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Dans un univers féerique, des personnages aux destins héroïques naissent du bout d’une plume guidée par l’imagination. Cherchant un moyen de réaliser leurs rêves les plus fous au gré d’aventures et de rencontres, magiciens, guerriers ou bandits partent pour un voyage qui changera leur destinée. Ils devront faire preuve de force et de courage, d’ingéniosité et de talent pour trouver la porte qui les guidera jusqu'à l’objet de leur convoitise. Aux quatre coins d'un monde aussi magnifique, qu’hostile, rempli d’êtres et de créatures de légende, le combat ne fait que commencer…
Alors écris ta propre histoire, incarne ton héros et pars à l’aventure dans le passionnant univers magique de Domhan !

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 Orzaal, les origines [Mial 1294]

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 27 Déc 2014 - 1:55

Ayant abandonnée Lucyll à son sort, je suis les travailleurs que j’ai désignés pour la construction des fondations. Tout de suite, j’emploie ma magie pour former les tranchées. En quelques vagues d'énergie la terre vole et le gros du travail est fait, chacun s’emploie alors à finir de creuser, et à aplanir la surface. L’effort fournit me fatigue un peu et de la sueur perle sur mon front. Personne ne se formalise de quelques gouttes de sueurs ou de quelques égratignures ici. En à peine une demi-heure un cercle parfait, de trente centimètre de profondeur est prêt à recevoir les pierres adéquates pour servir de fondations. Une fois que les bases seront faites, les murs seront bâtis, puis les poutres seront placées, etc.

Si les fondations sont en forme de cerle c'est parce que j'ai voulu faire le grenier rond. C'est toujours plus compliqué de faire un bâtiment rond. C'est même difficile ensuite à meubler et à organiser. Mais cette forme à quelque chose pour elle. C'est les bâtiments ronds qui perdent le moins de chaleur pour un maximum de surface, et cette chaleur sera précieuse durant l'hiver quand nous nous y protégeront tous. Et c'est aussi dans un espace rond qu'on se sent le mieux. Enfin, c'est ce que disent les meuniers.


C'est maintenant que le vrai travail commence. Un que je ne peux pas réaliser avec la magie : Faire un mur. J'organise une chaîne humaine depuis le lit de la rivière où on va tirer les pierres pour la construction. Premier maillon, j’avance vers les flots tranquillement.


Soudain un mouvement dans l’eau. Je sursaute, surpris. Le reflet de la lumière m’empêche de distinguer ce que c’est et je n’aperçois fugitivement que quelques écailles s’enfoncer dans les flots. Un serpent ? Le doute s’insinue en moi. Est-ce raisonnable d’entrer dans ces eaux inconnues ? « Le risque de morsure ne t’a jamais empêché de te baigner idiot ! » me dis-je à moi-même pour me rassurer. Je scrute cependant l’onde, inquiet.


Finalement je mets le pied dans l’eau en me tranquillisant. Elle n’est pas très froide, surtout pour quelqu’un qui a vécu dans la citadelle des Vampyrs, et j’y entre jusqu’aux mollets avec plaisir. Peut-être même irais-je me baigner demain matin ? A condition de me méfier des serpents qui semblent roder.


Une fois les pieds fermement encrés je saisis la première pierre et je la passe derrière moi. Puis la seconde. Et ainsi commence un long travail harassant. Chaque pierre que je prends est transportée de main en main, puis posée à sa juste place. C’est un effort long et dur mais qui m’emplit de joie. Chaque pierre passe par cette chaîne d’Hommes que nous sommes pour former les fondations puis faire monter ce mur. A chaque fois que j’enfonce mes mains de l’onde, je reconstruit un peu plus mon village.


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mar 30 Déc 2014 - 1:30

Les mots glissent de ma bouche en un filet ininterrompu. Les enfants sont suspendus au récit. Je leur parle d'Elfes et de Sirsheps, du port d'Eseope, d'un dragon dormant sur une île et friand de souvenirs, d'une mer déchaînée, de Sirènes affamées, des peuples du Nord, d'Elfes encore… Je leur décris les êtres et les paysages comme on dessine des portraits : à grands traits nets mouchetés de détails insolites. Je les amuse d'un personnage, les effraye d'un autre. Dans leurs têtes naissent un voilier, une reine, un guerrier et milles autres mythes tandis que les acteurs de ma vie défilent dans la mienne.

Je m'arrête soudain. Jusqu'à présent j'ai romancé mes voyages, caché la violence, conté le merveilleux, mais rendue à ce point de non-retour de mon histoire… Le silence flotte comme un nuage indécis. Mon regard se perd dans le vide tandis que les images défilent dans ma mémoire.

"Et après que tu sois revenue il s'est passé quoi ?"

Ce qui s'est passé après ? On m'a détruite de l'intérieur en prenant garde à ce qu'il ne reste rien de moi. On a frappé, frappé où ça fait mal. Je me suis effondrée et on a frappé encore. J'ai supplié que tout cela s'arrête, et que je disparaisse simplement, comme on efface un cauchemar en détruisant le rêve. Mais on a frappé sans relâche. Je n'étais plus qu'un objet brisé de la vie dont l'existence ne tenait à rien et n'importait à personne.

"Après… dis-je d'une voix qui manque de se briser, Après on a tué mon père. Et on m'a tuée avec."


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 3 Jan 2015 - 23:25

Des mains plongeaient dans l’eau pour arracher à la rivière ses roches. Et Elle était là, Elle observait tout en silence. La rivière ne manquait pas de pierres pour parer son lit et en peu de temps il serait tout aussi bien drapé. Cependant, tout ce mouvement faisait du remous et le remous envahissait l’eau de poussière. Ce n’était pas grand-chose, en apparence, mais peu à peu un nuage de terre emplit l’eau comme de l’encre qui se dilue. Ce trouble sembla hésiter, sur le bord, timide. Puis, alors qu’il ne faisait que grandir, il s’approcha un peu du milieu de la rivière et se laissa aller en écharpes brunes par le courant. Ce brouillard sépia glissait, à peine nébuleux, troublant l’eau cristalline pour quitter son artisan et voyager jusqu'aux chutes.

Sur son passage, Elles surent toutes. Il y avait de nouveaux habitants, cela allait poser problème. Ce soir, Elles se réuniront pour décider comment le résoudre.


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Jeu 8 Jan 2015 - 19:00

Je me retranche dans mes souvenirs, laissant le silence aux enfants qui marmottent entre eux. Je n'ai aucune envie de continuer le récit, sachant qu'il est tout à fait vide de merveille. Ne reste que la lutte, le chagrin et la douleur. Seule dans mes pensées, je sursaute quand une petite main potelée prend la mienne avec maladresse et compassion. Je lève les yeux vers l'enfant qui me regarde d'un air à la fois candide et adulte de l'innocence ayant subi le deuil. La fillette haute comme trois pommes me dit alors :

"Tu sais, on vient tous d'un village qui a été attaqué et on a du partir. Mon papa s'est battu pour nous protéger mais il n'a pas réussi à se sauver. Il est mort et je le reverrai plus jamais. Je suis triste quand je dis ça, mais les gens sont gentils et me consolent. Parce qu'on a tous quelqu'un qu'on aimait très fort qui est mort aussi."

Je sens mes yeux s'embuer mais j'écoute attentivement ce que cette gamine est en train de m'apprendre de toute la maturité de ses huit ans.

"Je pense qu'on a le droit d'être triste. Mais je pense qu'on doit pas mourir aussi. Parce que d'autres gens seraient tristes pour toi et parce qu'il n'y aurait plus personne pour être triste pour ton papa. Moi j'ai pas envie d'oublier mon papa."

Des larmes coulent sur mes joues. Mais je souris.
Quand je reviens au campement je suis toujours entourée d'enfants souriant, mais je suis surtout entourée de gamins plein de sagesse qui partagent comme moi la perte d'un parent. Je ne suis pas seule. Le cœur serein, je vais prêter main forte aux travailleurs.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Lun 26 Jan 2015 - 9:02

Les personnes avec qui j’étais forçaient le respect. Toutes donnaient du cœur à l’ouvrage et personne ne voulait s’arrêter malgré l’épuisement. Connaissez-vous cette fatigue que l’on a quand on construit un mur ? C’est quelque chose qu’on ne comprend pas si on ne l’a pas expérimenté. Charrier des pierres ainsi et les placer est un effort éreintant, heureusement ces hommes et ces femmes qui m’accompagnaient sont tous des héros. Ils avaient les nerfs solides et le corps habitué aux dures et longues tâches, mais surtout ils étaient têtus ! Plutôt que d’être totalement fourbus à la fin de la journée je décidai de ralentir le chantier. Et c’est à ce moment précis qu’on comprend ce qu’est la fatigue de faire un mur : ignorant les courbatures et les ecchymoses on se dresse fier en regardant son travail. Sans songer à nos mains meurtries qui seront plus calleuses demain si c’est possible. Nous avions très efficacement travaillé et le mur faisait déjà un bon mètre de haut ! Ce serait tout pour la maçonnerie d’aujourd’hui.

Il était alors six heures de l’après midi. Chacun pris une petite pause, certains en allant s’asperger le visage, d’autres en s’allongeant dans l’herbe pour profiter du soleil radieux. Lucyll faisait partie de ceux-là. Ayant réussi à s’échapper, non sans quelques gamins à trousses, elle était revenu avec un sourire paisible nous aider à la tâche.

