Domhan
Dans un univers féerique, des personnages aux destins héroïques naissent du bout d’une plume guidée par l’imagination. Cherchant un moyen de réaliser leurs rêves les plus fous au gré d’aventures et de rencontres, magiciens, guerriers ou bandits partent pour un voyage qui changera leur destinée. Ils devront faire preuve de force et de courage, d’ingéniosité et de talent pour trouver la porte qui les guidera jusqu'à l’objet de leur convoitise. Aux quatre coins d'un monde aussi magnifique, qu’hostile, rempli d’êtres et de créatures de légende, le combat ne fait que commencer…
Alors écris ta propre histoire, incarne ton héros et pars à l’aventure dans le passionnant univers magique de Domhan !

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 Orzaal, les origines [Mial 1294]

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MessageSujet: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mer 1 Jan 2014 - 21:22

Le village d'Orzaal et son manoir ne se sont pas construits en un jour. C'est une histoire qui s'étend sur quatre années et qui continue encore aujourd'hui. Mais remontons le temps et découvrons comment un duché, fief de la connaissance et de la diversité, terre d'accueil et peuple chéri des Dryades, est né.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mer 1 Jan 2014 - 21:25

Mial 1294 – Est de la Forêt d’Asaray

J’écarte les branches basses de mon chemin. Des brindilles acérées me reviennent dans le visage malgré mes efforts. Les morceaux de tissus dont j’ai enroulé mes mains s’accrochent dans les feuillages, découvrant les plaies qu’ils cachaient jusqu’alors. Je n’en ai cure, ces blessures ne sont rien comparées à celle que je porte au flanc, bandée et pansée tant bien que mal. Une griffure sur ma joue saigne. Cette maudite forêt n’a-t-elle donc pas de fin ? Mes poursuivants semblent avoir abandonné la poursuite à son orée. Que peut-il se cacher en son sein qui les effraie plus que le courroux de leur maître ? Je ricane sombrement. Quoi que cela puisse être, c’est à moi qu’il aura à faire. Et il n’est pas dit que ma patience n’atteigne pas ses limites.

La nuit descend sur les arbres. La lumière décroît peu à peu. À travers la canopée, on devine l’astre diurne qui décline. Mes jambes me lancent un appel de détresse. Je titube, me rattrapant à un tronc nu. Je m’arrête ainsi un instant, haletant, la mâchoire crispée, les cheveux cachant mon visage. Les yeux clos, je me laisse glisser à terre.

« Foutue forêt. Et foutus arbres. Et foutus… »

Je laisse ma phrase en suspend. La plaie de mon côté vient de se rouvrir. Encore. Je m’assois dos au tronc. Souffle un grand coup, puis déroule le bandage. Je jure entre mes dents en apercevant son aspect. C’est pas beau à voir, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce que je m’apprête à faire va encore me vider de mon énergie, mais il le faut pourtant. Murmurant les délicates syllabes du Quenya, je pose ma main sur la blessure dont les lèvres sanglantes se referment. J’esquisse une grimace. Cela ne tiendra qu’un temps, car je ne peux pas me permettre de rester immobile bien longtemps, mais cela fera l’affaire. Je tente de me relever mais la tête me tourne. Je soupire, harassée. Le monde doit m’en vouloir. Je ne m’explique pas autrement cet acharnement des circonstances. Est-ce qu’un jour enfin, la vie me sourira de nouveau ? Est-ce que je ne ferais pas mieux de lâcher prise, tout simplement ? De me laisser aller, ici, dans cette clairière ? De laisser le sang s’écouler de l’estafilade et d’attendre… ? D’attendre…

J’ôte le sac trop lourd qui pèse sur mon épaule. D’un mouvement vif et tremblant, j’en défais les boucles qui le maintiennent fermé. Il m’en faut un, pour me réconforter, là, maintenant. Je claque des doigts et une douce lueur vient les nimber. Puis je sors de la besace l’un des livres de Géode et l’ouvre à une page au hasard. C’est un livre de contes, et il s’agit de l’histoire des Trois Frères Graers

Quand la lumière quitte mes doigts, le sommeil m’a pris. Les paupières closes, les cheveux balayant mon front au rythme du vent, je dors de ce sommeil des chasseurs : légers et aux aguets. Personne ne me surprendra cette nuit. Le moindre craquement un peu trop sonore me réveillera. Et c’est tant mieux. Il est si aisé de devenir proie à son tour…

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Dernière édition par Lucyll Freespirit le Sam 11 Jan 2014 - 19:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Jeu 2 Jan 2014 - 17:43

La pire des batailles fut dans la forêt millénaire. 
Les rugissement des deux camps étaient terribles.
Le fracas des armes et des boucliers assourdissant.
Les enchantements et les sorts filaient, sifflaient, pleuvaient avec les flèches.


Ensuite, un silence. Inquiet.
Un flottement. Le battement de deux ailes puissantes.
Des écailles et des immenses yeux pourpres brillant d'intelligence et d'avidité habitaient le ciel.
Et du feu, partout, brûlant.
Comme des fleuves de magma bouillonnant.
Comme une coulée de serpents ardents.


Six femmes diaphanes et magnifiques, à la chevelure exubérante.
Armées de torrents. Des torrents de magie.
Les arbres se firent plus luxuriants, la végétation plus touffue.
Puis à nouveau du feu.
Elles pleurèrent. Certaines moururent, d'autres disparurent, mais le Dragon chuta. 


La bataille reprit, plus intense que jamais.
Mon bâton sifflait comme un instrument à vent.
Sa vitesse : prodigieusement élevée.
Je faisais le vide autour de moi.
Pourtant c'était insuffisant.
Ceux que j'aimais tombaient les uns après les autres.


Un vampyr, à deux pas de moi.
Virevoltait dans une danse mortelle.
Semant la mort comme des petites graines.
Repoussant la vague d'envahisseurs avec moi.
Et puis plus loin un autre compagnon, puis encore un autre.
Nous n'étions probablement plus que quelques centaines dans notre camp à combattre contre un véritable ras de marée.


Puis un cri déchirant, celui d'une petite fille que je connaissais et que j'avais juré de protéger.
Je n'arrivais plus à réfléchir, je ne pus que me dire "ce n'est pas un endroit pour une petite fille".
Mais ce n'était pas un endroit pour qui que ce soit.


Soudain, un souffle. Une explosion silencieuse.
Pire, un flash noir privant le monde de son et de couleur.
Et cette même petite fille. La robe tachée blanche baignée d'écarlate.
Flottant toute entière dans le ciel. 
Et elle hurla. Sa rage, son désespoir, sa haine. Sa perte. 
On n'entendit qu'elle, car l'univers l'écoutait.
Car aucun n'avait le droit de parler à sa place.
Elle en voulait au monde entier. 
Et il le regretta.
Ses larmes brûlèrent la terre.
Sa rage tordit la réalité et par sa magie elle frappa.
A de multiples reprises. Chaque coups était un attentat à la vie.


Et a nouveau des larmes, sur mon visage cette fois.
Sa rage fut mienne et dans mes mains Claris s'anima.
Car cette petite fille ressemblait à une déesse et elle exhortait que je tue.
Telle la lumière d'un soleil noir en cette nuit éclairée par l'ombre des hommes.


Je virevoltait au milieu des ennemis.
Exalté par la rage, mu d'un instinct tribal qu'elle m'instillait.
Aucun ennemi ne me résistait, mais aucune aide ne me viendrait car les rares survivants étaient trop loin.
Claris chantait. Haut et clair, suffisamment fort pour rythmer chacun de mes coups.
Elle tintait, sifflait, pour ne se taire qu'une fois dans les chairs.


Et puis, se fut fini.
Une fois de plus, le silence fut assourdissant.
Et je regardai autour de moi.


Du sang. 
Encore et toujours du sang.
Là où la bataille eut lieu, la forêt n'était plus qu'une plaine brûlée.
De la cendre à perte de vue, constellée d'innombrables corps.


Là le cadavre d'une Orzalienne ajannil, empalée sur une lance.
A coté, celui d'un homme de Sortemb aux flancs mutilés.
Tombés dans les bras de l'autre lors de leur lente agonie.
Réconciliés dans la mort. 


Sur des lieux, les arbres et les hommes gisaient.
Les uns avaient brûlés, les autres avaient saignés.
Le vent charriait les cendres mais ne parvint pas à sécher les larmes de ceux qui survécurent. 
Leurs visages crasseux et fatigués, creusés par des sillons salés.
Chacun ce souvient du goût de cette victoire : Amer et métallique, comme le sang versé.


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Dernière édition par Ergaïl d'Orzaal le Jeu 2 Jan 2014 - 18:20, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Ven 3 Jan 2014 - 13:39

Nous pleurions tous. Nos visages, notre coeur, notre âme étaient inondés de chagrin, semblable un ras de marrée qui emporte tout. Nos certitudes, nos rêves, nos projets. Beaucoup n'imaginait même pas vivre sans ceux qui étaient désormais morts. Comme tous, mon esprit errait, perdu. Nous laissâmes nos ennemis aux corbeaux, car nous savions tous que la prochaine armée serait là dans moins de dix jours. "Avec tout le malheur qu'il s'échine à abattre sur nous, ils peuvent bien enterrer eux-mêmes leurs cadavres pourrissants !" me dis-je. Pourtant, il ne me restait plus aucune rage. Juste le vide de ceux qui ont disparu. Il nous fallut enterrer nos morts, qui étaient bien plus nombreux que les vivants.


Après avoir enseveli les derniers morts, nous repartîmes au village. En y emmenant de force ceux qui voulaient rester avec les morts. Alors que le sel de nos propres joues n'était pas sec, je fis signe à quelques hommes de m'aider à les porter. Avec le recul je m'aperçois à quel point c'était cruel de les arracher ainsi de l'être qu'ils chérissaient plus que tout. Pourtant, nous n'avions pas le choix. Je portais celle qui avait changée le court des affrontements. Une petite fille répondant au nom de Ambre. Désormais sans père ni mère pour veiller sur elle. On dit souvent que l'on reproduit ce que l'on a vécu soit même : ce fut le cas, car je me promis de veiller sur elle comme Lizzy avait essayée de le faire pour moi. Au village tout rappela à mes camarade la vie paisible qu'ils menaient avant la guerre. Les lamentations reprirent. Nous retrouvâmes les plus jeunes et les plus âgés qui avaient été écartés des combats. Les adieux avant la bataille avaient été durs, les lamentations de ceux qui se retrouvaient orphelins étaient désormais bien pires.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 4 Jan 2014 - 16:30

Est de la Forêt d’Asaray

Je me réveille brusquement. Un bruissement secoue les fourrés. Vive et silencieuse je referme le sac encore ouvert, en appui sur un de mes genoux. Je me redresse, nerveuse, aux aguets. L’épée à moitié tirée, je tends l’oreille. Je me raidis brusquement quand un sangliffard surgit des fougères.

