Domhan
Dans un univers féerique, des personnages aux destins héroïques naissent du bout d’une plume guidée par l’imagination. Cherchant un moyen de réaliser leurs rêves les plus fous au gré d’aventures et de rencontres, magiciens, guerriers ou bandits partent pour un voyage qui changera leur destinée. Ils devront faire preuve de force et de courage, d’ingéniosité et de talent pour trouver la porte qui les guidera jusqu'à l’objet de leur convoitise. Aux quatre coins d'un monde aussi magnifique, qu’hostile, rempli d’êtres et de créatures de légende, le combat ne fait que commencer…
Alors écris ta propre histoire, incarne ton héros et pars à l’aventure dans le passionnant univers magique de Domhan !

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 La légende de Gaïrell

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MessageSujet: La légende de Gaïrell   Mer 9 Juil 2014 - 22:16

La légende de Gaïrell






I







J’ignore depuis combien de temps je suis planté là, à attendre que quelque chose d’inattendu survienne de lui-même ; un miracle ? J’aurais vraiment aimé y croire, au miracle, mais il fallait se rendre à l’évidence : même nos propres maîtres nous avaient abandonné.
La guerre.
Personne ne savait depuis combien de temps elle perdurait. Des jours ? Des semaines ? Des mois ? Des années ?! Alors ce jour là, je me demandais si elle prendrait réellement fin.

Les vivres nous manquaient, la famine nous guettaient. Nous ne tiendrions plus très longtemps à cette cadence. Mais que pouvions-nous faire, simples mortels, pour espérer survivre à ce cataclysme ?
Les divins refusaient de plier, de même que nos souverains Ehoziens pour lesquels nous nous battions contre notre gré. J’en avais plus qu’assez de voir mes camarades tomber au combats pour une cause oubliée depuis longtemps.

La terre trembla de nouveau, le ciel se couvrit, l’orage grondait. Khtaar était furieux.
Dissimulé, retranché derrière les ruines d’une ancienne maison de bois, j’observais d’un coup d’œil vif, les montagnes d’Arimal, dont les forêts autrefois verdoyantes étaient redevenues poussière en l’espace de quelques jours.

Le ciel déversa alors une pluie d’éclairs, vifs et puissants, qui s’abattirent sur un flanc de colline dans un bruit assourdissant. Les bras du dieu du tonnerre s’emparaient de chaque parcelle de la montagne et se dirigeaient droit sur nous.  
     
Paniqué, je me relevai précipitamment et courus à perdre haleine à travers champs, jetant au passage de rapides coups d’œil par-dessus mon épaule. Les nuages se rapprochaient, les ruines où je me trouvais quelques instants plus tôt furent soudainement foudroyées.

J’en oubliai mes blessures, accélérant ma course jusqu’à notre abri que je savais tout près. Encore quelques mètres. Encore un peu plus, juste encore un peu.

La foudre frappa.

Tellement proche que ma respiration se coupa.

Je m’affalai sur le sol, mes oreilles sifflaient, je n’entendais plus rien. L’orage était là. Juste au-dessus de ma tête. Malédiction !

Je jurais intérieurement, je ne pouvais plus bouger. Je restais là, allongé sur le dos, mes yeux fixés vers l’obscurité du ciel.

Je pleurais. J’avait tout perdu ; ma famille, mes camarades. Je revois encore leurs cadavres brûlés par les flammes, après l’assaut des divins à Eseope. Leurs yeux livides m’implorant de leur venir en aide…
Les survivants se terraient désormais dans les profondeurs de la Terre, priant pour leur survie autant que leurs maigres forces le pouvaient encore. Moi, je ne pouvait venir en aide à personne, pas même à un guerrier, pas même à un être supérieur.

Je n'étais qu’un homme. Que pouvais-je faire face au pouvoir sans limites des dieux ? A la puissance sans pareille des Ehoziens ? Le destin de l’homme était-il de disparaître ? Pris dans le feu d’un conflit qui le dépassait ?

Il nous fallait nous défendre. Si seulement nous pouvions prendre part à ce combat et y mettre enfin un terme !  Avoir le pouvoir de changer le cours des événements. Le pouvoir de prendre en main notre destinée…

« Si tel est ton désir. Que serais-tu prêt à sacrifier pour le réaliser ? »

Malgré la mort qui planait au-dessus de moi à ce moment-là, je réfléchis.

Cette voix perçait l’obscurité du ciel et résonnait au creux de mon oreille comme un doux écho.

Cette voix m’appelait.

_ Tout…murmurai-je à travers mes sanglots. Absolument tout…

Les éclairs s’abattirent, le tonnerre gronda, la lumière me submergea.