La laissant se reposer je souris et pars voir l’avancement des autres travaux où la rumeur de la pause c’est rependue rapidement. Avec plaisir je vis que nous n’étions pas les seuls à avoir été énergiques. La construction des clôtures en bois pour le corral était finie et les hommes étaient passés à la construction d’une modeste petite cabane en bois pour que les bêtes puissent plus tard s’abriter. Quelques chèvres et béliers étaient dans leur nouvel enclos avec une prise des trappeurs : un petit bouquetin. L’élevage de cette animal sauvage risquait d’en occuper plus d’un.

Les quelques forestiers n’avaient pas chaumé non plus et des tas de bois étaient à sécher pour rapidement pouvoir construire avec ce matériaux précieux ou alors nous chauffer cet hiver. Mais le plus impressionnant restait les jardins qui se construisaient méthodiquement et où des arbres sauvages de la forêt avaient été plantés. Des carrés, des tressages d’osier et des murets en pierre sèche se formaient en sculptant le paysage.

Pour finir chacun se lança avec satisfaction dans des travaux moins physiques jusqu’à la tombée de la nuit où chacun se réunit pour manger.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Lun 9 Mar 2015 - 0:21

La nuit tombée, je me laisse tomber sur l'un des troncs de cinq mètres de long que quelques bucherons ont disposés en un grand cercle pour permettre à chacun de s'asseoir. Je ne me fais toujours pas à l'ambiance familiale de ce peuple. J'aurais pensé que les gens mangeraient par petits groupes, par foyers dans leurs tentes respectives. Mais il n'en est rien. Après cette journée de labeur épuisante mais gratifiante, tout le monde se réunit là, bavardant avec plus ou moins d'énergie, attisant des feux sur lesquels mijotent ou grillent les denrées qui nourriront l'assemblée de ce soir. Les assiettes circulent. Les verres aussi, même si les enfants font l'objet d'une surveillance prudente pour éviter qu'ils n'aient droit aux mêmes boissons que les adultes. L'alcool réchauffe les gorges et rougit les joues. On réclame de l'animation pour fêter l'avancée des travaux marquant le début de cette nouvelle vie par des silhouettes concrètes de bois et de pierres. Une Ajannile se lève et se met à chanter. C'est un air joyeux et dansant qui donne envie de frapper dans les mains. Ceux qui le connaissent fredonnent avec elle. Je regrette qu'il n'y ait pas une cithare. J'aurais enfin pu mettre à profit les leçons que mon père m'obligeait à suivre à Haoreo en offrant de la gaité musicale à cette soirée. Les gamins réclament des histoires. C'est un Tullus ronchonnant qui se laisse finalement attendrir, menaçant d'envoyer au lit le premier qui l'interromprait. Le conte se déroule dans leurs esprits enfantins comme dans ceux de leurs aînés, tandis que mes doigts bougent distraitement, créant de distraites arabesques colorées aux formes indistinctes, figurant vaguement les personnages de la légende. Orno m'observe du coin de l'œil, fasciné.

Quand la nuit enveloppe enfin ce petit monde de son drap de sommeil, les bâillements se multiplient et chacun songe à rejoindre sa tente. Les lumières s'éteignent peu à peu. Les tours de garde débutent. Je rejoins la petite tente qu'on a montée pour moi. J'ai passé une excellente soirée. Voilà des lustres que cela ne m'était pas arrivé. J'ôte ma veste et me déchausse, dépose mes affaires au bout du lit pour ne garder qu'une chemise avant de me fondre dans les couvertures. Ce luxe est immense. Néanmoins, je sors ma propre couverture de voyage de mon sac posé dans un coin, pour m'emmitoufler dans le tissu familier. Il est taché, effilé à certains endroits, mais son odeur inimitable de vécu m'est nécessaire pour m'endormir dans la quiétude. Un livre pour caler ma tête, comme lors de mes nuits en forêt, je sombre dans le sommeil le sourire aux lèvres. Demain, je pense avoir retrouvé assez d'énergie pour mettre ma puissance magique au service des constructions. Le bonheur de me sentir utile me berce dans mes dernières minutes d'éveil.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Dim 15 Mar 2015 - 2:27

Après une agréable soirée, je retournai dans ma tente redevenue solitaire pour écrire quelques messages diplomatiques dont j’enverrai les missives aux diverses factions alliées demain. Puis je pris un pinceau et un bâton de graphite pour griffonner ce qui me passait par la tête. Il me semblait inutile de chercher l’épuisement pour m’endormir ce soir, je ne pris donc pas la peine de veiller jusqu’à quatre heure. J’étais paisible et même si des images de batailles me hantaient encore j’arrivais à les tenir à l’écart. Je ne tardai donc pas à aller me coucher.

~õÕõ~

Je vis mon hamac encore accroché de la nuit dernière. Après quelques instants de réflexion  je dénigrais mon lit pour la sensation de liberté procurée par le balancement libre de la toile suspendue. Je pris donc une couverture et m’emmitouflait avec délice à l’intérieur. Pour une fois il ne me fallut pas longtemps pour que le sommeil m’emporte. Le lendemain se présenta radieux à travers les interstices de ma toile de tente. Comme d’habitude je fus le premier levé, la rosée s’était déposée sur l’herbe haute mais le matin était déjà chaud par un soleil vigoureux. L’air sentait exquisément bon, probablement grâce à ce magnifique Jasmin sauvage qui était en fleur à quelques dizaines de mètres. C’était encore une bonne journée qui se profilait !
~õÕõ~

Je saisi une grande toile de lin en sortant de ma tente et je me dirigeais vers l’extérieur du campement. Je marchais tranquillement, pied nu dans l’herbe tendre tandis que le glougloutement de l’eau se faisait entendre. En quelques pas je me retrouvai devant l’eau qui clapotait. Cela faisait longtemps que je n’avais pas commencé la journée avec un bon bain dans une rivière. Elle était limpide,  avec quelques belles algues ondulant dans le courant. J’abandonnais ma serviette et mes vêtements sur un arbre de la rive pour profiter qu’il soit tôt et donc d’une parfaite intimité.

~õÕõ~

Lentement j’avançai dans l’eau jusqu’aux genoux. En faisant un petit effort de volonté je m’immergeais entièrement ce qui fit s’enfuir quelques poissons. Quelques vaguelettes semblaient essayer de les poursuivre. Je nageais vers le cœur de la rivière en faisant jouer mes bras avec bonheur, l’eau sembla alors à la température idéale.  J’en profitais en nageant pendant une dizaine de minutes à contre-courant avant de me rediriger vers la rive. Soudain une vive douleur m’assaillit à épaule.

Je n’eu que le temps de me noyer dans les yeux verts de la femme au doux visage qui m’entrainait vers le fond de l’eau avant de perdre conscience.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Dim 29 Mar 2015 - 3:33

Le haut, le bas, tout est confus. Je suis prisonnière de quelque lien invisible dans une noirceur totale. J'étouffe. Me noie-t-on ? Mes doigts s'accrochent, tirent, tentent de déchirer ce qui m'entrave. Panique. Respiration saccadée. De l'air ! Laissez-moi sortir ! Choc dans le dos. Je me recroqueville. Inutile d'appeler à l'aide. Je n'ai plus qu'à lâcher prise.

Je me réveille. Je suis tombée de mon lit et me suis emmêlée dans mes draps. Mes doigts continuent frénétiquement de se crisper sur leurs replis. Le souffle haletant, je reprends pied avec la réalité, m'efforçant de chasser le sentiment de claustrophobie qui fait battre mon sang à mes oreilles à un rythme excessif et violent. La lumière chaude du matin tente de m'apaiser de ses reflets pastel. Au bout d'un long moment je finis par me calmer et à respirer d'une façon plus régulière, entrecoupée de hoquets, restant parfaitement immobile, allongée au sol. Chaque inspiration siffle entre mes dents serrées à m'en faire mal. Très lentement je me redresse, écartant la couverture du bout des doigts. Une goutte de sueur dévale la chute de mon front pour contourner la courbe de ma joue et se perdre dans ma nuque. Je replie mes genoux contre ma poitrine. Air frais dans mes narines. Brise sur mes lèvres. Je relève la tête. J'ai besoin de me laver, là maintenant, de cette impression d'entrave collant à ma peau. J'attrape une de mes couvertures pour pouvoir me sécher, m'habille légèrement d'un pantalon de lin gris et sors pieds nus pour me diriger vers la rivière.

Mais alors que je me dirige vers la berge, je m'arrête. L'herbe couchée sous mes pieds me l'avait discrètement dicté : quelqu'un a eu la même idée que moi ce matin. Des vêtements pendent sur la branche d'un arbre proche. Je jette un vague coup d'œil vers l'eau pour identifier le baigneur. Homme ou femme ? Dois-je trouver un coin plus tranquille un peu plus loin en amont ? Je n'aperçois pourtant personne. Je fronce les sourcils intriguée. L'eau clapote sans heurt. La curiosité l'emporte sur la discrétion : j'avance à découvert jusqu'au bord de l'eau.