Le poil hirsute, roux zébré de brun, l’animal porcin s’arrête soudainement en m’apercevant. Ses petits yeux noirs profondément enfoncés dans leurs orbites me fixent avec crainte. Pourtant, la bête est d’une taille monstrueuse, aussi haute que large, toute en muscles, elle me dévisage du haut de son mètre cinquante au garrot. Ses défenses, qui s’enroulent autour de ses cornes, caractéristiques de son espèce, sont d’une longueur impressionnante, témoin de sa longévité (en effet chez les sangliffards, les deux appendices grandissent tout au long de la vie de l’individu).

Accroupie, j’ose à peine respirer. S’il me charge, il va falloir jouer serré. J’ai l’impression de me revoir, il y a une éternité, seule dans la plaine qui bordait Haoreo, face à un félin agressif, ne sachant trop que faire. Sauf que je ne suis plus l’adolescente craintive que j’étais en quittant mon foyer. Ce que j’ai appris me rend autrement plus dangereuse que ce sangliffard apeuré. J’expire, saute sur mes pieds, debout, et le toise d’un air sûr de moi. Puis je montre les dents comme un fauve, dans un rictus que je veux menaçant. L’animal plisse le groin mécontent. Je crie alors le mot qui le fera fuir : « Nár ! » Une flamme jaillit du creux de ma main. La bête grogne, mais ne recule pas. Au contraire, elle baisse la tête et gratte du sabot.

« Oh toi mon gros, tu tombes mal… »

Fatiguée, je tends mes paumes en évidence, exposant le sujet de sa peur. Mais puisqu’il n’est pas assez terrorisé pour décamper…

« Fëanarò, nahta lò nárë naicelëa ! » *

Le brasier qui brûle dans ma main prend alors une forme vaguement animale, et dans un jet de lumière, il se rue sur le sangliffard qui couine de douleur en sentant la morsure des flammes. Beuglant, il tourne les sabots et s’enfuit dans la direction opposée. J’esquisse un sourire dérisoire. Puis je vacille légèrement. Un goût métallique titille ma langue. Je crache sur le sol et les feuilles qui le tapissent se couvrent d’écarlate.

« Bon sang… »

L’expression est mal choisie. Il va falloir que je me ménage ou je ne tiendrai pas très longtemps. La fatigue aura raison de moi avant mes ennemis. D’impuissance, je frappe du pied un caillou qui va se perdre dans l’obscurité. Si faible. Il me faut du repos, et vite, si je ne refais pas mes réserves énergétiques, qui sait ce qu’il adviendra de moi quand je croiserai quelque chose de plus dangereux qu’un sangliffard.

Soudain, des cris troublent la quiétude de la nuit, puis le grognement suraigu d’un sangliffard attaqué. Quelqu’un a été moins clément que moi avec la bête. Et si je ne m’abuse, la poursuite a repris. Je réajuste le sac sur mon épaule puis reprends ma fuite, m’enfonçant dans les arbres. Je parviendrai peut-être à semer ces derniers pisteurs en pénétrant toujours plus profond au cœur de la forêt… Dans le cas contraire… et bien… nous verrons s’ils sont plus retords que moi. Tuer ou être tuée, telle est la question…

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 11 Jan 2014 - 22:36

Ils étaient la mer.

 Des vagues de lances, d'épées, de pics pointés vers le ciel telle l'écume des vagues qui heurtent des rochers. Des vagues de haine qui tentaient de nous engloutir, tel un tsunami. Frapper n’avait pour effet que de voir la vague se reformer aussitôt et continuer sa progression en un flot intarissable. Mais il fallait se battre. A chaque minute une de mes amies mourait. Je les sentais souffrir, je les entendais tomber sur le sol comme j’entends un glas qui sonne. Et cela ajoutait à ma rage. Mon bâton frappait plus vite, plus fort. Je tentais de créer un espace vide tout autour de moi qui se rebouchait continuellement d’ennemis. Puis je vis Ambre. Elle flottait. Hurlant de rage, elle frappait de sa magie dans la marée mouvante. Ce fut comme un appel, car elle ne le méritait pas. Une petite fille comme elle ne méritait pas de voir la souffrance et la mort partout où elle posait les yeux, elle ne méritait pas de voir ses proches mourir devant elle par la main d’hommes hargneux, elle ne méritait pas de vivre une guerre à l’âge de l’innocence. Je me repris très vite : on se devait de survivre. La rage m’envahit à mon tour. Tout devint très clair dans mon esprit, et instinctivement je prononçais une phrase au langage étrange, comme si je la connaissais depuis toujours. Autour de moi des ronces gigantesques sortirent de terre, enlaçant les premiers combattants surpris, perçant leurs armures et leurs cœurs d’épines presque aussi longues que leurs lances. Je tentais de protéger la base des ronces de ceux qui voulaient les trancher. A ces ronces j’ajoutais le contenu d’une de mes dernières fioles pour fortifier mes sauveuses ; couplé à un sort cela eut pour effet de faire pousser des plantes carnivores... Avec de vraies dents, et une certaine rapidité. Faites pour tuer, pour défendre. Mais même si utiliser un pouvoir ancien ne m’était jamais arrivé, et que je ne savais même pas comment je l’avais fait, cela ne m’émerveillait pas le moins du monde. Mon attention était fixée sur mes assaillants, et eux seulement. Seul m’importait de me battre. De les tuer tous. Ils avaient détruits des familles. Ils avaient détruits des vies. Ils allaient payer.  Mais il vint soudainement, et son rugissement retentit dans mon esprit comme une musique de mort. Le monde entier s'arrêta un instant. Je le vis s’approcher de notre forêt, et il la balaya de son souffle brûlant. Au même moment j’entendis nombre de mes congénères hurler de douleur. On ne pouvait rien faire contre cela, et ce ne fut plus qu’un massacre. Je les voyais hurler et leur peau brûler, et déjà le vent emportait leurs cendres. Le désespoir m’envahit. A mon tour je sentis cette chaleur infernale s’approcher de mon arbre. Je commençais à brûler. Et puis ce fut noir.

Je suis bien, là, repliée comme pour dormir. La chaleur est partie, mais les brûlures sont encore là. La sève me régénère. Je lui ai dit qu’il en avait plus besoin que moi, mais il ne veut pas m’écouter. Peut-être qu’il ne m’entend pas. La fatigue des sorts utilisés. Épuisée. Besoin de repos…
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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 18 Jan 2014 - 19:33

Fuir. Encore et toujours. Ce seul mot résumera-t-il ma vie ? Fuir le manoir de mon père, fuir la solitude et l’avenir qu’il me promettait. Fuir le mépris d’un peuple. Fuir mon premier meurtre. Fuir un ennemi inconnu. Fuir en avant vers une promesse. Se poser enfin. Puis repartir. Et fuir le chagrin, fuir la mort, fuir la trahison. Fuir un ami qui me propose la paix. Fuir le désespoir dans la vengeance. Fuir le souvenir dans le combat. Fuir la détresse dans le sacrifice. Fuir la torture et l’oppression. Fuir la destruction et le chaos. Fuir un ennemi connu cette fois. Fuir ces poursuivants infatigables. Fuir. Encore et toujours.

La végétation est de plus en plus dense, il règne une obscurité presque totale, les rayons de la lune ne parviennent pas à franchir les frondaisons pour éclairer mon chemin laborieux. J’avance dans un silence forcé, serrant les dents malgré les assauts agressifs, vifs et perfides des branches sur ma peau malmenée. Je m’en tire assez bien jusqu’à présent puisque la plaie de mon côté ne s’est pas manifestée pour le moment. Sans cela, je n’aurais pu faire trois pas sans gémir. Voire faire trois pas tout court. J’entends des voix percer la nuit derrière moi. Au loin on devine sûrement la lueur de quelque lanterne mais je n’ai pas le temps de me retourner pour vérifier. Il n’y a décidément pas suffisamment de distance entre eux et moi. Je n’ai aucune idée de combien ils sont, je ne peux donc pas me permettre de les affronter. Du moins pas de face. De simples flammes ne suffiront pas à les effrayer. L’idée s’attarde un instant dans mon esprit embrumé. Le feu dans une forêt est une arme redoutable. Mais elle pourrait aussi se retourner contre moi. Et il me reste un semblant de scrupules. Je secoue la tête. Fuir, juste fuir.

- ◊ -

Ils sont là, à une centaine de mètres tout au plus. Je les entends distinctement. Ils savent que je suis là, tout près. Je n’ai pas le loisir d’effacer mes traces et ma piste est facile à suivre. Tout se bouscule. J’ai mal partout, je suis exténuée et poursuivie par des gens qui veulent… que veulent-ils d’ailleurs ? Se contenteront-ils de me tuer ? Ont-ils des projets plus raffinés ? Ils doivent m’apercevoir car le halot de leurs lanternes m’a rattrapé : mon ombre s’étend sous moi. Ils s’interpellent à grands cris nerveux. « Ici ! » hurle l’un d’eux.

Cette fois j’en ai assez.

« Ça suffit. »

Je m’arrête.

« Ça suffit. »

Je me retourne.

Ils sont sept. Sept téméraires à m’avoir suivie jusqu’en forêt. Sept serviteurs zélés de leur maître. Sept fanatiques prêts à tout. Sept combattants acharnés aux armes redoutables. Dans quelques instants, ils se jetteront sur moi.

C’est trop peu.

Dans quelques instants je les aurai tous tués.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mer 22 Jan 2014 - 17:51

Une silhouette se découpe dans la lueur rougeâtre des halos repoussant l’obscurité. Immobile, elle observe sept hommes s’avancer vers elle. Calme, elle ôté un lourd sac de son épaule et le pose à terre avec soin d’un geste lent, délicat et calculé. La sangle glisse au sol dans un doux bruissement.

Les sept mercenaires l’encerclent. Deux sont munis de lumières, cinq d’épées, certains de poignards, tous sont armés de haine. Ils surpassent leur cible en nombre, sont plien de hargne, euphoriques d’avoir enfin retrouvé l’ennemie de leur Dieu et d’ainsi pouvoir prétendre à reconnaissance éternelle de leur maître. Ils sont sûrs d’eux. Persuadés qu’il n’y a aucune échappatoire. Ils se trompent.