La mort me saisit.



C’était terminé.

_________________

Votre conscience est comme une plaie : le sang y coule à flot. Vous croyez que sauver un homme plus vertueux que vous changera quoi que ce soit ? Ce n’est là que vulgaire sensiblerie !
Vous n’êtes qu’une fillette en prière. C’est pathétique ! Vous mentez et tuez, au service de menteurs et de tueurs. Vous prétendez être différente, obéir à votre propre code, dans le but de racheter ces horreurs…mais elles font parties de vous. Elles ne disparaîtront jamais...


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Dernière édition par Amy Wicardomma le Mer 23 Sep 2015 - 22:41, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La légende de Gaïrell   Jeu 10 Juil 2014 - 22:28

II




_ Je suis...mort ?

« Pas encore...»

_ Qui êtes-vous ? Un Dieu ? Vous êtes là pour me juger ? Je n'ai pas à répondre aux actes de mes maitres ! Vous n'avez pas le droit de nous condamner pour les pêcher de nos oppresseurs !

« Ce n'est pas la tâche qui m'incombe...»

_ Alors qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ? Où suis-je ?

J'avais beau regarder autour de moi, je ne voyais rien. Seul mon propre corps semblait visible dans les ténèbres qui m'enveloppaient. Je me souvenais de l'orage, je me souvenais de ma mort. Alors pour qu'elle raison cette voix me disait le contraire ? Que suis-je sensé faire désormais ? Le tout puissant Jarlaan m'a lui aussi rejeter. Je ne ressens rien, je ne vois rien, je n'entends rien...à part cette voix qui semble venir de nul part.

« Une fureur vengeresse brûle en toi. Une rage telle qu'elle ferait trembler le plus puissant des êtres. Tu m'as appelé...et je suis désormais à tes côtés. Tu désires les voir mort. La colère enflamme tes chairs et ronge ton cœur.»

Je songeais alors, fermant les yeux. Ressentant une faible chaleur qui naissait au fond de moi. Je revoyais les massacres, les assauts.

Mère, père...Je revoyais leurs visages me quittant pour rejoindre l'armée Ehozienne de l'Est...et ce baume au cœur lorsque j'ai deviné que je les regardais pour la dernière fois.
Mes pensées me trahissent. Faisant resurgir des souvenirs tellement douloureux que le temps ne pourrait jamais estomper.

_ Lydiane, mon amour... Pardonne-moi. Je n'étais pas assez fort. Je n'ai pas su te protéger. Ton visage me manque, ton sourire me manque...tes lèvres me manquent...

« Tu serais prêt à tout pour réaliser ton souhait. Je peux t'offrir le pouvoir que tu convoites depuis toujours Gaïrell. Je peux t'offrir la puissance d'égaler les dieux ! »

Je sentis de nouveau des larmes couler le long de mes joues. Le feu en moi grandissant à chaque sanglot. Mes dents claquèrent, ma gorge se noua.

« Que désires-tu au plus profond de ton être ? »

Je retins mon souffle un instant en essuyant les traces humides sur mes joues. Mes larmes devaient cesser de couler. Dorénavant, je ne pourrais me permettre une telle faiblesse.

_ Je ferais ployer les dieux par ma seule force, je gagnerais le respect de mes maîtres Ehoziens. Tous ploieront devant moi. Tous me supplieront à genoux ma clémence et mon pardon.

Je veux qu'ils paient...

Un brasier m'animait. Je n'avais jamais ressenti une telle chaleur. J'avais l'impression que tout m'était désormais possible, que rien, ni personne ne pouvait m'atteindre.

« Toi qui décides de tout sacrifier au nom de la vengeance. Toi qui désires être l'égal d'un puissant. Je te donne ce que la nature humaine n'aurait jamais pu t'offrir... »




Être humain brisé et âme à jamais perdue
Le pouvoir suprême, tu as maintenant obtenu

À travers les siècles, au court de ton voyage,
Ton nom et ton sang se rependront sur la terre
Ainsi, les cœurs des fils et des filles par héritage
Bruleront du même éclat que celui de leur père...

_________________

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MessageSujet: Re: La légende de Gaïrell   Jeu 31 Juil 2014 - 22:25

III







L'odeur de chair carbonisée.

Voilà ce qui me prit les tripes lorsque je repris connaissance. Mes oreilles bourdonnaient. Cligner mes paupières ne suffirent pas à rendre ma vue plus nette.

Je pensais avoir succombé à la folie de Ktaar. Que s'était-il passé ?
Impossible pour moi de bouger sans ressentir d'affreuses douleurs, preuve que j'étais bel et bien vivant.

