

Il avise la troupe qui se rapproche, me regarde moi, puis le fossé derrière qui borde les remparts entourant la ville et soudain, sans que je puisse réagir, m'empoigne d'une main et me jette dans le vide.

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MessageSujet: Re: Antre de Fenré...   Mar 4 Mar 2014 - 16:01

Trois




J'ouvre les yeux. Le soleil brille déjà dans le ciel.

Combien de temps suis-je resté inconscient?

Je me redresse, le monde autour de moi tangue désagréablement. D'un geste prudent, je porte une main à ma tête qui semble bourdonner d'un essaim furieux de bzzélith. Quelque chose à la tempe me démange. Je gratte doucement du bout de l'ongle et le retire couvert de sang séché. Je suis étendu dans le fossé, et un mur de terre irrégulier s'élève devant moi à l'assaut de l'azur du ciel plus haut.

Où est Fenré?

Je me lève, fais quelque pas. D'une main que je m'efforce de rendre ferme, je saisi une des aspérités de la paroi, place mes pieds dans deux creux et commence à grimper.

Où est Fenré?

Un vertige me prend, ma vision se trouble un instant et je retombe durement à terre. Le réveil est difficile... Mon frère est entre les mains des soldats. J'observe le ciel. D'après la position du soleil, on doit être en fin de matinée. Fenré a dû passer la nuit en cellule, interrogé et malmené par les gardes, seul... Je serre les poings et retente mon escalade. L'ascension ne m'aurait en temps normal pas posé de problème car de nombreuses prises s'offrent à moi, mais ma chute dans le fossé a été rude, bien que je sache que Fenré m'y a précipité pour me protéger. A chaque accès de faiblesse, je dois m'accrocher de toutes mes forces pour ne pas basculer de nouveau. Une pensée me permet de tenir et de monter plus haut, encore plus haut. Fenré sera condamné ce matin, juste avant midi. Et je connais très bien le sort réservé aux voleurs.

Je reprend ma progression en grinçant des dents, concentré sur le moindre tiraillement de chacun de mes muscles, le visage crispé par l'effort. Une dernière poussée, mes mains agrippent le rebord. Je suis en haut. Je m'effondre sur l'herbe rase au bord du chemin pavé, reprenant mon souffle  en laissant brièvement les rayons du soleil jouer sur mon visage en sueur. Je me force à ma relever, il ne faut pas que je perde de temps, il est peut-être même déjà trop tard. Je me mets à courir en m'obligeant à ignorer ma tête bourdonnante et tout mon corps douloureux. Je passe la porte de la ville et suis les rues vers la grande place centrale le plus vite possible. Tout est trop calme, je ne croise presque personne. L'air pèse lourdement sur mes épaules. Mon angoisse monte encore, la peur me comprime la poitrine. Je me rapproche de la grande place, d'où la rumeur d'une foule monte. Je déboule hors d'haleine parmi les habitants, tous assemblés en une masse compacte autour d'une estrade. Je repère au plus près de l'esplanade la famille Barenns au complet, débordante de satisfaction et d'arrogance. Un homme que je reconnais comme l'orateur de Valiop termine tout juste son discours : "... et doit payer pour son crime! Qu'on amène ce vaurien!" La foule se tait, toutes les mines se figent en un même masque grave et silencieux.

Je lève les yeux.

Sur l'estrade, encadré de deux soldats et solidement menotté, s'avance mon jumeau.

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MessageSujet: Re: Antre de Fenré...   Ven 20 Juin 2014 - 19:37

Quatre


La foule retient son souffle, les yeux braqués sur mon frère, et attend, tendue, la sentence.

Fenré est jeté brutalement sur les planches, agenouillé de force contre un tabouret. Un soldat ôte les menottes, attache la main gauche de mon jumeau dans son dos et plaque la droite sur le tabouret, nue et vulnérable, tournée vers le ciel. Le bourreau s'avance à pas calculés, silhouette sombre encagoulée, telle une goule prête à fondre sur sa proie.

Je me rue en avant, bousculant les badauds qui sont comme hypnotisés sans tenir compte des protestations. Les battements affolés de mon cœur pulsent dans ma tête et rythment ma course désordonnée vers mon frère.

Le bourreau fait glisser sa lourde hache de sa ceinture et l'empoigne d'une main ferme et gantée de noir. L'orateur inspire profondément :

- Que cette main qui n'a fait que le mal soit tranchée!
- NON!!

Mon hurlement m'arrache la gorge. Je bondis sur l'estrade et me jette avec fureur sur le bourreau, de toutes mes forces. Je le heurte de plein fouet, la hache tombe au sol dans un grand fracas, nous nous effondrons tous les deux et dégringolons dans la foule qui recule en poussant des cris de stupeur.

- Saloperie!

Le bourreau m'empoigne un bras brutalement, je mord sa main de toutes mes forces. Il me lâche en pestant, et le bout de peau blanche qui apparaît entre son gant et sa manche se rehausse d'écarlate. Je lui balance une droite sans attendre, mon poing s'écrase contre sa face cagoulée. Sa tête part en arrière et cogne violemment contre l'estrade. Les badauds hurlent et se bousculent, les uns pour s'écarter, les autres pour ne pas perdre une miette du spectacle. De la mêlée générale surgissent quatre soldats qui m'empoignent et me traînent sans ménagement sur l'estrade, après que l'un d'eux m'ai asséné un coup fulgurant au visage. A moitié assommé, je suis jeté sur les planches juste à côté de mon frère, à terre lui aussi.

- Neïl! souffle-t-il.