La silhouette se met soudain en mouvement. Elle fait glisser de son poignet gauche un bracelet aux perles de bois. Quand il touche sa paume, ce n’est plus un bijou mais un arc qu’elle tient dans la main. Une flèche transperce la gorge d’un homme avant que quiconque ait pu réagir. Les trois premières secondes sont écoulées. Ils ne sont plus que six.

Les mercenaires se ruent en avant, réduisant la distance de combat et obligeant au corps à corps. Une épée d’une grande finesse vient intercepter les lames qui se précipitent vers la silhouette, tandis qu’une ondulation des hanches lui permet d’éviter les moins précises. Elle tournoie pour dégager la sienne, s’accroupit. Le pommeau de son arme heurte violemment une lanterne qui s’éteint en se brisant. Les éclats de verre s’élèvent brusquement dans une lévitation meurtrière pour se ficher dans le visage d’un assaillant qui hurle en portant les mains à ses yeux désormais aveugles. Un morceau effilé planté dans sa carotide lui assure que ce tourment prendra fin d’ici quelques minutes. Les douze premières secondes sont écoulées. Ils ne sont plus que cinq.

La silhouette se redresse et pare les nouveaux assauts. Un sabre semble tromper sa vigilance pour dessiner une arabesque carmin sur sa gorge découverte mais ne fait que l’effleurer dans une caresse acérée avant que son porteur ne reçoive un coup de coude dans la trachée et ne parte en arrière en suffocant. Ce bref instant est mis à profit par les quatre valides qui, forts d’un espace plus dégagé, reprennent l’avantage. La silhouette prononce alors une phrase dans une langue inconnue. Une vive lueur gris-argent éblouit les agresseurs quelques secondes. Puis l’un d’entre eux meurt dans un râle, son ventre déversant sang et viscères dans un flot intarissable. Ils ne sont plus que quatre.

Une lame de lumière chatoie dans la main gauche de la silhouette qui a lâché son arc. Deux épées brillent dans ses poings, colorant la pénombre de reflets tranchants, décrivant des courbes mortelles. Les figures qui suivent s’enchainent dans une danse funeste. Un poignard parvient à atteindre son épaule droite. Cela déséquilibre les mouvements de l’épéiste infernale dont les armes, de métal ou flamboyante de magie, continuent pourtant leur chorégraphie fatale.

Le temps semble s’arrêter quand les combattants se jaugent, suspendant la joute. Les tremblements infimes de la silhouette suffisent à trahir sa fatigue. Dans une attaque coordonnée, les épées pourfendent l’espace. La silhouette n’en dévie qu’une tandis que son arme de lumière disparait. Elle se projette en avant, échappant aux autres lames, vers l’homme dont elle vient de parer l’estoc, comme pour enlacer son adversaire, glisse le long de son torse tel un serpent et se place dans son dos avant d’emprisonner son cou dans le creux de son coude. Un couteau à la trajectoire mal contrôlée finit sa course dans la poitrine du bouclier humain. Plus que trois.

La silhouette lâche sa victime qui s’effondre à ses pieds. Elle halète sous l’effort, mais ses yeux ont toujours cette dureté et cette détermination inébranlable. Les trois survivants la fixent, indécis. C’est une seconde de trop, suffisante pour que l’arme du mort traverse le vide avant de se planter dans la chair. Plus que deux.

Ils ne réfléchissent plus. Avec un hurlement parfaitement simultané, ils courent vers leur mort. L’un d’eux est embroché par l’épée implacable. Le second atteint sa cible. Son arme fichée dans l’arbre derrière la combattante qui l’a esquivée, est parfaitement inutile, mais son poing a frappé sous les côtes et la silhouette s’est écroulée avec un cri. Elle semble souffrir atrocement, symptôme d’une blessure dont on attise la douleur. L’homme s’agenouille avec lenteur. Le tatouage de son Dieu s’illumine, ses yeux se révulsent et une voix inhumaine glisse entre ses lèvres.


- ◊ -


Je relève la tête en reconnaissant celui qui s’adresse à moi par le biais de son serviteur.

« Et bien… il semblerait que tu nous donnes du fil à retordre, jeune humaine ? Tu ne t’en tireras pas, tu le sais. Je n’ai qu’à raviver ceci. »

Il pose sa main sur mon bras, juste sous mon épaule droite. Je tressaille brutalement : sous un bandage plus serré que les autres, une brulure bien connue se réveille à ce contact. La terreur m’envahit.

« Jamais… Vous n’avez pas le droit… Je ne vous laisserai jamais… »

Mes gémissements le font rire. « Mais tu n’as pas le choix ! » ricane-t-il de son timbre insupportable. Cette réplique me fait l’effet d’un électrochoc. Je plante mon regard dans celui du fanatique possédé. Et je lui assène cette phrase, celle qui guide chaque instant de ma vie : « On a toujours le choix. » Puis saisissant une flèche de mon carquois d’un geste fluide, j’égorge mon dernier assaillant de sa pointe acérée. Le sang jaillit, l’homme bascule sur le côté, agonisant, pour finalement s’immobiliser.

Je reste à terre, trop hébétée pour bouger. Je sens un liquide chaud, que je sais écarlate, s’écouler de mes plaies et de ma narine gauche, signe d’une utilisation trop violente de la magie. L’invocation de l’épée énergétique m’a été salvatrice mais risque bien de m’achever. Je repose la tête sur la mousse humide qui recouvre l’humus. La brulure de mon bras a disparu mais la peur que m’inspire cette sensation est toujours là. Je n’ose pas retirer le pansement par crainte de ce qu’il pourrait masquer. Si jamais

Un frisson me secoue. Définitivement épuisée, je perds connaissance.

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Dernière édition par Lucyll Freespirit le Sam 25 Jan 2014 - 0:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Ven 24 Jan 2014 - 23:24

Le monde était chagrin. Et moi Ergaïl, je voulais pleurer avec tous la disparition de nos proches ,mais cela m'étais interdit. Je devais tenir bon. Alors, je murais mon coeur dans une prison de glace, pour ne l'y ressortir que bien plus tard. Chacun sanglotait et je sentais que je devais prendre les choses en mains. Il fallait prendre des décisions immédiatement. Sinon notre sort serait scellé. Il fallait tenter le tout pour le tout.
Il n'y avait plus d'avenir ici, si nous reconstruisions notre vie à cet endroit elle serait hantée par les fantômes de cette bataille. Sans parler des prochaines armées qui nous envahiraient. Aucune alternative autre que la fuite ne s'offrait à nous.
Alors que les dernières larmes coulaient encore sur mon visage, je pris le commandement en les écrasant du revers de la main. Les Orzaaliens étaient trop éperdus aujourd'hui pour choisir un chemin, à moi de le leur montrer désormais, c'est ce que Lizzy m'avait demandé, de laisser ma propre peine à plus tard pour pouvoir guider les miens vers un avenir meilleur, au moins le temps qu'ils reprennent gout à la vie. Et je le ferais coûte que coûte
Heureusement, mon ami Arzal était là pour m'aider. C'était le seul Vampyr au village. Envoyé par la reine pour nous aider. Pour lui, la guerre et la désolation étaient une routine. Officieusement, il était là pour veiller sur Ambre. Entraîné par les événements de la bataille, tout comme moi, il n'avait pas pu remplir sa mission, et il brûlait de se rattraper.


Tandis que je tenais Ambre dans mes bras, nous prenions des décisions lapidaires et rapides.
- Il faut partir d'ici et rapidement. Tout reconstruire, dis-je.
- Vous êtes les principaux ennemis de Sortemb, il va vous chercher dans peu de temps et vous devrez être loin. Le plus possible.
- Comment ? La prochaine vague d'homme sera beaucoup plus rapide que nous, chargés de nos vivres ! m'exclamais-je.
- Pas le choix Ergaïl, nous devons téléporter.
- Mais tu sais bien que c'est extrêmement instable et aléatoire ! Nous pourrions aussi bien tous arriver en morceaux !
- Dans deux semaines au mieux, nous serons tous morts de toute façon si on n'essaye pas. Le royaume ne tardera à venir prendre sa revanche. Tu sais qu'eux, les pertes ne les effraient pas. Soupira t-il.
- .....Bien.
Je pris ma voix de stentor pour que chacun m'entende.
- Levez vous tous ! Nous n'avons plus de temps à perdre ! Réunissez près du dragon le nécessaire. Les vivres, les livres, les outils. Prenez des armes, des haches et de l'huile. Prenez des vêtements des couvertures et des tentes. Amenez aussi les artefacts.
-Pourquoi faire ? M'interpella mollement un adolescent visiblement anéanti comme chacun de nous.
-Nous quittons Orzaal, fis-je d'une voix blanche .... Déterrez les dryades.
Il fallait beaucoup d'énergie pour réussir le tour de force que nous allions tenter. Et aucune dryade ne viendrait cette fois pour nous aider. Je m'avançais vers la carcasse du dragon. Ce démon méritait son sort, et pire encore. Chacun sait que ces reptiles sont des animaux magiquement très puissants. Mort, il me servirait de réserve d'énergie.