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Dim 12 Avr 2015 - 13:05

Spoiler:
 

Je me réveillai à grand peine dans une caverne. Les poumons remplis d’eau j’essayais de respirer sans succès. Deux mains appuyèrent violement sur ma poitrine et je recrachai une quantité impressionnante de liquide avant de retomber inconscient.
Mon deuxième réveil fut plus fructueux mais pas moins laborieux. Mon corps semblait entièrement engourdis, comme ankylosé et j’eus des difficultés à me redressé sur le rocher où j’avais été posé. Instinctivement je palpais mon épaule où deux crochets semblaient s’être plantés, mon bras gauche refusait lui de bouger. Mais qu’est-ce qui m’arrivait bordel ?! Je pris une grande inspiration pour essayer de me calmer. Plus je paniquerais et plus le venin qui suintait encore de la plaie se rependrait vite. Soudain le visage de mon agresseur me revint, celui d’une femme aux yeux verts. C’était vraiment à n’y rien comprendre.

Malgré mon ahurissement je me mis en quête de réponses en détaillant mon environnement. C’était une caverne mais elle ne semblait pas naturelle. Il n’y avait aucun angle, tout semblait y avoir été poli dans une pierre blanche et calcaire. Comme si des milliers de mains avaient passé des siècles à frotter les murs. Qu’est-ce qui avait bien pu façonner cet endroit ? Je nageais en incompréhension totale.
Derrière moi il y avait un petit lac, c’était probablement de là que je venais. Il semblait y avoir des inscriptions au fond de la salle, de l’autre coté. J’essayais donc péniblement de me lever pour aller les observer faute de mieux.

- Vous devriez vous rassoir, vous allez vous effondrer d’une minute à l’autre.

Abasourdi je m’exécutais avant même de réaliser que j’avais un interlocuteur, visiblement dissimulé dans la pénombre au fond.

- Mon nom est Ergaïl. Qui êtes-vous ?
- Ton nom ne nous intéresse pas.

C’était une deuxième voix, celle-ci venait du lac. Et elle semblait tout aussi chaleureuse que la première. Tout cela commençait fort bien. Dans quel guêpier m’étais-je encore fourré ? Alors que j’essayais en vains de trouver une réponse, un frôlement sur la pierre se fit entendre et ma première interlocutrice sortie de l’ombre.

C’était la femme qui m’avait emporté, son visage était illuminé par des yeux d’un vert incroyable et encadré par des cheveux épais d’un noir profond. Mais ce n’était pas ce que l’on notait en premier malgré sa beauté. Un immense corps de serpent partait de son bassin et ondulait sur plus de cinq mètres, ses écailles noires s’affinaient et se décoloraient en remontant vers les hanches pour laisser place à une peau semblant humaine à partir du nombril. Ses bras et sa poitrine étaient parés d’un textile qui m’était inconnu. Sa façon de se mouvoir était hypnotisante et le temps que je la détaille je fus entouré par une dizaine de ses congénères.

Soudain une pensée troublante me revint : J’étais nu au milieu de femmes. Ce qui semblait nullement les gêner. Avec appréhension je fis comme si de rien n’était puisque je n’avais pas vraiment le choix n’ayant aucun vêtement sous la main.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Lun 13 Avr 2015 - 20:17

Personne. Pas une ride sur la surface ininterrompue de l'eau. La rivière est calme et ne semble agitée d'aucun remous. Aucun être humain ne nage sous sa surface ni ne profite de sa fraicheur sur sa peau. Pourtant quelqu'un a bien du se baigner à cet endroit. Les vêtements en attestent. Je marche jusqu'à l'arbre et les déplie. Ils sont masculins et de grande taille, sans doute appartiennent-ils à l'un des guerriers du campement. Avisant une dernière fois le point d'eau et les affaires attendant leur propriétaire, je décide de remonter un peu le courant pour faire mon brin de toilette. Je laisse vêtements et couverture sur la rive et avance vers l'eau. Elle est froide, la chaleur solaire contraste durement avec sa limpidité revigorante. Serrant les mâchoires, je m'y engage quand même, y entre jusqu'à la taille, me débarbouille le visage, puis, après m'être frictionnée deux ou trois fois, je m'enroule dans ma couverture et profite des rayons matinaux.

Je remonte finalement au campement, chemise et pantalon flottant souplement à chacun de mes pas. Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais pas légèrement vêtue. Ma tenue de voyage, constituée d'une chemise épaisse, d'une cape, de bottes et d'un pantalon de toile solide ou de cuir, alourdissait grandement mes mouvements mais semblait nécessaire pour affronter le froid nocturne, le vent mordant ou de la pluie battante. Je retrouve une certaine liberté à porter des tissus aussi fluides et simples.

Alors que je reviens vers le village de tentes, je rencontre quelques mines renfrognées, indécises ou simplement dans l'attente. Je fronce les sourcils, surprise. Cherchant à déterminer la cause de l'agitation, j'interroge quelqu'un. L'homme, qui semble travailler le bois avec une ardeur admirable d'après les travaux d'hier, avise mes cheveux mouillés comme pour se souvenir de la personne qu'il a en face de lui, puis me répond :

"Nous attendons Ergaïl. C'est lui qui dirige les travaux. Nous pouvons nous en sortir seuls bien sûr, mais pour rester cohérents, il est plus sage de suivre une même direction. Il n'est pas si tardif d'habitude, je ne sais pas ce qu'il a fait de sa nuit, mais la plupart des gens étant déjà levés, il serait bon que nous nous mettions au travail. Nous avons un village à reconstruire."

L'information tourne quelques secondes dans mon esprit, puis, mue par une réflexion rapide je m'avance vers la tente du guerrier et en soulève un pan. Comme je m'y attendais, elle est vide. Les questions fusent alors "Où est-il passé ? A-t-il dit à quelqu'un où il partait ? Est-ce que quelqu'un l'a aperçu ce matin ? Rien de notable cette nuit ? Doit-on organiser une recherche ?" L'inquiétude commence à percer. Une femme s'avance alors et déclare d'une voix forte : "Que tout le monde se calme. Je propose que chacun poursuive les travaux entamés hier. Que dix d'entre nous partent à la recherche d'Ergaïl pour être sûr qu'il ne lui est rien arrivé. Allez, hop hop hop ! Tout le monde au travail." Cette prise de décision rassure les troupes et chacun s'en va s'acquitter de sa tâche. La jeune femme, Litha si je me souviens bien, rassemble autour d'elle quelques volontaires qui s'arment. Je me joins à eux après être allée chercher mon épée et mon bracelet de bois. Alors que la meneuse s'apprête à emprunter une direction au hasard pour commencer la battue, je l'interromps.

"Je crois avoir une idée de l'endroit où débuter les recherches." indiqué-je.

On fixe de nouveau ma chevelure humide puis on m'écoute avec attention.

"Il y a des vêtements là-bas, sur un arbre, près de la rivière. Son propriétaire n'est pas près d'eux. Il est bien possible que ce soit ceux d'Ergaïl."

Sur un signe d'approbation de quelques uns, nous nous dirigeons vers la berge.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Lun 13 Avr 2015 - 22:28

D’habitude, face à une situation comme celle-ci j’imagine toutes les possibilités pour m’en sortir, j’échafaude des plans ou je prends les armes. Là c’était plus dur de réfléchir en étant dans mon plus simple appareil en compagnie exclusivement féminine. Et il était très compliqué de faire fi de mon embarras. Du coup je fus complètement pris de court lorsque l’une de mes geôlière me demanda d’une voie cinglante :

- Qui est le chef de votre Tribu ?

- C’est moi.


Répondis-je de but en blanc sans réfléchir.

- Voilà qui simplifie les choses s’exclama l’une d’elles.

Elle avait le corps couvert d’écailles noires avec des motifs rouges en losange et la peau bronzée. C’était celle qui semblait la plus âgée, peut-être une quarantaine d’année. En tournant autour de moi elle exigea :

- Vous devez partir !

- Ca ne va pas être possible
répondis-je en durcissant le ton.

- Si tu refuses tu finiras dans le ventre d’une de mes sœurs et tes semblables seront décimés de la même façon ! Siffla t-elle.

"Dévoré, rien que ça ?" Un frisson parcouru mon échine. Je n’imaginais même pas disparaitre sans pouvoir prévenir les miens. Je jaugeais mes interlocutrices, j’avais toujours été incapable de percevoir les auras. "Etaient-elles magiciennes ?" Je ne le savais même pas mais si c’était le cas j’étais en très mauvaise posture.

- Si je vous tue toutes, ça n’arrivera pas
dis-je d’une voix plate que je voulais assurée.

Elle me jaugea à son tour, puis se dressa sur son corps reptilien. Elle aurait fait deux tête de plus que moi si j’avais pu me tenir debout. Ses traits étaient crispés en un masque de fureur. Sa langue claqua et soudain son visage se métamorphosa : ses yeux furent embrasées par le feu de ses pupilles. Sa peau devint craquelée et noire comme le charbon. Ses os se firent saillants et ses cheveux se muèrent en une armée de serpents crachant. J’étais terrorisé, si mes jambes ne se dérobaient pas à moi j’aurais déjà été loin, fuyant cette calamité. Incapable de marcher je la voyais s’approcher de moi. Des larmes de terreur perlaient sur mes yeux ; j’avais l’incarnation du mal en face de moi et mon sort serait probablement scellé dans une douloureuse effusion de sang. Je tremblais comme une feuille sur mon rocher.