Je ne sais pas si c'est de la surprise, de la colère ou du soulagement. Ma main cherche la sienne, mais un coup de pied me cueille à l'estomac pour m'envoyer rouler plus loin, m'arrachant un râle étranglé. Le bourreau remonte lourdement sur l'estrade, ramasse sa hache. Les fentes de sa cagoule me laissent entrevoir ses yeux noirs brillants de fureur.

- Petit salopard, gronde-t-il en passant à côté de moi.

Sa voix suinte la haine, tandis que deux soldats nous maintiennent fermement au sol.

- IL EST TEMPS D'EN FINIR AVEC CETTE VERMINE! hurle l'orateur, galvanisé par ce coup d'éclat imprévu, et plus malveillant que jamais.

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MessageSujet: Re: Antre de Fenré...   Mer 6 Avr 2016 - 20:17

Cinq.



- Arrêtez!

L'ordre claque, le silence tombe.

- Lâchez ces deux garçons.

Le soldat qui me plaquait à terre me lâche précipitamment. Je me redresse et me colle à Fenré, debout également. Je ne comprends rien. Je scrute celle qui vient sans doute de nous sauver la vie. La femme est grande, vêtue d'une longue tunique carmin fendue et d'un gilet de fourrure claire et duveteuse. Ses longs cheveux sont brun acajou, attachés en une tresse grossière. Il émane d'elle comme un souffle de pouvoir capable de tout briser.

Elle fend la foule d'un pas assuré, suivie de près par une dizaine d'hommes et de femmes à l'air dur et menaçant. Ses yeux d'un doré presque translucide ressortent dans son visage anguleux et étincellent d'intelligence et de force. Je croise son regard. Le contact visuel ne dure qu'un instant, mais j'ai l'impression qu'elle vient de fouiller mon âme. Elle monte sur l'estrade, ses suivants restent face à la foule apeurée par leurs yeux brillants de sauvagerie. L'orateur, si plein de fougue quelques minutes plus tôt, se recroqueville sur lui-même lorsque la femme passe près de lui. Elle l'observe avec acuité. Il en faudrait peu pour qu'il ne se mette à geindre.

- Je prends ces deux là! annonce-t-elle simplement, et l'orateur s'empresse d’acquiescer.

La mine perplexe de Fenré me conforte dans l'idée qu'il ne saisit pas plus que moi la logique de cette situation incompréhensible. Le bourreau également est incrédule, les bras ballants, tenant toujours sa hache d'une poigne crispée, et son ébahissement se lit dans ses yeux qui filent de la femme à l'orateur. Celui-ci ordonne à un garde de détacher Fenré.

- Pas question! s'exclame alors le bourreau furieux. Redescendez de cette estrade et laissez-moi finir mon boulot!Pour qui vous prenez-vous? ajoute-il en faisant face à la femme.

Il se tourne vers les soldats, en quête d'un soutient. Ceux-ci semblent horrifiés. La femme retrousse ses lèvres fines en un rictus menaçant, découvrant des crocs aiguisés.

Des crocs. Dans un visage humain. Je n'en crois pas mes yeux. Qu'est-ce que c'est que ce monstre?

Elle fait deux pas vers l'impudent, balaie d'un revers de main la hache comme si elle n'avait été qu'un jouet brandit par un gamin et le saisit à la gorge d'une poigne de fer avant de le soulever sans effort apparent au dessus de la foule tétanisée.

- Mon nom est Siltara! sussure-t-elle sans cesser de l'incendier de ses yeux dorés illuminés d'une drôle de lueur malsaine. Je représente ici la Guilde Écarlate et les habitants de cette ville qui connaissent mon nom le craignent. J'ai passé un pacte avec le seigneur de Valiop il y a de ça des années. J'ai droit de propriété sur n'importe quel condamné et je peux l'emmener si je le désire, sans condition ni discussion possible. Alors je te retourne la question : pour qui te prends-tu, misérable, pour oser me faire face?

Le bourreau émet un râle étranglé. Le sourire de Siltara s'accentue.

- Allons, ronronne-t-elle. Je peux te pardonner ton ignorance. Après tout il est vrai que cela fait bien vingt ans que Valiop n'a pas eu l'honneur de notre présence.

Elle relâche le bourreau qui s'abat sur le plancher. Son regard est tranchant comme une lame.

- Cependant il est possible que ces deux jeunes hommes ne ressentent pas le même élan de bonté que moi, alors je m'en remet à leur avis. Qu'en est-il?

- Je lui pardonne! répond alors Fenré d'une voix hésitante et précipitée.

Le visage de Siltara se fige un très bref instant d'étonnement. Puis son sourire revient, plein d'ironie. Elle ricane tout bas. Je ne sais pas si c'est insupportable ou délicieux. Je ne sais pas si j'aime ou si je déteste cette femme. Mon regard tombe sur le bourreau écroulé, pitoyable. Lui, je le déteste. Je le hais de tout mon être. Alors sans réfléchir, je ramasse la hache. C'est comme un spasme incontrôlable. Je la lève très haut au dessus de ma tête, je croise le regard terrorisé du bourreau. Ainsi Fenré lui pardonnait?

- Pas moi !! je hurle en abattant l'arme de toutes mes forces.

Une gerbe de sang m'éclabousse tandis que le hurlement du bourreau me fait défaillir. Il se tord de douleur en tenant de sa main gauche à présent unique le moignon de son bras droit vomissant un flot de sang qui coule entre les lattes de l'estrade. Un hoquet d'horreur me secoue. Je lâche la hache. Tout mon corps tremble, je crois que je vais vomir.

Siltara me regarde, et son sourire est immense.

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