Très vite et anarchiquement, tout le nécessaire fut entassé contre le cadavre de l'animal. Alors, après avoir posée Ambre au sol, je passai à mon cou, mes bras mes jambes et sur tout le reste de mon corps les babioles du village. Des amulettes de familles, des effigies à des dieux, des sculptures d'immortels ou même parfois des legs insoupçonnés. Bref tout ce qui avait plus ou moins l'apparence d'un artefact potentiel. Je les entassai sur moi en un formidable réservoir et amplificateur de magie, tout en regardant les six arbres déracinés des dryades. D'une incroyable taille, ils n'en ressortiraient pas indemne. Mon coeur se serra quand je vis la souche de Henda brûlée. J'observais ce triste spectacle, mes pensées pleines de fantômes.
Jusqu'au moment où Arzal s'approcha de moi et me donna une pierre d'ambre grosse comme un poing d'enfant en gardant sa jumelle dans l'autre main.
-Ma reine te connais bien Ergaïl. Elle t'a pris sous son aile quand tu en avais besoin. Soë sait sur toi plus de secrets que toi ou même que Lizzy, elle sait d'où tu viens. Elle m'a dit que tout cela arriverait peut-être et que nous n'y pouvions rien. Alors elle m'a donné ça pour toi. Ces pierres font partie du trésors royal. C'est la seule aide que nous pouvons t'apporter. dit-il solennellement.
-Je les connais ... elles. Non, nous ne pouvons pas les utiliser ! Fis-je avec un signe de refus de la tête
-Je sais, l'un de nous devra rester ici si on fait la téléportation avec ces artefacts. Ce sera moi.
-C'est de la folie furieuse !
-Non, il faut un mage et un point d'ancrage, tu es ce mage. Et puis ces gens ont plus besoin de toi que de moi. De toute façon tu n'as pas le choix. Tuer tout le monde ou me laisser pour mort ici.
-J'en ai assez de sacrifier mes amis !!
-Alors fait moi le serment que je serais le dernier.
-Je refuse de te laisser là !
Malheureusement Arzal avait raison et je ne parvint pas à le convaincre. Pas plus que moi même. Je serrai les dents pour réprimer un cri de frustration et de colère. Je n'avais pas le choix, le chemin état tout tracé et limpide comme de l'eau de Planque Ouaite. Le fardeau sur mes épaules s'alourdit encore et j'acquiesçai gravement.
-Que tout le monde s'approche !!
Alors, je pris les deux extrémités des grandes cornes du dragon dans mes mains, la pierre logée dans ma paume. Puis je me lançai dans les incantation :
-ZAARDA JILYA KOLREMDA FIORYN DAL ORZL NACH !!!
Le ciel s'assombrit, un orage diluvien s'abbatît en l'espace de quelques secondes.
-UDI NEJACHA COREMZA ED ZAFIAL !!
Le vent se déchaîna soulevant des tornades de poussière et de cendre.
-MAINCAROV FUHYM DAL SINE !!
Un éclair s'abattit à son tour et la dernière chose que je vis fut mon ami foudroyé qui tombait au sol, le sourire aux lèvres.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 25 Jan 2014 - 12:10

J'ai bien dormi. Mais pendant combien de temps au juste ? Il est si faible. Que s'est-il passé ? Ah oui, la guerre. Le dragon. Mes brûlures sont encore là, et les siennes aussi. Des hommes sont tout autour de lui. Ils ont l'air de s’affairer. Que font-ils ? L'Arbre semble avoir compris. Il me donne précipitamment toute l'énergie qu'il acquiert du sol. Pourquoi ? Est-ce qu'il attend quelque chose de moi ?


Une douleur atroce m'atteint aussi soudainement qu'un coup de fouet. C'est encore pire pour lui. C'est comme si on tentait de m'arracher le cœur. Je hurle de douleur, mais il n'y a que lui pour m'entendre, et il hurle avec moi. Je dois leur dire d'arrêter, c'est sûrement ça qu'il veut. Mais il ne me laisse pas sortir. 


La douleur s'amplifie, et j'ai l'impression qu'elle ne s'arrêtera plus jamais. Elle tire, encore et encore, et je me détache. Puis plus rien. On me laisse là, agonisant, le cœur sorti de la poitrine. Pourtant je respire encore. J'ai tellement mal...

On ne tire plus d'énergie du sol, et le monde bouge autour de nous. Peut-être que c'est l'inverse.

Maintenant je comprends. Il voulait que je garde l'énergie pour la lui redonner quand il en aurait besoin. Pour le moment il en a de quoi survivre quelques heures, un jour au plus. Mais qui sait combien de temps nous devrons tenir... Je le laisse me plonger dans un profond sommeil pour utiliser le moins d'énergie possible. Il se servira de la mienne le moment venu. Puis je m'endormis dans son étreinte éternelle.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 1 Fév 2014 - 16:27

Mes yeux s’ouvrent sur un univers flou auréolé de lumière. Je doute quelques secondes de mon appartenance au monde des vivants avant que la douleur ne me rattrape, m’assurant que je n’en ai pas encore fini. Le petit matin colore le ciel de sa palette pastelle. Le soleil filtrant à travers les feuillages projette ses motifs dorés sur la mousse, donnant aux gouttes de rosée des reflets cuivrés. Cela m’éblouit. Je plisse les paupières. Un corps baignant dans son sang gît près de moi. Je détourne le regard de cette vision morbide. Le bruissement du vent et le pépiement des oiseaux me semblent étrangement inappropriés devant les vestiges du carnage de la veille. Pourtant, ces sons dépourvus de violence m’apaisent.

Paumes contre le sol.
Contraction des muscles des bras.
Douleur fulgurante à l’épaule droite.

Je serre les dents et me redresse au prix d’une pénible poussée. J’ai mal. Je ne peux pas rester ici. Et je ne peux pas non plus marcher, chargée de mon sac, dans cet état.

Impasse.

Ma chemise est imbibée de sang. Le mien comme celui de mes victimes. Tâches sombres et indélébiles. Odeur métallique imprégnant le tissu. Preuve irrévocable de sept vies arrachées.

Incapable de me remettre debout, je me traîne tant bien que mal jusqu’au premier corps. Je m’attarde à peine sur son visage figé dans une expression de souffrance que l’agonie a comme gravée dans ses traits. Fouillant dans ses poches, je déniche ce que je cherche fébrilement avec espoir : une pierre d’Acrima, un minéral cristallin renfermant l’énergie que son propriétaire y a emprisonnée. C’est un artefact très courant car très simple à réaliser et très pratique en cas d’élaboration de sortilège particulièrement coûteux magiquement, ou dans mon cas, pour reprendre des forces quand vous êtes exsangue après un effort harassant ou une blessure sérieuse. Je me concentre. La pierre n’est pas bien pleine mais c’est pour moi un trésor inestimable. La serrant dans mon poing, j’en aspire le contenu. Aussitôt, je sens une douce chaleur se répandre en moi. Je laisse tomber à terre ce qui n’est plus qu’un simple caillou gris sombre et poursuis ma quête auprès des autres cadavres. Ils en sont tous munis. Sans doute pensaient-ils compenser certaines nuits de sommeil manquées avec ces réserves ; aucun d’eux n’était magicien. Je remercie la chance, le destin ou le dieu responsable de ce cadeau qui me sauve probablement la vie.

Quand le dernier artefact se vide entre mes doigts, ma vue est de nouveau nette. Je peux me tenir sur mes deux jambes sans vaciller et je me sens suffisamment bien pour arranger mes plaies. A grands renforts de bandages et en utilisant un brin de magie, je soigne les plus sérieuses et nettoie les succinctement les plus superficielles. Puis je retourne auprès des morts. De l’index, je ferme les paupières de chacun d’eux. Je ne saurais expliquer ce geste que j’exécute pourtant souvent : respect envers mes victimes, gène devant leur regard vide ou culpabilité meurtrière ? Peu importe après tout… Qui s’en soucie vraiment ? Je rassemble mes affaires et reprends la route.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Jeu 6 Mar 2014 - 23:38

Je me réveillais lentement, avec difficulté. Peu à peu en sortant de ma léthargie, je sondais les alentours et ma mémoire à la recherche d'un repère. C'est mes blessures qui ravivèrent mes souvenirs. Elles étaient bandées du jour même, signe que l'on prenait soin de moi.
Quel que soit le temps de convalescence où j'avais été inconscient, il avait été trop long. Je ne pouvais pas encore me reposer, trop de choses étaient à faire. J'étais dans une tente de fortune aux toiles rapiécées. Allongé sur un matelas qui avait vu d'autres blessés. Ainsi avaient été nos temps de guerre désormais révolus espérais-je.
J'essayais de me redresser sur le côté de mon matelas, je fus pris de vertiges ,des tâches noires marquèrent mon champ de vision. J'attendis qu'elles disparaissent avant de me mettre debout. Bien, j'étais vacillant, mais je pouvais marcher.
Je sortis de la tente d'un pas que je voulais le plus sûr possible. A peine fus-je dehors que je tombais sur mes camarades. Ils étaient assis autour d'un feu, la mine basse et l'oeil humide. Ils avaient monté le camp mais n'avaient pas eu coeur à faire plus visiblement.
« Combien de temps ai-je dormi ?
-Douze heures à peine Ergaïl » me répondit Senbi.




Un des gamins m'amena mon bâton, ce que me permit d'avancer plus facilement. Lorsqu'il me le tendit, je pus apercevoir une flamme dans son regard. Cette flamme que beaucoup avait perdu. Un mélange d'espoir, de courage et d'audace. Il s'appelait Orno et l'avenir lui appartenait, tout comme à nous tous si nous retrouvions cet engouement pour la vie et l'aventure.
De ma main libre je pris la sienne et nous nous éloignâmes du camp pour observer ce nouvel horizon qui s'offrait à nous. Devant nous, d'impressionnantes cascades se jetaient dans le vide, derrière nous de gigantesque montagnes.
-C'est le massif du N'ril, ces hauteurs abritent de multiples rivières d'eau fraîche et une immense forêt. La forêt d'Asaray récitais-je autant pour moi-même que pour Orno.
Je fis une pause et pris une forte inspiration.
-Je suis venu ici quand j'étais plus jeune. C'est un lieu sauvage plein de quiétude. Un calme qu'il ne faudra pas perturber. La majorité de la forêt n'est pas très ancienne à cause d'un incendie qui est survenu il y a cinq cents ans parait-il. Mais son coeur, lui, a été épargné et a connu le blanc. Les êtres qui le peuplent son plein de ... caractère. Si nous ne les dérangeons pas ils ne devraient pas refuser notre présence.
-Des dryades ? Demanda-t-il.
-Oui mais pas seulement. Les forêts recèlent bien d'autres mystères ! ...
Je fis une pause où mes souvenirs m'emportèrent
- ... Tout autant que les mers et les montagnes. Il n'existe nul endroit dans ce monde où le merveilleux et le dangereux ne peut nous atteindre. La beauté malgré le danger, la vie malgré les peines.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Dim 30 Mar 2014 - 16:54

Les bruissements d’une forêt sont d’une constance presque angoissante. Jamais le silence ne m’a semblé aussi salutaire qu’en cet instant. Trop de sons emplissent l’air : gazouillis d’oiseaux dans les arbres, craquements de brindilles, glissements dans les feuillages, bêtes détalant dans les fourrés. Je ne supporte plus tout ce bruit. La lumière filtrée par les frondaisons parait si paisible… Ses couleurs chaudes devraient me redonner espoir et sérénité, or elles ne me touchent pas, comme une musique que l’on entend de trop loin pour pouvoir l’apprécier. J’ai l’impression d’avancer dans un monde froid et assourdissant. J’ai très certainement de la fièvre. L’énergie que j’ai reprise n’a pas fait disparaître mes maux.