- ARRIERE !! Hurlais-je à plein poumons.

Sans que j’aie à y penser ma magie bouillonna en moi m’auréolant de doré. Je ne pouvais pas bouger mais je défendrais chèrement ma vie.

- SI VOUS AVANCEZ UNE ECAILLE DE PLUS J’ANEANTIS CET ENDROIT !!! Vociférais-je  en armant mon bras valide d’énergie.

Ce simple mouvement me fis légèrement chanceler, l’épouvante qui me tenait au entrailles et le venin m’empêchait de me contrôler. Toutes ces femmes-serpent s’éloignèrent en sifflant et le venin ne me laissa pas d’autre choix que de m’allonger. Une violente fièvre me pris et je m’endormi sans pouvoir lutter.


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mar 14 Avr 2015 - 0:45

L'un des pisteurs inspecte les vêtements de lin. "Pas de doute." fait-il simplement. Litha hoche la tête.

"Ergaïl sait très bien nager. Il n'a pas pu se noyer, précise-t-elle, pas tout seul…"

La phrase reste en suspend. Je surprends un nouveau regard sur mes cheveux séchant lentement au soleil. Je plisse les yeux, sentant la suspicion s'installer. Une sorte de besoin de me justifier me pousse à préciser :

"J'ai aperçu les vêtements en cherchant un endroit tranquille pour me laver. Je n'ai vu personne, il avait déjà disparu quand je suis arrivée…"

Le silence pèse quelque peu. "Continuons." lance l'un des membres de l'expédition. Nous nous répartissons sur la rive, cherchant des indices, des traces de pas, un endroit où Ergaïl aurait pu sortir de l'eau… Le courant n'est pas violent, personne n'aurait pu se faire emporter par mégarde, c'est certain. Plus bas en aval, Kein, un chasseur, nous informe "Il y a des branches qui bloquent la rivière ici. Si Erg' avait eu un accident, il se serait échoué là !". Nos recherches en amont ne sont pas plus fructueuses. Pas un indice, aucune trace de quelqu'un, seulement les traces de mes propres pas à l'endroit où je me suis baignée. La tension s'intensifie, sous-jacente. Nous ne savons comment continuer et personne ne se résout à rentrer bredouille sans même les prémices d'une piste. Je ne comprends pas. Rien ne semble montrer qu'Ergaïl soit sorti de la rivière. Or s'il y était encore, nous l'aurions vu. Sauf si…

"S'il a été emporté par une créature aquatique. murmuré-je.
- Que dis-tu ? Tu as trouvé quelque chose ? demande ma voisine, une ajannile aux yeux jaunes troublants
- S'il n'avait pas quitté l'eau ? S'il avait été entrainé par quelque chose d'aquatique ? Ou même quelqu'un ?"

Le groupe considère la proposition.

"Que peut-on trouver dans les courants de ces contrées ?"


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mar 14 Avr 2015 - 15:19

Un des trappeurs répondit :

- On ne sait pas trop, ces rivières sont tranquilles à l’amont des cascades, mais profondes. Nous ne savons pas du tout ce qui peut s’y trouver en dehors des quelques poissons que l’on a pêché.

On sentait tout le regret dans sa voix. Il semblait penaud alors qu’il n’y était pour rien.

- On a bien vu quelques serpents aquatiques mais rien qui aurait pu empêcher un homme de revenir sur la berge. Les forêts se sont révélées beaucoup plus dangereuse pour le moment.

-Y’a un début à tout, rétorqua Litha d’un air sombre. Mais on ne va pas faire une battue des rivières …

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mar 14 Avr 2015 - 16:46

Je me réveillais. Bon point ! J’étais encore vivant visiblement et même pas dans l’estomac d’une de mes ravisseuses. C’était presque étonnant, elles auraient pu venir à bout de moi lorsque le venin m’entravait. Lentement je me relevais. Deuxième bon point, je n’avais aucune idée du temps durant lequel j’avais dormi mais le venin avait été éliminé de mon organisme. A quelques mètres j’aperçu la terrifiante femme serpent au corps noir veillait. A mon grand soulagement elle avait son apparence normale. Je me rassis et évitais tout mouvement brusque.

Elle me regardait avec une appréhension mal dissimulée. Ma magie l’aurait effrayée ? Pourtant la sienne était autrement plus terrorisante ! Malgré cela j’avais une femme inquiète devant moi. Je ne savais pas trop quoi penser ou faire. Elle semblait mon ennemie mais était craintive comme je l’étais d’elle. Etait-elle vraiment hostile ? Après tout, elles auraient pu simplement me noyer dans la rivière ou m’abattre dans mon sommeil.

Ça ne me coûtait rien d’essayer de l’aborder de manière plus pacifique. Je pris le ton le plus tranquille et obligeant que je pus :

-   Je crois que nous faisons fausse route en nous menaçant ainsi. Voulez-vous bien que l’on recommence depuis le début ?

Il n’y eut que ses yeux suspicieux et le silence pour me répondre. J’insistais pourtant :

- Qui êtes-vous ? Je n’ai jamais vu personne comme vous ou vos sœurs.

Je fus presque étonné d’avoir une réponse cette fois.

- Nous sommes des Serchanes. Nous vivons dans ces rivières.

L’animosité n’avait pas quitté sa voix, loin de là, mais j’étais trop heureux d’engager la discussion pour m’en formaliser.

- Pourquoi exigez-vous que l’on parte ? Nous avons vous offensées ?

Il y eut un lourd silence qu’elle rompit après une dizaine de secondes. Je crus qu'elle ne voulait pas me répondre mais sa voix claire me contredit :

- Les humains ne font toujours que tuer ceux qui ne sont pas des leurs. Tôt ou tard si nous ne vous chassons pas c’est vous qui nous tuerez.

Je fus étonné, je m'attendais à tout sauf ça.

- C’est vrai, d’ailleurs se sont des humains qui nous on chassés nous.

- Vous êtes peut-être les victimes aujourd’hui mais demain vous serez les assaillants, rétorqua t-elle

- Nous ne sommes pas comme ça.

- Je ne vous crois pas, les humains sont aussi changeants et versatiles que les saisons. Vous ignorez votre propre nature destructrice. Nous connaissons des races qui par delà les âges ont voulu croire en la paix et ont disparues de votre faute.

Je n’avais absolument aucun moyen de la convaincre. Je changeais donc de sujet de peur d’envenimer l’échange ; mon interlocutrice était à prendre avec des pincettes.

- Les Serchanes vivent dans ces eaux depuis longtemps ?

- Nous avons réussi à quitter notre ancienne contrée il y a plus d’un siècle, faisant ces courants nôtres. Beaucoup d'entre nous n'ont pas pu nous suivre, parfois l'un d'eux s'échappe et nous rejoint.

- Vos anciennes eaux étaient hostiles ? Des Nayades peut-être ?

- Ces crapauds ?! Nous en faisons notre petit déjeuné lorsqu’elles se perdent chez nous. Non c’était un tout autre danger.


Elle sembla partir dans ses pensées quelques instant avant de me demander :

- Pourquoi voulez-vous parler ?

Sa voix était posée, toute animosité avait disparue

- J’ai l’impression de vous comprendre un peu, alors j’essaye de trouver une solution qui nous ira à tout les deux.

- Il n’y en a pas, vous devez partir.
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mer 15 Avr 2015 - 0:57

Nous nous dirigeons finalement vers le campement. Personne ne peut pister quoi que ce soit dans le courant. Nous récupérons les vêtements d'Ergaïl au passage. Je ne sais pas si c'est une bonne idée, sa réapparition miracle pourrait toujours advenir, et l'arrivée du héros disparu serait sans doute quelque peu ternie dans sa grandeur par la nudité fortuite dudit héros… Rentrer bredouille a plongé l'expédition dans un silence frustré. Je suis sans mot dire en queue de peloton. La conclusion finale me rassure d'un certain point de vue : les pisteurs semblent avoir cessé d'établir un lien imaginaire entre mes cheveux mouillés et la disparition dans un lieu humide du guerrier. Quand nous arrivons aux tentes, de nombreux villageois nous attendent, anxieux. Personne n'a vraiment eu le cœur à l'ouvrage dans l'inquiétude baignant chacun dans des hypothèses plus ou moins tragiques. Litha annonce notre échec, désigne les vêtements trouvés et enjoint à un conseil d'urgence. Les commentaires vont bon train, la forgeronne qui avait pris la tête des opérations paraît délaisser son rôle, indécise quant aux directives véritablement utiles à donner. Personnellement, j'aurais bien un avis sur la question, mais je ne tiens pas à me proclamer meneuse de ce village qui me connait à peine…

"Les maîtres chasseur, tanneur, menuisier, forgeron, avec moi. Les maîtres tisserand, éleveur, et meunier, vous organisez les travaux aujourd'hui en prenant garde à suivre une certaine cohérence dans vos actions. Je ne veux voir personne agissant seul. Les enfants doivent être sous vos yeux en permanence, personne ne s'approche de la rivière ou ne s'aventure profondément dans les bois. Que ceux que j'ai appelés me suivent."