« Pensez-vous qu'il survivra ? »

« Je l'ignore. Je n'ai jamais vu ça. »

« Moi non plus. »

Je percevais un vrombissement de paroles étouffées autour de moi. Une, deux... Non, trois personnes. Comment je pouvais le savoir ? Je dirais l'instinct. C'était l'explication la plus plausible qui me venait immédiatement à l'esprit. Je finis par ouvrir complètement les yeux malgré la douleur qui assaillit mon visage de toute part.

« Par tous les dieux. »

Dieu...

Ce mot résonna dans ma tête et m'emplit d'une rage folle. Je n'avais jamais éprouvé une telle haine, une telle envie de tuer. Alors c'était donc ce que les puissants ressentaient durant tout ce temps ? Fabuleux. J'ai le sentiment que je pourrais soulever des montagnes !
J'ignorais la douleur qui s'amenuisait petit à petit. Je pouvais bouger de nouveau.
Combien de temps avais-je dormi ? Qu'importe ! Désormais, je ne dormirais plus. Je ne craindrais plus la fatigue ! Je ne craindrais plus la mort !

Je me sentis allongé sur un lit, des bandages recouvrant mon corps tout entier. Le dieu du tonnerre ne m'avait pas épargné ? Et bien qu'il ne compte pas sur moi pour faire preuve de clémence à son égard.
Je me relevai, ignorant les personnes qui tentaient de m'en empêcher et m'assis sur le rebord du lit. Je devais être en piteux état compte tenue de la manière dont ils me dévisageaient.

Je leur rendis la pareille. Dévisageant chacun d'entre eux, lentement. Ils avaient peur, je le sentais. Moi-même, j'avais peur. Et si tout cela n'avait été qu'un rêve idiot fait par un mourant ? Si j'avais tout imaginé ?

Être humain brisé et âme à jamais perdue
Le pouvoir suprême, tu as maintenant obtenu...

Non.

Je me souvenais parfaitement de ces paroles. Je ne pouvais pas les avoir inventés, je n'ai jamais eu l'âme d'un barde ou d'une de ses créatures aux oreilles pointues. Je n'avais jamais pu inventer cette sérénade tout seul....

Je désirais mettre pied à terre, mais, cette fois-ci, deux mains fermes me saisir les épaules et forcèrent à me rallonger.

La colère me gagna de nouveau. Qui était-il pour oser poser la main sur moi ? Quel être inférieur avait la folie de m'empêcher de faire ce qu'il me plaisait ?

Je repoussais cet homme d'une main violente.

« Gaïrel arrête !»

Je reconnaissais des paroles originairement douces et désormais emplies de sanglots.

Lydiane...

Non ! Ce n'était pas elle ! Cela ne pouvait pas être, elle !

Je sentais mes yeux brûlants devenir humides.

« Gaïrel... C'est moi. C'est Mavy. Tu te souviens ? Nous nous sommes réfugiés tous ensembles ici après avoir quitté Eseope. Tu étais parti faire le guet avec Prikorac. Nous avons entendu l'orage et avons attendu désespérément votre retour. »

Je sentais une main saisir doucement ma joue bandée, tremblotante.

« Je t'en prie... Souviens-toi... Nous avons eu tous très peur de ne pas te voir revenir. Quand nous t'avons trouvé, à quelques pas de l'entrée, tu étais encore vivant. C'était un vrai miracle ! »

Mes souvenirs resurgirent comme un raz-de-marée fulgurant et dévastateur. Comment avais-je pu oublier ?

_Ma...Mavy ? Marmonnai-je avec difficulté.

J'étais heureux de la revoir, heureux d'être en vie.
Elle souriait. Seule sa petite taille et son apparence beaucoup plus juvénile permettaient de ne pas la confondre avec sa grande sœur. Elles se ressemblaient tellement qu'il était impossible d'imaginer que du sang différent coulait dans leurs veines.

« Que t'est-il arrivé Gaïrel ? Tu as l'air...différent. Tes yeux ont une étrange couleur...et on dirait que tu es devenue plus grand aussi ? »

Ses cheveux blonds redressés et ses yeux d'un bleu profond me rappelaient ma Lydiane.
Lydiane avait aussi cette frustrante manie de faire comme si tout allait bien, même au beau milieu d'une guerre. Elle était incroyable.

Elle me manque.

Mavy était effrayé, ça aussi, je pouvais le sentir, mais elle s'efforçait de sourire malgré les circonstances. Voyant que j'étais gêné et que je commençai à retirer les monceaux de tissus de mes mains, Mavy se hâta de répliquer.