Je marche sans regarder devant moi. La forêt est dégagée. Mon sac effleure les branches basses. Je suis dans une sorte de transe somnambule, avançant d'un pas mécanique, me contentant de mettre un pied devant l'autre. La voix du Dieu semble me poursuivre dans les méandres brumeux de mon esprit : tu ne t'en tireras pas tu le sais. Je n'ai qu'à raviver ceci. Frisson. D'un  geste compulsif, ma main se crispe sur mon bras droit. Je serre les dents, halète. Mes nerfs commencent à lâcher. Je commence à courir. Droit devant. Ignorant la douleur. Encore et encore.

Arrêt.

Une immensité mouvante ondoie devant moi. Un lac s'étendant à perte de vue, loin, très loin à l'horizon. Je tombe à genoux, essoufflée. Je retrouve le calme et la sérénité propre à ces mers intérieures telles que Brocélis. Cette douce caresse de l'eau venant lécher les rives avec régularité et délicatesse. Des bribes de mon enfance résonnent dans cette monotone danse au va-et-vient hypnotique. J'avance la main vers la surface, sens la fraicheur limpide sur mes doigts brûlants. Ce simple contact m'apaise comme jamais. Les larmes coulent doucement sur mes joues. Lassitude. Chagrin. Douleur. Rien de cela ou tout à la fois. Les raisons sont frivoles… Je me défais finalement de mon fardeau et me glisse dans l'eau froide.

Quand j'en ressors, je me sens propre. Comme lavée des derniers événements. Je m'enroule dans une couverture et admire le mouvement sans fin des vaguelettes. Quand le soleil descend du ciel pour se poser sur la fine ligne de l'infini, rougissant les nuages, je ne me lève pas. Je passerai la nuit ici et ne partirai qu'au matin. Il me faudra contourner le Lac. Par le Sud probablement. Mais cela attendra. Demain.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 19 Avr 2014 - 22:24

Le lendemain matin je me portais bien mieux. J'avais hâte de construire le futur, de réfléchir à l'organisation de chaque chose. De bien faire.
Certe la mort de mes camarades, de mes amis me pesait sur mon dos comme pour chacun de nous mais il fallait aller de l'avant. A force de me le répéter sans cesse je trouvait la volonté de mener ce travail "aller de l'avant", une fois de plus.
Pourtant nous ne pouvions pas commencer comme cela aussi facilement. Pour éviter les problèmes je devais en référer à la Dryade mère de cette forêt et m'assurer qu'elle n'était pas contre nous. Ce n'était pas chose gagnée, Isaelle, c'était son nom, était une dryade pour le peu versatile. Son arbre, un Vulne érable avait subit l'antique enchantement rendant les Natz fou. Les multiples blessures que son arbre avait subies ainsi que les divers changement d'alignement de la zone l'avait rendu folle. Ainsi, même si dernièrement elle faisait partie des dryades "bénéfiques", son comportement était imprévisible. Il n'était donc pas sûr qu'elle accepte. Pourtant, vue sa force impossible de passer outre son jugement.
Je pris donc un frugal déjeuner avant de partir vers le cœur de la forêt en en informant mes pairs.


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Jeu 24 Avr 2014 - 15:12

Mon souffle est régulier. Je suis perdue dans un sommeil sans rêve, enfin réparateur. Mais un autre souffle vient perturber le calme. Une respiration étrangère perturbe mes sens. J'ouvre les yeux… et en rencontre d'autres. Je sursaute violemment et me jette en arrière, oublie que je suis appuyée contre un arbre, me heurte le dos contre son écorce rêche et tombe à la renverse. Les deux yeux d'un violet légèrement ambré ne me quittent pas pour autant. La créature à qui ils appartiennent, vive comme l'éclair, se porte en avant, plaque un genou contre ma poitrine et m'immobilise au sol où j'ai chuté. Des cheveux noirs aux reflets pourpres irréels encadrent un visage dur et froid, donnant à ses traits féminins un aspect sauvage mais harmonieux. Sa peau, qui parait vert pâle sous le couvert des arbres m'apporte la dernière pièce permettant d'identifier mon assaillant. C'est une Dryade. Et à en juger par ses mouvements, elle est au mieux de sa forme.

J'analyse fébrilement ma situation : mon épée est rangée dans son fourreau que je ne peux pas atteindre car mes mouvements sont handicapés par la prise paralysante de la jeune femme. La fatigue, bien qu'apaisée par cette nuit bienfaitrice, alourdit encore mes gestes. Mes blessures tiraillent ma peau et il ne s'en faudrait que d'un rien pour que les plus graves se rouvrent. Il me reste encore la magie, mais face à ces êtres, je ne suis pas sûre que ce soit l'option la plus préférable…

Alors que je continue à tergiverser, la Dryade prend la parole :

"Et bien… voilà bien longtemps que nous n'avions pas eu de voyageurs humains dans notre forêt… Bien longtemps… mais il me semble que nous n'avions pas eu de voleurs d'âmes depuis plus longtemps encore…"

De quoi ? Voleurs d'âmes ? Je ne comprends pas. De quoi me croit-on coupable exactement ?

"Je ne vois pas très bien de quoi vous voulez parler… comment m'avez-vous appelée ?
- Voleuse d'âmes
, répond la Dryade avec une moue méprisante qui m'informe immédiatement de l'antipathie que suggère pour elle cette appellation, Une meurtrière. L'odeur du sang que tu portes sur les mains fait frémir toute la forêt. Mère en est toute troublée… Pourtant chacun sait à quel point son humeur est fragile. Il est dangereux d'introduire la violence sur son territoire versatile."

Le sang… Une puissance substance magique qui, avec les bons rituels, permet d'apaiser ou de réveiller la colère d'une des créatures les plus influentes qui soient.

"Je… Je suis désolée si j'ai causé la moindre gène aux Dryades qui peuplent ces bois… Je ne fais que fuir une force qui me dépasse et me protéger de mon épée contre ceux qui en veulent à ma vie."

La Dryade a un petit rire moqueur.

"Tu m'en diras tant pour les deux cents autres qui ont pénétré nos terres par le Sud, couverts de maux et de chagrin que seule la Guerre peut provoquer… Votre apparition brutale a secoué chaque êtres vivants, chaque racine, chaque merle, chaque pierre. Pensiez-vous vraiment passer inaperçus ? Mère voit tout. Et vous êtes si proches… "

Je commence à comprendre… je ne suis pas la seule à avoir investie cette forêt… sauf que je ne fais pas partie des guerriers qui sont entrés au Sud ! Quelles que soient leurs intentions, je ne les partage pas.

"Vous faites erreur. Je ne fais pas partie des envahisseurs du Sud. Je suis seule, et je ne veux que traverser…
- Tu t'expliqueras jeune humaine, mais pas à moi. Mère est inquiète pour les arbres. Les semeurs de mort ne sont pas les bienvenus ici. Je t'emmène voir Isaelle. Et ne pense pas à fuir. Je t'abattrais dans ta course sans aucun remord.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mer 7 Mai 2014 - 18:27

Je progresse à grandes foulées, tachant de tenir le rythme dansant de la marche de la Dryade. La lanière de mon sac me cisaille l'épaule mais je serre les dents. Je n'abandonnerai aucun des livres qu'il contient, quoi qu'il m'en coute. Nous nous dirigeons plein Sud. Vers l'arbre d'une Dryade Mère centenaire et versatile. Vers les autres humains fuyant eux-aussi. Rescapés d'une guerre sanglante ? Guerriers désespérés ? Armée de déserteurs ? Qui peuvent-ils être ?

Nous arrivons dans une clairière à la tombée de la nuit. Nous nous sommes à peine arrêtées. La faim me creuse l'estomac. Mon outre d'eau est presque vide. Un ruisseau coule non loin de là mais je n'ose m'y rendre de peur de causer une suspicion de trop à la Dryade qui m'accompagne. Je ne connais pas son nom et elle ne m'a pas demandé le mien. Dès notre rencontre, elle a établi entre nous une sorte de rapport de force silencieux et autoritaire, plein de formalité. Cela annonce une joyeuse conversation avec celle qu'elle appelle "Mère"…

Lorsque nous pénétrons dans la clairière, elle me pousse en avant d'une pression de la paume dans mon dos. Je manque de trébucher mais je me reprends et me voilà totalement à découvert. Au centre de l'étendue s'élève un vuln érable. Cet arbre à lui seul semble peupler la forêt entière. Majestueux, imposant, sa ramure s'élève telle une nuée d'oiseaux, dense, aérienne, agitée par une brise légère ; un nuage vert vif s'élançant à la conquête d'un tronc massif à l'écorce noueuse. J'en reste émerveillée, oubliant quelques instants ce que le vénérable érable abrite en son sein. La nature semble respirer avec lui à l'unisson. De petits animaux roux à la queue touffue et en panache gambadent dans ses branches avec naturel. De la mousse recouvre quelques racines sortant de terre dans leur enthousiasme végétal. Les frondaisons craquent paisiblement, se pliant aux mouvements du vent, frémissant jusque dans sa sève.

La Dryade derrière moi annonce alors : "Dame Izaelle, je vous amène celle-qui-troubla-notre-quiétude. "

Dans le bruissement discret de la forêt, l'appel semble résonner avec une force extraordinaire. La terre parait trembler… ou peut-être n'est-ce pas qu'une illusion ? Une lueur vient couvrir d'ombres fantomatiques les creux inégaux de l'écorce malmenée par les animaux et les êtres avides. Une silhouette se dessine alors, d'abord irréelle, comme spectrale, puis prenant de la consistance sous les traits d'une femme à la chevelure de feu.

Grande, longiligne, les cheveux volant follement dans une danse rousse que le vent seul ne pourrait produire, elle s'avance d'une démarche altière et volontaire, comme une reine s'élançant à l'assaut d'une foule. Le corps recouvert d'un feuillage clair l'habillant comme dans un drapé vivant, les pieds nus foulant l'herbe sauvage, son regard hypnotique capte le mien : un œil blanc, un autre de braise. Dans un flash, je revois deux yeux semblables à ceux-ci par leur asymétrie anormale : un bleu et un blanc, tous deux figés sur moi. J'ai un mouvement de recul involontaire, ma main vient de nouveau se crisper sur mon bras droit. Une oppressante envie de fuir me prend à la gorge. Je fais volte-face mais la Dryade qui m'a mené à Izaelle se tient derrière moi et la sévérité de son expression ne me laisse aucun espoir. Ma panique est totale. Cet œil blanc, cet œil blanc… le même… le m…

"Et bien Naegi… Qui est donc cette jeune inconnue que tu nous amènes. "

La voix suave et chaleureuse de la Matriarche de la forêt suspend le temps. Une main se pose sur mon épaule.