La femme qui vient de parler semble s'écrouler sous le poids des ans. Son visage est si ridé que ses yeux semblent perdus au fond de deux plis d'un tissus tanné par le soleil. Je ne saurais dire si sa taille minuscule est due à la courbure de son dos, où si sa nature Tullus l'avait déjà affublée d'une hauteur peu généreuse. Sa voix n'a pas flanché. Chaque injonction a été énoncée clairement et d'un ton sans appel que personne ne penserait contredire. Un gamin qui s'est glissé dans la foule à deux pas de moi sourit jusqu'aux oreilles. "C'est Gemma, la maître conteuse, me murmure-t-il comme un secret, Quand elle parle, tout le monde l'écoute tout le temps. Mon papa il pense qu'elle a une voix magique. Mais il dit toujours après que maman en a une plus jolie encore surtout quand elle lui rappelle qu'il faut qu'il remue son derrière pour l'aider.". Il pouffe, sans doute habitué à cette scène familiale, la rejouant avec amusement dans sa tête. Je lui souris en retour puis la foule se disperse tandis que chacun s'en retourne à sa besogne sous les indications des trois maîtres de métier.


- o –


Voilà quelques heures que tout est tranquille. Chacun s'affaire, attendant l'annonce de la décision du conseil improvisé. Alors que je cloue avec fermeté une planche récalcitrante, des cris d'alerte se font entendre au campement. Aussitôt, chacun empoigne l'outil à sa portée, rassemble les enfants sous la protection d'un homme ou d'une femme, puis se rue protéger son village de fortune, craignant le pire, les réflexes d'une guerre saisissant les esprits. Je remonte comme les autres vers les tentes… mais je m'arrête vite en apercevant la cause de l'agitation : deux êtres reptiliens jusqu'à la base du tronc nous toisent de toute leur hauteur impressionnante. Elles ne sont pas armées ni ne semblent agressives, mais tout dans leur attitude et leur silhouette clame un danger sauvage.

Les villageois forment autour d'elles un cercle silencieux et menaçant. Le conseil de fortune leur fait face et Gemma s'avance, s'aidant de sa canne de bois noueux. Elle lève le menton ce qui lui donne une aura toute particulière. Comme un héraut s'apprêtant à donner un discours grandiose.

"Qui êtes-vous donc, créatures ? Venez-vous en paix ?"

L'une des deux femmes-serpent répond d'une voix grave, chaude aux accents sifflants.

"Nous avons un message à délivrer de la part d'Ergaïl : que les plus braves et les plus habiles prennent les armes et me rejoignent. J'ai besoin de cinq d'entre vous pour m'épauler dans une mission. Guerriers et mages pourrons m'aider. Si nous réussissons, notre village acquerra ses premiers alliés de poids pour sa reconstruction et la paix qui y règnera. Je vous demande à tous de m'accorder une fois encore vos bras et votre confiance. Je vous attends."

Un silence vient clôturer ces paroles. Plusieurs guerriers s'agitent et le bruissement de la suspicion bourdonne à nos oreilles. Avant que la situation n'échappe à tout contrôle, Gemma a la présence d'esprit de reprendre la parole.

"Qui que vous soyez créatures, comment vous croire ? Notre chef a disparu ce matin, rien ne prouve que vous ne l'avez pas tué et que vous ne comptez pas faire de même pour les cinq malheureux qui vous suivront.
- Tu juges bien vieille dame, mais nous n'avons rien à t'offrir que notre parole. Si nous ne revenons pas saines et sauves auprès de lui en revanche, la tête de votre guerrier reposera au fond de l'eau avant le coucher du soleil.
"

L'ultimatum est posé. "Moi, fait quelqu'un dans l'assemblée, J'irai." "Et moi aussi !". Trois volontaires s'approchent et attendent les suivants. J'ai une dette envers cet homme, je le sais et n'ai d'autre choix que de m'en acquitter. Les vêtements d'Ergaïl reposent dans sa tente, je vais les chercher. Alors que je m'apprête à la quitter, quelqu'un entre derrière moi et m'indique : "Le bâton et l'ambre, il en aura besoin autant que d'un pantalon… voir même plus si tu veux mon avis.". Il s'agit de l'ajannile qui m'accompagnait pour la battue. Je la remercie et ressors en sa compagnie. Nous nous avançons et complétons la troupe. Je ne sais pas si ma place est légitime dans cette équipe, mais avant que quiconque ait pu en douter, un petit claquement de mains retentit. Un enfant applaudit. Suivit par un autre. Et un autre. Finalement ce sont tous les villageois qui frappent joyeusement dans leurs paumes. C'est sous ce bruyant encouragement que nous partons, suivant nos guides.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Jeu 16 Avr 2015 - 0:48

J’étais nerveux, il y avait toutes les raisons du monde pour que cela dégénère. Mais il avait bien fallut que je tente quelque chose. Que je trouve une solution. Je m’avançai vers le fond de la salle et m’asseyais en me remémorant le dialogue que nous avions eu  avec la Serchane:

- Il doit y avoir un moyen de vous montrer que nous avons le cœur bon.

- Il n’y en a aucun. Les humains sont ce qu’ils sont, des êtres qu’il nous faut rejeter ou avaler pour survivre. Vous n’avez qu’à choisir ce que vous préférez !
S’amusa t-elle avec un sourire mi-figue mi-raisin.

Mais je n’avais ni envie de finir digéré, ni de repartir.

- Il y a des enchantements qui permettent de faire une promesse en donnant sa vie en gage. Je suis prêt à faire l’un d’eux. Dis-je l’air grave.

- Peut-être, rétorqua la Serchane, mais votre vie n’engage pas vos congénères.

- Dans ce cas demandez nous quelque chose qui vaille votre confiance.

Son visage s’assombrit.

- Je crois que vous préférez partir plutôt que ça.

- Je vais vous démontrer que non. Vous prouvez que si nous sommes des Hommes nous n’avons pas tous les défauts du monde. Nous nous entraidons au-delà de notre intérêt personnel, nous savons apprécier les différences des autres.

Je fis une pause, elle ne me croyait pas, je le voyais dans son regard.

- Dîtes-moi ce que les Serchanes souhaitent le plus au monde. Nous vous l’apporterons, en gage de sincérité.

Elle resta silencieuse quelques instants et puis me fixa droit dans les yeux avant de me conter :

- Je ne suis pas comme mes sœurs. Elles sont nées ici et ne connaissent pas ce que le reste de leur peuple vit. Je viens des flots que leurs aïeules ont réussi à quitter comme je l’ai fais il y a quelques années. C’est une chance que n’ont pas la plupart des Serchanes aujourd’hui en vie.

Elle me montra du doigt le bout de la caverne, cette étrange paroi recouverte d’inscriptions plus précisément. Elles se mirent à briller dans le noir soudainement, comme si les désigner suffisait à en activer la magie. Alors une ouverture apparut.

- Derrière ce porche qui est le seul passage, se trouvent les eaux des iles sacrées dans lesquelles notre divinité nous a plongées il y a bien longtemps. Mais elle a disparu et un terrible monstre aquatique devint le gardien de ces lieux. Empêchant quiconque de sortir ou d’entrer. Il y a trois générations, cela ne posait pas de problème, les îles et leurs eaux douces ressemblaient à la félicité et le monstre ne faisait de mal à personne tant que nous nous tenions loin du porche. Mais il grandit et devint de plus en plus vorace. Lentement nos proies disparurent et la nature se flétrit. Nous plongeant dans une terrible famine.

Les yeux de la Serchane s’assombrissaient au fil de son récit.

- C’est une calamité qui a débuté il y a des dizaines d’années. La nature est maintenant morne et certaines zones du lac des marécages. Les eaux sont devenues saumâtres et les Serchanes ne survivent guère plus de trente ans. Nous préférions tuer nos bambins que de les laisser dépérir lentement dans nos bras. Si vous remédiez à ça d’une quelconque manière alors je veux bien croire en vous aveuglement.

- Je serais ravis de vous aider, laissez moi y aller avec cinq de mes meilleurs camarades et nous essayerons de faire tout notre possible.

- Très bien, deux de mes sœurs porterons votre message chez vous.


L’importance de cette discussion m’avait presque fait oublier que j’étais nu et que je n’avais aucune crédibilité.




~õÕõ~






Une quinzaine de Serchanes somnolaient ensemble  dans une alcôve attenante. Moi j’étais assis en tailleur et je réfléchissais à tout ça en silence, observé par une sentinelle qui me surveillait de loin.
Mes pensées et leur sommeil furent interrompues par une Serchane crevant la surface de l’eau à l’autre bout de la grotte. Puis une autre et les cinq courageux volontaires avec elle.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Lun 20 Avr 2015 - 2:09

Cramponnés à nos guides, nous avions fendu les eaux de manière totalement inédite pour chacun d'entre nous. Chacun s'était senti un peu gêné de devoir entourer de ses bras la gigantesque queue de ces femmes-serpents, de sentir se mouvoir entre nos membres serrés les longs et puissants muscles sous la peau écailleuse et humide. Sauf peut-être notre compagne Ajannile qui semblait s'accommoder de tout, un grand sourire d'excitation dans les yeux, prête à en découdre. Nos étranges meneuses avaient pris garde à émerger régulièrement pour nous permettre de respirer, mais la fugacité de ces passages avait quelque chose d'épuisant et de précipité, si bien qu'à l'arrivée, nous nous étions sentis essoufflés et lessivés par cette nage exceptionnelle.