"Pourquoi tant de peur petite humaine…? "

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Jeu 8 Mai 2014 - 0:15

Inspirer. Expirer. Je t'assure Lucyll, tu peux le faire. Un mince filet d'air parvient à se frayer un passage dans ma gorge. Avec une lenteur extrême je me retourne. Devant moi une déesse aux yeux de cauchemars. La Dryade semble resplendir comme un astre libre. Tout en elle indique puissance et beauté. Son regard pourrait être lui-aussi sublime s'il n'évoquait pas pour moi l'une de mes haines et de mes peurs les plus tenaces. Les prunelles bleue et blanche me fixant avec fureur et perfidie flottent dans ma mémoire. Je tressaille en retrouvant dans ce visage le souvenir pénible de cette blancheur insolite qui me terrifie.

"Serait-ce ma vue qui te terrorise ainsi ? Quelque chose te dérange-t-il chez moi ? Serait-ce… ceci ?"

Elle ferme la paupière sur l'œil pâle. Je frissonne, vaguement rassurée. Les tremblements convulsifs qui m'agitaient se calment peu à peu.

"M… merci. Je… excusez-moi… Je…"

Mes balbutiements disparaissent dans un souffle. La Dryade a rouvert son œil.

"Jeune imprudente… Il en faut peu pour t'impressionner… Tu paraissais plus sûre de toi en ôtant des vies il y a quelques nuits et en troublant la paix qui animait ses lieux."

Si proche de moi. Je sens sa respiration sur ma peau. Je suis comme statufiée. Les mots mettent du temps avant de prendre sens. Mon bras me fait mal et je ne réalise qu'après un moment que mes doigts crispés bloquent ma circulation et que mes ongles s'enfoncent dans ma chair. Je suis cependant incapable de le lâcher. La Dryade fait volte-face, faisant quelques pas d'une démarche pleine de langueur, manifestant sa nonchalance. J'ai l'impression qu'elle pourrait me mettre en pièce dans la seconde avant de reprendre sa pavane sans aucun signe de préoccupation.

"Ne sois pas si craintive ma petite… Je n'ai pas encore décidé de ton sort, ta survie est donc encore envisageable… Qui es-tu donc voleuse-d'âmes ? Pourquoi venez-vous dans ma forêt, toi et tes compagnons d'infortune ?"

Le ton est posé et presque bienveillant. Je prends quelques secondes pour retrouver l'usage de ma propre voix.

"J'ignore qui sont ces compagnons dont vous parlez. Quand à moi je…
- MENSONGE !
"

Le nez d'Izaelle touche soudain le mien alors que dans un éclair elle est de nouveau face à moi, à quelques centimètres à peine. Ce brusque changement me coupe le souffle. Ses dents découvertes sur un rictus agressif et sauvage sont trop effilées à leurs extrémités. Son iris flamboyant semble prendre tout l'espace.

"Depuis des lunes et des lunes, aucun homme n'a foulé mon territoire. Imaginiez-vous que j'avais oublié le son de leur présence ? La sensation de leurs pieds effleurant nos racines ? Tu n'es pas seule, humaine-aux-paroles-mensongères. Je le sais.
- Je le sais aussi ! Et je ne mens pas !
je m'exclame, Des hommes venant du Sud s'approchent de vous. Mais je ne sais pas qui ils sont. Je viens de l'Est. Du Nord-Est. Je n'ai rien à voir avec eux. Je ne suis pas la seule humaine à vivre à l'extérieur de vos terres !"

La Dryade se tait. Silencieuse, elle scrute mon visage, comme à la recherche d'une tromperie. La paranoïa maladive qui suinte de son attitude m'effraie. Est-elle lucide ? Ou bien cette pointe de folie qui semble animer ses élans lunatiques n'est-elle pas feinte ?

"Rien… Rien à voir…"

Ce murmure… comme si elle parlait seule. Un petit rire la secoue. Nerveux. Inquiétant.

"Et d'où vient tout ce sang ? Ce sang dont vous êtes porteurs, vous les hommes ? Tu viens de l'Est dis-tu ? Mais il n'y a rien à l'Est ! Rien d'autre que ces plaines vides et vastes que sillonnent les tribus Barbares. Pourquoi es-tu venue jusqu'à nous ?
-Je fuis. Je fuis le Désert d'Orka et son sinistre habitant.
"

J'ai répondu à voix très basse, contrastant avec la voix haute et pleine de colère de la Matriarche. Son sourire revient, brusque et inattendu. Brutal changement de maintien. Elle rit comme on rit en devinant la réponse d'une énigme astucieuse.

"Ainsi voilà d'où vient ta peur de l'œil blanc… susurre-t-elle, et cela explique l'aura divine qui sourdait de chacun des pores des hommes que tu as tués… Et cette noire angoisse avec laquelle tu regardes ton bras, comme si tu espérais trouver un moyen de t'en défaire… C'est cette menace que tu espères semer en traversant Asaray, notre maison…
- Oui ma dame.
- Mais dans ce cas…
son ton change de nouveau et son visage endosse un masque de haine, Qui sont les humains-aux-cœurs-de-cendres qui viennent du Sud ? Sont-ils venus nous reprendre la forêt, notre foyer ? NAEGI !"

Le cri me fait sursauter, de même que la susnommée.

"Mère ?
- Laisse l'humaine aller en paix. Je n'apprécie guère le dieu-à-l'esprit-flottant-et-avide, elle est donc libre de passer. Mais convoque tes sœurs. Les hommes-au-chagrin-lourd s'approchent. L'un d'eux vient. Il sera là bientôt. Tenez-vous prêtes.
"

Je n'en reviens pas de m'en tirer à si bon compte. Je m'incline brièvement, dans un signe de respect et de remerciement puis tourne les talons.

"A la question que tu te poses, jeune humaine : elle guérira, mais il ne doit alors plus jamais te toucher ou elle reviendra, aussi vive que la dernière fois."

Je m'immobilise, incline la tête sans me retourner, puis je disparais dans l'ombre des arbres. Je ne réfléchis pas à la direction que j'ai prise. Et je ne réalise pas que je marche plein Sud.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Dim 18 Mai 2014 - 11:00

J'avançais avec lenteur dans la forêt. Voilà quelques kilomètres déjà que je marchais et les fourrés se faisaient maintenant très denses. Ce qui n'était pas vraiment un problème pour moi qui suit un enfant des forêts. Non le vrai soucis avait été de franchir les différentes rivières. Si j'avançais désormais lentement c'était simplement pour être discret.
Arrivé enfin dans une forêt aux arbres hauts je pris de l'élan pour grimper dans l'un d'eux. Juché au niveau de la futaie je m’arrêtai. Voilà bien longtemps que je ne m'était pas suspendu dans les hauteurs d'un arbre. C'était pourtant quelque chose d'agréable. Une fois passé le sentiment grisant de la hauteur et du risque, on se laissait aller à l'écorce de l'arbre. Simplement bercé par le souffle léger du vent dans ses branches. Je me surpris, comme quand j'étais petit, à coller mon oreille contre le tronc et à essayer de sentir le battement de la sève qui monte. Lizzy me disait toujours que c'était comme écouter une rivière s'écouler et qu'un jour je l'entendrais. Cela paraissait très lointain, maintenant qu'elle dormait et que c'était moi qui devait m'occuper du village.
Tranquillement, je me mis debout sur une des branches pour commencer à sauter d'arbres en arbres et ainsi me diriger vers le cœur de la forêt. Mes membres, ankylosés à mon réveil, reprenaient peu à peu leur souplesse, me permettant de me mouvoir avec suffisamment d'agilité. Au fur et à mesure que j'approchais du cœur de la forêt, les arbres se faisaient plus vieux et plus majestueux. Les sons étaient étouffés et un silence paisible baignait l’atmosphère. Une harmonie que je prenait soin de ne pas rompre. Mais quelque chose insidieusement s'en chargeait à ma place. Cela me faisait la même impression que lorsque l'on a les oreilles qui sifflent. J'étais déjà venu en ces terres il y a quelques années et je savait d'où ce sentiment désagréable venait, la source était juste devant moi : Le Vulne Erable de la Dryade mère de cette forêt, Dame Izaelle.
C'était de là que sourdait cette vibration gênante.

Je m'assit en tailleur en face de l'arbre, avec peine je dois l'avouer. Mes membres se montrant encore réticents à recouvrir leur souplesse complète. Une fois cela fait je sorti une fiole d’élixir que je versais au pied de l'arbre. Dans mon dos une voix féminine apparue soudainement. Sourde et pleine de menaces, elle prononça lentement  :

- Qu'y avait-il dans cette fiole Ergaïl d'Orzaal, tu n'aurais pas osé y mettre du sang j'espère ?

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Ven 23 Mai 2014 - 22:37

Je ne la voyais pas, elle était dans mon dos et moi toujours face à son arbre. Pourtant, je m'en souvenait avec précision. Drapée d'une robe végétale splendide alliant d'innombrables teintes de vert clair. Ses cheveux étaient comme le brasier d'un bosquet attisé par le vent. J'en gardais le souvenir d'une femme magnifique, à l'instar de Dame Selenia. Izaelle était une dryade que l'on ne pouvait oublier.
-Vous ne seriez pas la première Dryade à bénéficier de mon sang pour redevenir bénéfique. Cependant ça ne sera pas pour cette fois, répondis-je d'un ton paisible,  ce n'est pas nécessaire, n'est-ce pas ?
Je fixais d'un air habitué la lance dont la lame affûtée comme un rasoir effleurait mon cou pour m'égorger au moindre doute de sa propriétaire. J'évitais donc de me retourner, ce qui de toute façon n'était pas dans mon intention.
- Malgré les temps sombres qui secouent mon peuple, je suis heureux de vous revoir Dame Izaelle  , continuais-je sur le même registre. Cette fiole est un gage d'amitié de ma part, peut-être vous aidera t-il à moins souffrir de vos vielles blessures. C'est un Elixir dont la recette m'a été donnée par notre Reine.
Mon hôte, loin d'apprécier mon cadeau laissa ma gorge à portée de sa lame.
-Comment as-tu pu échapper à notre vigilance ?!
C'était une voix à ma gauche qui c'était exprimée.
-Vous détestez tellement les humains chère Elefile que vous oubliez qu'ils ne sont pas forcement plus bas que vos pieds mais parfois à votre niveau, vous devriez aussi regarder en l'air dans les branchages.
- Comment connai ...
-Je connais le nom des dryades de tout le continent
la coupais-je avec un sourire courtois qu'elle ne pouvait pas vraiment voir.  J'ai du apprendre tout ce que je pouvais m'être révélé sur les dryades. C'est grâce à ça que je sais que si les Dryades mineures ne me considèrent pas comme un danger donc elles ne vous préviendront pas.
Soudain Dame Izaelle se colla dans mon dos et m'enlaça, ce qui n'était pas vraiment prévu.
-C'est fascinant ce que la reine et sa sœur ont fait de toi !! Tout cet entrainement pour en arriver là, tu sers bien la Reine !
J'avais l'impression qu'elle venait de se métamorphosée en une petite fille à qui ont avait fait un tour de magie. C'était déstabilisant, presque autant de ce faire câliner par une dryade millénaire. Pourtant aussitôt elle reprit une voix aussi glaciale que les terres Valkyries et me serra bien plus fort.
-Mais un meurtrier bestial tel que toi n'est pas digne d'être l'instrument de Dame Selendia !!
Il m'étais absolument impossible de me défaire de son étreinte, elle me tenait aussi sûrement qu'un chaton en cage, j'étais à sa merci.
-C'est à la Reine d'en décider, pas à nous. Lui répondis-je alors que je commençais à étouffer.
-ELLE SE FOURVOIE  !! rugit la matriarche de la forêt
-Peut-être, mais vous êtes comme moi. Une meurtrière qui à assassiné d'innombrable fois et qui c'est même repue de ses ennemis ! Cependant un jour vous redeviendrez comme avant !
-ASSEZ !!!
L'ordre claqua, cinglant. Elle se redressa et me leva de force, me soulevant de terre sans que cela ne semble lui demander le moindre effort. Je vis que les autres Dryades tremblaient, même si elles essayaient de le cacher la colère de la matriarche leur faisait peur. Il faut dire qu'Izaelle était terrifiante.
Il y eût un long silence au pied de l'arbre, jusqu'à ce qu'elle reprenne d'un ton mielleux :
-Mais je manque à tout mes devoirs d'hôte, pourquoi viens-tu me voir dans mes terres Ergaïl d'Orzaal ?
-Je souhaite rebâtir Orzaal sur les falaises à l'Ouest de la forêt d'Asaray.
-Impossible.
Cette fois elle n'avait même pas haussé la voix, pourtant ce n'en était que plus impressionnant.
-Les arbres du cercle Dryatique de la défunte forêt de Malac doivent-être replantés, leur survie en dépend !
-Faîtes-le et partez ensuite.
-Je crois plutôt que je vais demander à la Reine son autorisation de nous installer. Dis-je en serrant les dents.
Cette Dryade était trop folle pour nous comprendre. Elle s'en moquait d'ailleurs, pour elle les humains n'avaient jamais été qu'une gène ou un danger.
-Je raserais ton village Ergaïl !!
Doucement je lui répondis :
-Je vous soignerais un jour Izaelle, j'exilerais votre douleur insoutenable, j'en fait le serment.
Elle fut d'abord étonnée de cette réponse, puis, lentement, son visage se décomposa en un masque de tristesse. Son œil blanc pleura, seul et rempli de tourments.
-Je souffre … aide moi …
- Je sais ... murmurais-je
Je marchai à reculons en regardant la souffrance dans ces yeux pour la gravée dans mon esprit. Car c'était la mission impossible que m'avait donné Dame Selendia, soigner le peuple des dryades. Elle avait prédit qu'un jour peut-être j'y parviendrais. Après quelques seconde je me retournais avec l'impression de fuir un combat trop dur pour moi.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Dim 25 Mai 2014 - 1:13

Une bête traquée, voilà ce que je me fais l'impression d'être. Je fixe chaque arbre, me figurant qu'il m'observe, que sa conscience dryadique se focalise sur chacun de mes gestes, tentant de sonder mon propre esprit. Furtivement, les sens aux aguets, j'avance par à-coups. Mes yeux fouillent les branchages qui me bloquent le chemin, les buissons foisonnant sur le sol, les ramures qui s'élèvent loin au dessus de moi. La paranoïa me guette et je guette un ennemi qui n'est pas là. Accroupie, debout, je me faufile dans la végétation. J'ai du mal à savoir où je vais. Les cascades à l'Ouest, les montagnes au Sud et au Nord ; pour sortir de cette forêt étouffante et interminable, les choix me semblent tous plus difficiles les uns que les autres. J'ai donc pris le parti d'avancer droit devant. De mettre le plus de distance possible entre l'arbre de la Dryade-Mère et moi.

La nuit prend lentement possession du ciel, faisant disparaitre la lumière diurne dans une patiente agonie. Avec les derniers rayons du soleil perçant les feuillages denses, c'est la chaleur qui s'en est allée. Le froid commence à engourdir mes doigts. En cette fin de Temps Doré, les crépuscules apportent les prémices d'un vent insidieux qui sévira avec sournoiserie au Temps Carmin, embaumant Zéfial dans une atmosphère frileuse.

Je dépose mon sac, ramasse sur le sol quelques pierres et branches que j'amasse méticuleusement. "Urya." Le bois s'enflamme spontanément. Une pensée concernant mon incapacité à faire un feu sans l'aide du Quenya me traverse l'esprit fugitivement. Je m'affale lourdement. Malade, certainement. Blessée, sans aucun doute. Fatiguée, esseulée et lasse. Mais vivante et libre. Le mystère entourant ce miracle me fait sourire. La chance ne m'aurait finalement pas totalement abandonnée. La lueur du brasier écartera les animaux nocturnes et les hommes du Sud sont sans doute bien trop loin pour la percevoir de l'autre bout de la forêt. Je m'allonge et me cale contre mon sac, en tire un livre. Je ne l'ai jamais ouvert et le découvre avec curiosité : un manuel de cuisine illustré d'aquarelles représentant les herbes utilisées dans les plats ou des assiettes garnies de couleurs. La diversité des trésors que renferment ces minces feuilles de papier m'étonnera toujours. Amusée, j'en tourne les pages un moment puis choisis un autre grimoire. Au bout d'un long moment au cours duquel je me perds dans des phrases que j'oublie aussitôt lues, je finis par sombrer dans le sommeil. Ma joue glisse sur la toile de ma besace avant d'y trouver un creux où se lover. Le livre me tombe des mains et bascule en avant, ouvert sur ma poitrine, sa couverture de cuir animée par les ombres des braises scintillantes. Ma respiration s'apaise. Je m'abandonne à la nuit en toute quiétude.


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Ven 30 Mai 2014 - 22:02

Cette deuxième rencontre avec Izaelle m'avait secouée plus que je ne le pensais. La dryade subissait une douleur constante depuis des centaines d'année et malgré les dires de la Reine je ne pouvais rien y faire. Ma potion ne calmerait sa douleur que quelques mois, c'est à dire peine un battement de cils pour une Dryade et un traitement plus puissant était hors de ma portée.

C'est la mort dans l'âme et le regard fixé sur le bout de mes pieds que je retournais en direction du camp. J'avais déjà bien marché, il faisait nuit maintenant depuis bien deux heures. Ce n'était plus la guerre et tout allait aller mieux mais je n'arrivais pas à m’ôter de la tête l'image d'Izaelle me suppliant de l'aider. Je passais devant un feu de camp à l'agonie pour continuer vers la rivière. J'étais tellement dans mes pensés que mon cerveau mit un certain temps avant de m'informer de l'anomalie dans le paysage. « Un feu?! En pleine forêt inhabitée ?! »

Je fis brusquement demi-tour pour voir de quoi il en retournait. Une jeune femme se reposait juste là, et le terme reposer était faible. Cette aventurière avait de multiples blessures mal bandées, le visage griffé probablement par des branchages, elle semblait épuisée et en pleine cavale. Pourtant elle semblait dormir sereine, ses cheveux blonds étalés sur son sac. Elle avait une besace et un livre pour tout bagages. « Que fuit-elle pour s'être retrouvée dans cette forêt ? » Je m'assis en tailleur devant le feu après l'avoir raviver avec un peu de bois sec des alentours. Je sortis de mes insondables replis de toiles une minuscule théière en fonte dans laquelle je mis quelques pincés de plantes broyées avant de la poser sur un coin du feu.

Je ne sais pas ce qui me poussait vraiment à faire ça, j'aurais pu passer mon chemin et laisser cette femme continuer son parcours le lendemain. La curiosité peut-être, mais je pense surtout que tout ce que j'avais vécu au lieu de me rendre insensible m'avait apprit au contraire à ne pas abandonner quelqu'un qui semblait aussi faible. C'était une combattante, son arme le montrait mais le bruit que j'avais fait n'avait pas suffit à la réveiller. J'en déduit qu'elle devait-être épuisée ou même malade.

Je pris une tasse pour verser mon thé. De toute façon j'aurais bien du mal à dormir ce soir, je décidais donc de veiller jusqu'au réveil de l'aventurière. Contrairement à ce que je pensais je m'endormis rapidement de l'autre coté du feu. Grâce au confort que me procurait mon immense cape et mes multiples toiles et étoffes j'eus presque l'impression de dormir sur mon lit de fortune au camp.

Quand je me levais le matin elle dormait encore, je ravivais une seconde fois le feu pour faire une fois de plus du thé. Quand je me retournais vers la femme, elle avait disparut «  mais où est-elle donc ...? », je fus coupé dans mes pensés par la lame d'un fleuret qui pointait dans mon dos.

-Je n'aime pas la tisane.
Je n'osais pas me retourner, la seule réponse appropriée me parut alors :
-C'est du thé …
A mon grand étonnement elle arrêta de me menacer son épée :
-Qui êtes-vous pour avoir du thé ? C'est très rare ! Et surtout pour venir me voir à mon réveil !
Pour autant elle ne baissa pas totalement sa garde, ce qui semble normal dans ce genre de situation, quel idiot je faisais !