Quand la Sershane crève la surface de l'eau, nous découvrons une grotte dans laquelle attendent nombre de ses congénères, ainsi qu'Ergaïl, assis en tailleur à même la pierre. Celui-ci se lève à demi à notre approche, puis rougit jusqu'aux oreilles en se souvenant de sa nudité un peu trop tardivement. Il se rassoit donc sagement, n'osant se lancer dans une diatribe flamboyante dans son plus simple appareil.

"Bel effort Ergaïl, se moque l'Ajannile, Tu as presque fait croire à ton innocence, mais cette exposition n'a été manquée par personne tu sais ? Néanmoins, tu laisseras tout le monde indifférent aujourd'hui !
- L'eau était froide.
répond l'autre taquin
- Dans ce cas j'espère que ta prochaine baignade sera plus… chaleureuse !" conclut la première avec un clin d'œil appuyé.

J'observe l'échange sans savoir quoi dire ou faire tandis que l'un de mes compagnons toussote fortement. "Lucyll, je pense que tu devrais donner ses vêtements à Ergaïl avant que Nissia ne dérape totalement… et qu'il ne la suive…" Le jeune homme qui vient de parler ne semble pas particulièrement gêné par le jeu de grivoiseries des deux Orzaaliens mais paraît beaucoup plus soucieux du regard que posent sur nous nos silencieuses hôtesses. J'apporte donc ses affaires au guerrier, détournant les yeux ostensiblement et reculant très vite pour retourner parmi les volontaires qui patientent en regardant ailleurs, mis à part Nissia qui semble se faire une joie de glousser malicieusement en guise de commentaire.

Pendant qu'Ergaïl s'habille, je détaille un à un mes compagnons d'aventure : deux humains, assez jeune, vingt-cinq ans tout au plus attendent en se tenant très droit pour l'un, un peu courbé pour l'autre. Il ne fait aucun doute qu'ils sont frères, peut-être même jumeaux car leur ressemblance est frappante : même yeux bleu cobalt, même front haut et même cheveux châtains, fins et souples, même peau mâte. Néanmoins leurs postures soulignent deux personnalités différentes. La première, épaules en arrières, menton levé, mâchoire carrée, nez droit, indique un jeune homme habitué à jouer de son corps et à impressionner ceux qui lui font face de sa stature. La seconde, le dos plus courbe, la tête légèrement penchée pour observer les gens par en dessous, le nez légèrement retroussé et le visage plus fin, démontre d'un naturel plus réservé, peut-être plus réfléchi et observateur. Bien qu'ils soient de la même taille, ils jouissent chacun d'une prestance personnelle ce qui permet de les discerner au-delà de leur stupéfiante similitude. Chacun d'eux s'est équipé de pièce de cuir rigide et d'une épée.

A côté d'eaux, un Tullus d'âge mûr, aux mains noueuses et au visage marqué par le soleil et les ans de labeur. Il n'a presque rien dit depuis le commencement de la quête, n'a même pas décroché un mot quand il s'est avancé dans le cercle des volontaires. Ses yeux caramel vont lentement, étudiant longuement et fixement chaque détail avant d'en aborder un autre. Ses cheveux noirs et bouclés brillent de quelques éclats gris. Il porte plusieurs anneaux de diverses matières aux doigts et un autre en pendentif. Pas d'arme apparente si l'on excepte une petite hache que l'on confierait plutôt à un bûcheron qu'à un guerrier.

Nissia vient en dernière. La fourrure fauve, les yeux verts, deux petites taches sombres sur le sommet de ses oreilles félines et d'autre parsemant ses membres sveltes, l'Ajannile porte des bracelets de métal ouvragé qui remontent haut sur ses bras. Dans son dos sont fixés deux fourreaux croisés renfermant deux sabres courts et courbes. Espiègle et joueuse, elle dévore chaque chose du regard avec passion.

Je ne connais le nom que de la seule autre femme du groupe. Ergaïl, fin prêt, se tourne vers nous tandis qu'une Sershane imposante s'approche.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Jeu 23 Avr 2015 - 19:23

Je n’avais plus aucune crédibilité, c’était officiel. Le feu aux joues je pris mes vêtements en les enfilant avec le plus de dignité possible. Puis je mis l’ambre autour de mon cou. Une fois cela fait je me tournais vers mes camarades. Ils avaient consciemment risqué l’embuscade pour me sauver et je leur en serais éternellement reconnaissant. Je leur exposais rapidement la situation :

- J’ai eu au court d’un bain matinal la chance de découvrir la race des Serchanes …

Frode, le Thulus, lorgnait avec suspicion la morsure que j’avais sur l’épaule.

- Nos hôtes m’ont expliqué qu’elles n’avaient pas foi en les hommes. Elles n’accepteront de cohabiter que si nous nous montrons dignes de leur confiance. Visiblement le seul moyen de l’obtenir est de sauver leurs sœurs piégées derrière cette porte. Il nous faut donc y parvenir si on veut vivre en paix avec nos nouvelles voisines des rivières.

Les sentiments de mes camarades semblaient mitigés.

- Pourquoi n’ont-elles pas réussi elles-mêmes ?

La Serchane avec qui j’avais discuté répondit à ma place :

- Le monstre qui empêche mes sœurs de nous rejoindre était le familier de notre divinité.

- D’une divité ? Comme Ragnarès, Kimiti ou Akysada ? Même contre l’escargot de compagnie d’un dieu on n’a aucune chance je me trompe ?
Demande Gabriel inquiet.

- Il ne s’agit pas de le vaincre mais de permettre aux Serchanes de s’échapper. Et puis il ne semble pas meurtrier. Est-ce que tout le monde est prêt ?

Tous hochèrent de la tête, graves. J’avais peur de ce qui pourrait arriver, mais j’étais heureux d’être en si bonne compagnie. Nous nous avancèrent devant le porche qui se mit à scintiller. Alors que nous allions le franchir notre interlocutrice s’approcha.

- J’ai envie de croire en vous, avoua-t-elle, de croire que vous libérez les miennes de cet enfer. Je vais venir avec vous.

Je m’attendais à tout sauf à ça. J’inclinai légèrement la tête pour saluer ce choix. C’était inattendu et un guide semblait plus que nécessaire dans cette mission qui paraissait très périlleuse.

- Quel est votre nom très chère ?

- Isa

Si mon ancienne ravisseuse me considérait plus que comme un potentiel repas, j’avais le droit d’espérer que tout se passe bien. Je passais donc la porte qui semblait donner sur un long couloir sombre. Je ne savais pas trop ce que j’allais trouver mais je ne m’attendais pas à ça. Devant nous un immense lac s’étale sous nos yeux. Ses eaux sont vertes et légèrement troubles. Nous semblons être sur une île aux arbres plusieurs fois centenaires. Mais la végétation y parait malade. Des reliefs s’échappent des flots et forment de multiples autres îles. Certaines proches, d’autres lointaines. L'une à a peine trente mètres.

- Où est la bète ? demande le jumeau magicien Raphael.

- Dans l’eau,
répondis Isa, je ne sais pas si il nous laissera passer , je sais juste qu’il ne nous laissera pas repartir.

- A quoi ressemble t-il ? A-t-il des faiblesses ?
s’enquièra Lucyll, soucieuse.

- C’est une hydre. Généralement à huit tête. Sa faiblesse est de n’avoir que huit points d’attention.

- Généralement huit ? m’étonnais-je. Ca change des fois ?

La Serchane se tourna vers moi :

- Les serpents changent de peaux et les hydres de tête. La plus âgée tombe et laisse place à sa cadette pour repousser et devenir la benjamine. Mais si quelqu’un coupe une tête, deux plus petites et agressives repoussent.

-     Je connais cette histoire s’écria Raphael tout heureux, il suffit de cautériser la blessure !

- Dans l’eau ? Remarqua Lucyll.

Une réponse pragmatique. Il allait bien falloir trouver une idée pour passer.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 25 Avr 2015 - 1:44

Le cours de la discussion me permet d'ajuster les prénoms sur les visages. Les jumeaux Raphaël et Gabriel semblent frustré que la connaissance du mythe de l'hydre ne les mène finalement à rien. Frode se tait. Seul son regard parle. Et son regard fixe tantôt l'eau, tantôt la Sershane qui nous accompagne. Nissia grimace un peu : évoluer dans un environnement humide n'a jamais été du goût d'un chat… Ergaïl paraît réfléchir à la situation, songeur quand à l'état des arbres qui peuplent l'île.

"De quelle taille est notre adversaire ? s'informe Gabriel
- Une quinzaine de mètres de haut, son cuir est épais de plusieurs centimères."

Nous sommes sept pour huit têtes, et aucun moyen de les anéantir puisque les têtes se régénèreront en l'absence de feu.

"Je suppose que les blessures se résorbent d'elles-mêmes si la tête n'est pas coupées ?" demandé-je sans être surprise quand la Sershane confirma d'un hochement de menton. Les informations font un bout de chemin dans mon esprit avant de rencontrer un obstacle. J'ai une idée.

"Et si nous mettions cette particularité à profit ? Si sa régénération était en fait un avantage pour nous ?"

Le Tullus tousse et gromelle "Alors dans ce cas j'ai rien compris." tandis que les autres m'observent sans comprendre, attendant la suite. Je reprends alors :

"Connaissez-vous l'histoire de ce guerrier qui déplut à son dieu ? Pour le punir d'une offense, celui-ci décida d'enchaîner le fidèle déchu à un rocher et de lancer sur lui un aigle qui lui dévorait le foie. L'organe se régénérant indéfiniment, le supplicié était soumis à une torture sans fin, car une guérison annonçait une future douleur.
- Tu veux qu'on coupe des têtes jusqu'à ce qu'il ait assez mal ?!
interrogea Nissia stupéfaite
- Non. Je pensais à autre chose. Si nous crevons les yeux de chaque tête et que nous laissons les armes en place, les globes auront beau se reformer, ils seront détruits de plus belle par ce qui les a percé la fois précédente non ? Et comme l'avantage des hydres est de se focaliser sur plusieurs choses simultanément, pensez que les hydres aveugles sont impuissantes…
"

Je laisse ma phrase en suspend, laissant les autres méditer.


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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mar 12 Mai 2015 - 16:51

Je ne connaissais rien aux hydres et je n’avais que très peu entendu sur elles. Je réfléchis quelque secondes à la proposition de Lucyll qui m’avait l’air prometteuse.

- C’est une bonne idée …

- Elle est géniale tu veux dire, s’exclama Nissia, un peu d’enthousiasme !

- En tout cas nous n’avons jamais pensé à ça souligna Isa.

C’était encourageant. Gabriel sorti un arc démontable de son sac qu’il assembla en quelques mouvements dextres pendant que Lucyll préparait ses propres flèches. Raphael et Frode se postèrent instinctivement devant les deux archers pour les protéger.

- Nous allons tenter cette stratégie. Je vais m’avancer vers les flots et forcer l’hydre à sortir ses têtes de l’eau. Quand nous auront une ouverture Raphael tu utiliseras ta magie pour rapidement faire léviter les personnes une par une de l’autre coté. Tu commenceras par Frode, puis ton frère, Lucyll, toi-même et …

- Toi, moi je passerai dans l’eau me coupa Isa. L’hydre se manifestera dès que quelque chose passera au dessus de l’eau.

Chacun hocha de la tête et je m’approchai de la berge légèrement limoneuse. L’eau était calme et le rivage opposé, des rochers de granit, se trouvait à une vingtaine de mètres maintenant. Je pris une grosse branche morte pour la jeter de l’autre coté. Mon projectile suivit une courbe harmonieuse avant qu’une gigantesque gueule ne jaillisse des flots pour le saisir et le broyer d’un claquement de dents. Ce qui ne manqua pas de faire sursauter tout le monde.

Une immense tête reptilienne rappelant les dessins de dragon dans les livres se tourna vers moi et mon sang se figea en croisant son regard. Je ne m’attendais pas à un tel monstre. Son cou se déploya dans toute sa hauteur et son attention me dominait de douze bons mètres. Puis deux têtes supplémentaires émergèrent de l’eau, encore plus grandes et suivies de leurs petites sœurs. Les écailles de l’hydre étaient d’un vert luisant avec des motifs noirs. Elles semblaient très épaisses. Des yeux fous aux pupilles verticales d’un émeraude surprenant se posaient sur chacun de nous. Je pouvais dénombrer sept têtes. Chacune avec une implacable mâchoire équipée de dents aussi longues et aiguisées que des couteaux de chasse.  

- Commençons, il faut épingler ses yeux et faire sortir la huitième tête ! Dis-je haut et fort, autant pour lancer l’assaut que pour me donner du courage.

Gabriel n’attendit pas une seconde de plus et profita que le monstre soit relativement immobile pour attaquer. Sa première flèche alla directement se ficher dans un œil suivit une fraction de seconde après par celle de Lucyll dans le deuxième de la même tête. L’hydre fit un rugissement à en glacer le sang mais aucun de mes courageux compagnons ne resta figé de terreur malgré la dimension du monstre légendaire. Grand bien nous en fis car il riposta presque immédiatement en jetant ses têtes tout en crocs acérés et en écailles pour essayer de nous happer. Il semblait impossible de parer des gueules faisant jusqu’à  trois mètres. Mes compagnons devaient les esquiver alors que j’essayai d’en occuper le plus possible en lançant ma magie, aidé d'Isa qui incantais moult sorts. L’une d’elle ne se laissa cependant pas distraire et assaillit Lucyll en un éclair, Frode s’interposa juste à temps et lui planta d’un coup puissant sa petite hache dans le museau, déviant la trajectoire de la mâchoire et permettant à l’archère de mettre une flèche dans chaque œil.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Mar 23 Juin 2015 - 1:11

Les têtes bougent à toute vitesse, leurs regards reptiliens vrillent, aucun combattant n'échappe à ses yeux perçants, chacun essuie de multiples attaques fulgurantes que l'on ne peut qu'esquiver. La corde de mon arc me scie les doigts, je ne fais que courir, rouler, chercher un angle de tir pour atteindre une de ces cibles mouvantes. Les pouvoirs de l'artefact d'Alzar corrigent mes traits mais ne peuvent faire de miracle : il faut que je puisse viser pour toucher.

Les deux têtes aveugles mugissent de colère et frappent avec maladresse en fonction de la vision que leur offrent les autres encore indemnes. Le monstre nous domine de toute la rage de ses douze mètres, ses cous longilignes virevoltant, fouettant l'air, je doute soudain que nous puissions en venir à bout. La bête est tenace, titanesque, agressive, puissante et à peine désorientée par la perte de quatre de ses yeux. Elle semble avoir saisi notre stratégie et ne cesse de se mouvoir avec une frénésie emprunte d'une violence sournoise. Les flèches de Gabriel ricochent contre les écailles, malgré les efforts de son jumeau qui tente d'enserrer les gueules par magie pour les ralentir, sans succès. Nissia semble danser au rythme de ses figures de combats, tranchant air ou chair de ses sabres avec habileté pour repousser et intimider l'ennemi pourtant bien plus impressionnant et se régénérant infiniment. Ergaïl et Isa continuent de bombarder l'animal de sortilèges incandescents. La situation semble se rapprocher d'un statut quo. L'endurance de l'hydre nous surpassera pourtant si nous n'envisageons pas quelque chose.

Soudain Frode se recule, ajuste les anneaux de ses doigts puis exécute des gestes précis, dessinant de ses mains dans le vide. Je le surveille du coin de l'œil, prête à réagir lorsqu'il tentera quelque chose. Son visage concentré annonce un sortilège d'ampleur qui pourrait bien changer la donne. Il se raidit brusquement et annonce simplement, sans même élever la voix : "Attention, fermez les yeux."

Un bruit diffus retentit, comme un sac de poussière qui éclate. Puis un bruissement. Qui enfle. Et envahit tout l'espace.

Un tourbillon de sable fond soudain sur la scène. Une véritable tempête de grains noirâtres, floutant le paysage et fouettant notre peau et notre visage. Je ferme les yeux et m'accroupis. A quelques mètres, j'entends l'hydre qui hurle de douleur, aveuglée par le sable. Je place un bras devant mon visage et plisse les yeux pour tenter de discerner ce qui se passe dans le chaos. Je n'aperçois que des silhouettes vagues et l'énorme ombre du monstre nous surplombant. Il agite ses têtes en tout sens au hasard, incapable de voir quoi que ce soit. Frode nous offre une chance d'attaquer dans le noir, désavantageant la bête, mais nous rendant également invisibles les uns aux autres. Qu'importe, je saurai me débrouiller seule jusqu'à la fin de l'enchantement, car je ne suis pas aveugle. Je referme les yeux, inspire, expire, puis les rouvre à demi. Le monde énergétique resplendit. Le charme agitant le sable est une brume orangée, la silhouette de Nissia, un feu follet fuchsia se fiant à ses sens félins en se guidant à l'ouïe, Gabriel et Raphaël, deux ombres bleues accroupies, Ergaïl un guerrier aux éclats verts et or. Je n'aperçois Isa qu'après quelques secondes : elle a plongé dans l'eau du lac afin d'attirer la dernière tête immergée vers la surface. L'hydre est une masse immense et violacée à l'aura déferlante.

Agir.

La vision colorée exclue tous mes autres sens. Les sons sont assourdis, comme cotonneux, le toucher est réduit à une sensation d'effleurement. Les mouvements semblent plus nets, comme sous l'effet d'une drogue qui affinerait ma perception de manière irréelle. Ils paraissent comme décomposés, laissant derrière eux une sorte de rémanence. J'encoche une flèche et ajuste mon tir. Le clignement d'une paupière dans la masse violette m'indique un œil. Le trait part. Explosion de rage. La tête s'agite mais une seconde flèche termine le travail. Une de ses jumelles s'oriente vers moi. En un instant elle est borgne. M'ayant repérée, la tête se rue dans ma direction. J'ai le temps de crever le second globe oculaire. La gueule infernale ne s'arrête pas pour autant. Avec horreur, je constate qu'elle a visé juste. Je me jette en arrière, quittant brusquement le monde énergétique, tandis que l'horrible serpent s'abat sur l'endroit où je me trouvais quelques secondes plus tôt. Ayant manqué sa cible, celui-ci s'immobilise. Son museau frémissant tente de me localiser malgré la tempête. Il est affreusement proche, je n'ose plus bouger. Allongée sur le dos, je ne peux que me mordre le poing pour m'empêcher d'émettre le moindre son tandis que le sang de la bête goutte des orbites malmenées sur ma chemise, les écailles de sa gorge me frôlant les cheveux. L'hydre guette mes mouvements. Mes dents écorchent mes doigts. Le silence me sauvera-t-il ?