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 31 Mai 2014 - 0:58

Il est là, assis près de mon feu, la main suspendue au dessus de la théière, les herbes séchées entre les doigts. Quelque chose cloche affreusement dans cette situation. Un inconnu prépare un breuvage raffiné au beau milieu d'une forêt peuplée de Dryades vindicatives. Le fait que je sois vêtue d'une chemise éclaboussée de sang ne semble pas l'avoir frappé, sinon pourquoi se serait-il arrêté de la sorte ? Immobile, la menace de mon épée, que je pointe à présent vers le sol sans rompre totalement ma garde, le dissuade du moindre geste. Il me tourne le dos et je peux le détailler à loisir. Ses cheveux sombres, qu'il porte longs, sont noués en catogan par un lien de cuir. Une gigantesque et monstrueuse épée est fixée dans un fourreau calé entre ses omoplates, soulignant sa forte carrure. Son épaule gauche porte les marques d'une blessure récente mais ayant été soignée et bandée avec soin. Je n'aperçois pas son visage, tourné vers le feu, mais il me semble y discerner quelques estafilades. Qui que ce soit, l'homme qui se tient devant moi est un guerrier dont le dernier combat est très récent. Dans mon esprit plusieurs phrases défilent alors : "… Tu m'en diras tant pour les deux cents autres qui ont pénétré nos terres par le Sud, couverts de maux et de chagrin que seule la Guerre peut provoquer… Les hommes-au-chagrin-lourd s'approchent. L'un d'eux vient. Il sera là bientôt."

"Il est étrange qu'un homme fuyant la guerre emporte avec lui cette boisson des plus subtiles qu'est le thé. Vous êtes l'un des envahisseurs du Sud que les Dryades craignent comme la peste, n'est-ce pas ? Il semble qu'elles ne soient pas vraiment réjouies par votre présence…
- Il est vrai que Dame Izaelle ne paraissait pas ravie de me voir,
répond le combattant, légèrement étonné, mais nous nous en arrangerons. Et vous, qui êtes-vous donc ?
- Personne. Je ne suis entrée dans cette forêt interminable que pour en sortir. Mais je prendrais volontiers une tasse de thé avant de reprendre ma route.
"

Je contourne le feu, plaçant les braises incandescentes entre l'étranger et moi. Je découvre un visage aussi jeune que le mien aux yeux mordorés vifs et observateurs. Même loin de la guerre, il a gardé le qui-vive du chasseur… ou du chassé. Je pose mon sac lourd de livres à côté de moi, serre les dents en m'asseyant en tailleurs, grimaçant légèrement au pincement causé par la blessure de ma hanche, pourtant refermée à présent. Celle de mon épaule est également calmée. Seul le bandage trop serré qui couvre mon bras m'inquiète encore, malgré l'absence de douleur ou peut-être justement à cause de cela. Mais je ne me risquerai pas à y jeter le moindre coup d'œil, d'ailleurs, personne ne retirera ces fines bandelettes de ma peau avant longtemps. Je tâche de rester imperturbable, il n'est pas dans mon intérêt de dévoiler ma faiblesse alors qu'un homme, sans doute en train de jauger mes gestes et mon attitude, pourrait décider de changer son apparente affabilité contre une approche plus agressive. Il me tend une tasse par-dessus le brasier que je saisis, effleurant des doigts rugueux. Je resserre la couverture dans laquelle j'ai dormi sur mes épaules, me protégeant d'un froid que ma fièvre tombante doit susciter.

"Et où partez-vous ensuite ? Rejoignez-vous le Sud ?
- Je… Je crois que cela ne vous concerne pas. De toute manière, je ne vais nulle part, mon seul objectif est de partir le plus loin et le plus vite possible. Où ? Cela n'a pas la moindre importance, pour vous comme pour moi.
"

Je prends une gorgée de thé, me murant dans le silence. Qui que soit ce guerrier, son étrange amabilité me met mal à l'aise. Je ne peux m'empêcher d'y opposer de la méfiance. Les derniers êtres qui m'ont approchée ne transpiraient pas la sympathie, et le comportement de l'homme avec qui je partage la chaleur du foyer mourant cache forcément un intérêt dissimulé que je ne parviens pas à décrypter pour le moment. Il ne m'a pas tuée dans mon sommeil quand il en a eu l'occasion, ce qu'il espère obtenir m'échappe. Néanmoins, je me permets de baisser la garde, ma lame est posée à terre près de moi, l'arc d'Alzar ceignant paisiblement mon poignet sous sa forme de bracelet aux perles de bois. Je n'ai pas réellement envie de fuir dès à présent la première chaleur humaine que je rencontre depuis longtemps. Fixant le surprenant inconnu, je sirote le breuvage sans mot dire.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 31 Mai 2014 - 12:08

Je la voyais mieux maintenant qu'elle s'était levée, ses cheveux à peine ébouriffés par son sommeil s'étalaient en une magnifique et volumineuse crinière dont les mèches oscillaient entre l'or et le caramel au gré des rayons de lumière. Ses vêtements trahissaient des semaines qui avaient du être dures car malgré leur bonne facture ils étaient sales et déchirés. Deux yeux noisettes piqués de paillettes rousses me scrutaient avec autant d'attention que je le faisais, tentant avec expertise de me jauger. je souris discrètement.
- La malédiction qu'on m'avait apposée sur mon épaule fut particulièrement dure à soigner. Le reste n'est que broutilles, des blessures de la dernière bataille de la guerre du sud-est.
-Je n'en ai jamais entendu parler.
Elle semblait méfiante ce qui paraissait normal.
-Il faut que les survivants parlent pour qu'une guerre se fasse connaître. Or je crains qu'aucun de nous n'ait vraiment envie de raconter cette histoire avant moment, fis-je avec un sourire forcé.
Elle fixait le feu, les yeux dans le lointain.
-Vous savez, vous avez raison votre périple ne me regarde pas. Pourtant, malgré tout, je crois que je ne peux que me sentir concerné de ce que vous comptez faire dans l'état où vous êtes.
Elle n'eût aucune réaction.
-Moi et mes amis nous allons rebâtir notre village sur les falaises de l'ouest. Vous devriez venir dans notre campement provisoire, nous pourrons vous donner des bandages neufs pour vos blessures et vous pourrez vous reposer dans ce qui ressemble à un vrai lit avant de repartir. Je pourrais vous indiquer quel chemin prendre ...
Il y eut un silence, elle semblait hésiter, j'ajoute donc en riant :
-Et puis nous avons plein de thé !
Puis quelques secondes après avec un sourire qui se voulait rassurant  je lui dis sur un ton badin :
-Je ne me suis pas présenté, je m'appelle Ergaïl.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Dim 1 Juin 2014 - 23:56

En entendant le nom du guerrier je détache enfin mon regard des flammes. Cela ne semble rien, mais donner son nom est pour moi la première marque de confiance que l'on puisse témoigner à quelqu'un. Je fixe un moment son épaule, comparant inconsciemment sa blessure à la mienne. La proposition est tentante, je l'admets, mais je crains toujours un guet-apens.

"Lucyll, je lâche avec nonchalance, Je peux me débrouiller seule."

Je tente de museler cette agressivité inopportune. Le malaise que je ressens face à cette sollicitude inattendue me perturbe. Pourquoi ce type se soucierait-il de ce que je peux bien devenir ? Où est le piège ? Qu'espère-t-il ? Pourquoi n'a-t-il pas simplement passé son chemin pour rejoindre les siens ? Les questions tourbillonnent et s'entrechoquent. La peur ressurgit.

"Et pourquoi feriez-vous cela ? Qu'est-ce que vous attendez en échange ? Je n'ai rien à vous offrir, je suis désolée."

Avant qu'il n'ait pu répondre je me lève brusquement, mon sac sur l'épaule, écrase du pied les quelques braises survivantes et tends la tasse à son propriétaire.

"Merci pour le thé, cela faisait longtemps que je n'en avais pas bu d'aussi agréable."

Je me suis levée trop vite ; un léger vertige m'oblige à reculer d'un pas et à prendre appui sur un arbre proche. Ne pas lâcher la tasse. Je resserre les doigts avant qu'elle ne m'échappe. Ergaïl m'observe silencieusement. Je soupire et lui concède un sourire las devant l'évidence de ce qu'il me reste à faire :

"Je ne sais vraiment pas pourquoi vous feriez cela… Je veux dire : vous avez sûrement mieux à faire que de soigner une inconnue dont vous ne savez rien si vous comptez reconstruire votre village après une guerre. Je ne sais même pas qui vous êtes ni ce que vous fuyez. Mais je veux bien faire un bout de chemin avec vous si vous allez au Sud. Nos routes se sépareront plus tard…"

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mer 4 Juin 2014 - 9:50

Je voyais bien qu'elle se méfiait de tout et surtout de mes intentions. "C'est cela qui a dut la sauver ces derniers jours" me dis-je. Je tenta donc de paraître rassurant pour la tranquilliser.
- Justement, j'ai ce travail gigantesque de faire les plans et de reconstruire notre village. Cela ne changera pas grand chose si en plus je prend soin de quelqu'un. Je ne suis plus à ça près.
- C'est absurde mais admettons, pourquoi feriez vous ça ? Demanda t-elle Vous n'y gagner rien, je n'ai même pas de quoi payer des bandages.
- Parce que vous êtes mal en point, malade, blessée et que vous tenez à peine debout. Ce n'est pas un séjour en forêt qui vous aidera à vous rétablir.
- Et alors, qu'est-ce que vous en avez à faire ?

Nous avions commencer à marcher vers le Sud et il y avait toujours cette agressivité dans sa voix, on avait la sensation que c'était devenu un réflexe. En réalité elle était simplement lasse. J'avais l'impression que c'était une résistance de pure forme qu'elle opposait. Elle était tellement épuisée qu'elle ne cherchait même pas vraiment à trouver raison, à peine à se convaincre elle-même.
- D'abord, ce que j'en ai à faire c'est de ne pas avoir le poids sur ma conscience de votre mort prochaine. Il n'y a pas que les Dryades qui sont agressives dans les forêts. Et puis j'ai encore joie de rencontrer une inconnue et à discuter avec elle, même si nombreux sont ceux qui ont essayé de m'égorger ... de nombreux autres contact me furent très bénéfiques.
Il y eut un silence que seul le bruit de nos pas rompait.
- Et puis quelqu'un qui semble lire beaucoup comme vous aura sans doute des bonnes idées à me souffler. Ce serait une précieuse aide, une rétribution si ça peut vous rassurer.
Nous continuèrent ainsi à marcher et je me préparais à tout moment à devoir la rattraper.

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