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 27 Juin 2015 - 17:17

Rompu aux champs de bataille je cherche une solution dans le feu de l’action. L'hydre nous bloque le passage et même si le combat est équilibré quelqu'un risque à tout moment d'être gravement blessé ou pire. C’est Frode qui me permet d’avoir la clef :

- Fermez les yeux.

Ayant toute confiance en mon camarade je m’exécute juste avant que mon visage ne soit fouetté par du sable. Les bruits de combats sont étouffés par les nuages de grains et l’hydre cri de douleur. Je suis aveuglé, comme elle. Comme elle j’essaye de me guider aux sons, ce n’est pas dur, elle n’est pas discrète ! Le stress reflux, seul l'instinct guerrier reste. Je sais que trois de mes camarades y vois parfaitement alors je tente quelque chose :

- Raphael ! C’est le moment, vient derrière moi !

Il n’en fallait pas autant à la créature pour savoir exactement où j’étais et essayer de m’anéantir avec deux de ses têtes. Une fraction de seconde plus tard deux orbes les contre, les empêchant de m’atteindre. Les têtes sifflent de douleur à divers endroits, cherchent ma nouvelle position. Je sens un frôlement derrière moi : Raphael. Il a parfaitement compris ce que j’attendais de lui.  Le nuage peut lui permet de faire passer nos camarades sur la rive d'en face en profitant de l'aveuglement de l'hydre. Cependant ce sera beaucoup plus aisé pour lui de le faire s’il peut rester immobile. Il fallait que je le défende pendant qu’il fait passer tout les autres. En plus de cela, j’avais besoin d’yeux :

- A deux heures, une tête va attraper Lucyll !

Il guide mon bras avec sa magie en même temps qu’il fait léviter Frode au dessus de l’eau. Ma cible m’est désignée avec mon propre doigt, je n’ai plus qu’à lancer ma magie pour sauver la magicienne.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Dim 28 Juin 2015 - 2:27

Le goût métallique de mon sang et de celui de l'hydre coulant sur mon visage et glissant entre mes lèvres s'insinue sur ma langue. Les narines du monstre frémissent, me cherchent, la mâchoire s'abaisse peu à peu jusqu'à ce que deux orbites transpercées de flèches ne me fixent, à deux centimètres de mon visage. Mon pouls rate un battement. Je crois apercevoir un sourire torve dans ces rangées de crocs qui s'entrouvrent et exhalent une halène brulante. Le sable fouette toujours l'air autour de moi dans un hurlement de vent, mais j'ai l'impression d'être immobile dans un monde statique et silencieux. Un grondement éclot peu à peu, montant de la gorge de l'hydre. Je reste tétanisée, n'osant confirmer ma présence d'une défense magique qui me trahirait et que la bête briserait certainement. Alors que l'attaque est imminente, un orbe d'énergie frappe la tête du monstre, me brulant le bras gauche que j'ai placé devant moi dans un geste de défense dérisoire. Je roule sur le côté, me relève, et cours à l'aveuglette vers la provenance du sortilège. Je percute Ergaïl de plein fouet. Nous tombons tous les deux à la renverse mais très bien nous en prend car la tête agressée nous frôle en passant au dessus de nous à toute vitesse, nous cherchant pour réclamer vengeance. Raphaël (ou Gabriel, j'ai un doute dans le chaos environnant) est accroupi près de nous. Il agite ses mains nimbées d'un halot, les yeux fermés, psalmodiant sans émettre le moindre son, ses lèvres articulant des mots silencieux. Il transporte son frère sur l'autre rive. Puis Nissia. Reste nous trois. Ergaïl continuant d'écarter les gueules meurtrières, Raphaël m'attrape le poignet : "Seras-tu capable de me transporter depuis l'autre rive pendant que je fais léviter Ergaïl ?Ainsi auncun de nous ne se retrouvera seul sans personne pour le couvrir." chuchote-t-il. J'acquiesce. Il me lâche et je sens mes pieds décoller. Je reprends pieds et peux de nouveau ouvrir les yeux. Aussitôt je me concentre et ramène le magicien qui lui-même assure le trajet de notre dernier compagnon. Enfin en sûreté, nous soufflons tandis que le nuage de sable retombe peu à peu. Mais notre soulagement ne dure que quelques secondes quand Frode demande : "Où est la Sershane ? Isa ?"

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Ven 3 Juil 2015 - 0:43

Je ne sais pas faire léviter, augmenter ma force physique, invoquer un mur de flammes ou un torrent d’eau. Je suis incapable de déchaîner les cieux ou de prédire l’avenir. En revanche quand il s’agît de balancer de l’énergie brute je n’ai pas mon pareil. Il me sembla que nous n’étions plus que deux sur la rives et je nous défendais, moi et Raphael coute que coute.

Impossible de voir combien de têtes étaient aveuglées mais toutes se lançaient désormais sur moi. Exclusivement. L’hydre se battait avec toute la sauvagerie dont-elle pouvait faire preuve et c’était de plus en plus dur de lui résister, de ne pas finir entre ses crocs. La pression était incroyable, la moindre erreur nous couterait la vie. Pourtant, comme à chaque fois dans une telle situation, ma peur disparaissait et seule une lucidité froide et efficace régnait sur mon esprit.
Mes tirs fusaient et claquaient sourdement, les rugissements étaient partout.
Puis je me sentis porté, s’en était bientôt fini.
Transporté dans les airs, la créature semblait incapable de nous trouver.
En quelques secondes j’étais à nouveau sur le sable. Pourtant quelque chose clochait
:
- Où est la Serchane, Isa ?

Je retiens de justesse un juron.

- Elle est encore sous l’eau ! s’exclame Lucyll l’hydre essaye de la saisir !

- Frode, lâche tout le sable que tu peux dans l’eau. Gabriel, Lucyll, essayez d’attirer Isa .

La lévitation sous l’eau, c’était une grande première, mais c’était la meilleure façon de l’aider à en réchapper. Visiblement ça ne choqua pas mes deux comparses qui agir dans l'urgence sans hésiter. Il fallait ramener la Serchane vers ici, seule en proie avec l'hydre elle n'avait aucune chance. Pendant que le sable allait la dissimuler en rendant l’eau trouble elle se fraya un sillage vers nous. Pour décontenancer l’hydre et l'aider, je lançai encore quelques salves. Mes mains saignaient d’une utilisation aussi intensive de ma magie, qu’importe ! La créature, rendue folle, abandonna sa proie aquatique. Enfin, comme par miracle la Serchane nous rejoint.

C’était le moment idéal pour s’écrouler de fatigue.

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MessageSujet: Re: Orzaal, les origines [Mial 1294]   Sam 4 Juil 2015 - 1:10

Tout le monde est à bout de souffle. Assis sur la berge sablonneuse, nous regardons l'hydre pousser quelques cris et s'enfoncer vers les flots, peut-être pour y panser ses blessures, peut-être simplement pour y préparer sa prochaine attaque lorsque se présenteront d'autres imprudents. Dans l'ensemble, tout le monde va bien. Nous ne souffrons que de légères égratignures, coups et brûlures de moindre importance. Frode semble satisfait pour la première fois depuis le début du voyage et nous fait l'honneur d'arborer un froncement de sourcil plus ténu que d'ordinaire et un plissement de la lèvre qui donne presque l'impression d'un sourire. Nissia essuie patiemment les lames de ses deux sabres, visiblement heureuse de s'être défoulée. Gabriel hésite à ranger son arc tout de suite tandis que Raphaël, fatigué par l'effort, reprend des forces en buvant à grandes gorgées l'eau d'une outre et en grignotant un morceau de pain tiré de son sac. Ergaïl a les mains en sang après avoir pulsé autant d'énergie brute. C'est une utilisation assez particulière, presque primitive qu'il fait de la magie. Il ne transforme quasiment pas la force vitale qu'il y met et l'envoie directement sous force d'orbes, créant des impacts importants. Cette forme donne une dimension presque instinctive à ses sortilèges, qui contraste beaucoup avec les actions pensées et imagées qui dirigent les miens. La puissance dégagée par cette technique est notable, mais j'imagine qu'elle doit être très consommatrice. Il est impressionnant de voir que Raphaël semble plus affecté par le combat que le guerrier.

Une seule personne parait impatiente de repartir : Isa, la Sershane. Malgré son sauvetage périlleux, elle montre des signes d'agitation, indiquant que le repos lui semble inopportun et qu'il est temps de continuer. C'est presque à regret que nous mettons donc fin à cette halte pour poursuivre notre quête au cœur des terres ancestrales des Sershanes.


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Orzaal, les origines [Mial 1294]

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