« Ne touche pas à tes bandages. Tu as eu la chair brûlée ! Les anciens étaient septiques à ton sujet, mais je n'ai jamais voulu perdre espoir. Je t'en prie Gaïrel ! Rallonge-toi et repose-toi. D'accord ? »

Débattre avec elle ne mènerait nulle part. Ma gorge était sèche.

_ J'ai soif. Répondais-je dans un murmure presque inaudible.

« Je t'apporte cela tout de suite. »

La jeune femme quitta la pièce. Mes souvenirs étaient flous, mais je me souvenais de notre fuite. Nous avions migré vers l'Est et avions trouvés une grotte dissimulée dans les falaises.

Mavy revint avec un petit bol de terre cuite qui contenait cette précieuse source de vie, communément appeler de l'eau. Autrefois, avant les guerres, les rivières en regorgeaient, la pluie était abondante et fertile. Aujourd'hui, les rivières ont fait place à une terre aride, desséchée et il ne pleut que lorsque les dieux le décident.

Dieu ?

Dieu...

Mes doigts se crispèrent et je sentis mon cœur s'accélérer, brûlant dans ma poitrine comme jamais. Comment ces inconscients pouvaient se permettre de décider de notre existence propre ? Comment pouvaient-ils ? Comment OSAIENT-Ils agir de cette manière ?

J'arrachai le récipient des mains de Mavy avant de le porter à mes lèvres brûlées. Cette sensation était plus qu'agréable ; elle était exaltante, jouissive. Mais l'effet s'effaça aussi rapidement qu'il était apparu. Je l'avalais d'une traite et sentis le liquide glacial descendre au fond dans ma gorge en feu.
_ J'en veux encore. Déclarai-je froidement en fixant la jeune femme droit dans les yeux.
Celle-ci était pétrifiée sur place. Faisais-je peur à ce point ?

Une voix grave et grasse qui m'était également familière résonna dans mes oreilles.

_ Je...je suis navré Gaïrel mais il ne nous en reste plus autant qu'avant. La source s'est asséchée et tout le monde se prépare à partir. Nous allons prendre le risque de trouver un autre point d'eau ailleurs.

L'homme était de petite stature, mais les rides qui creusaient son visage et son haut de crâne dégarnit, était la preuve de son âge avancé.

_ Je n'ai que faire de tes pathétiques excuses Ubos ! Hurlai-je cette fois-ci. J'ai soif et si vous ne voulez pas me servir, alors j'irai le faire moi-même !

J'étais fou de rage. Pas seulement parce que le manque d'eau me montait à la tête, mais aussi et surtout parce que je croyais être mes compagnons, m'empêchait de faire ce qu'il me plaisait. De qu'elle droit pouvaient-ils se mettre en travers de mon chemin ?!

Je secouais la tête farouchement dans l'espoir de chasser ses pensées qui ne me ressemblaient pas. Ils étaient mes amis, ma nouvelle famille depuis l'attaque. Comment pouvais-je me permettre de les détester ? D'avoir de telles pensées à leurs égards ?

Mavy à raison.

Je devrais me reposer sans faire d'histoires...

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Dernière édition par Amy Wicardomma le Dim 22 Mar 2015 - 21:06, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: La légende de Gaïrell   Sam 6 Sep 2014 - 11:11

IV




Malgré toute ma bonne volonté, il m'était impossible de fermer l'œil. Je n'en avais pas la force, ou plutôt, je ne m'en sentais pas capable.

Je m'assis sur le bord de ma paillasse. Je ne ressentais étrangement plus aucune douleur.

La chambre était vide. De simples monceaux de toile définissaient ses extrémités et seule une faible bougie tentait vainement de l'éclairer en intégralité. Je percevais dans le lointain, les paroles étouffées des autres réfugiés Eseope. Notre refuge me parut soudain trop petit pour tant de personnes.

Mavy et Ubos ont quitté le recoin de la caverne qui me servait de chambre depuis plusieurs minutes déjà, mais je sentais toujours une présence dans la pièce. Une troisième personne me dévisageait, mais qui ? J'avais beau observer les alentours, je ne voyais rien.

Ignorant enfin cette étrange impression, je commençais à retirer délicatement les bandages ensanglantés qui recouvraient mes mains et je me levais d'un bond, à la fois en proie à la stupeur et la peur, en découvrant leur état.

Mes mains étaient intactes. Aucune brûlure, aucune cicatrice. Comme si rien ne s'était passé. Mais ma peau... Par les Ehoziens, la peau de mes mains était devenue violette, presque noire! Je frottai, je grattai, je pestai. Je crachai même, mais la couleur ne s'en allait pas.

Pris d'une frénésie terrifiée, je commençai à retirer les monceaux de tissus souillés, collés à moi : pourpre, pourpre, pourpre, encore du pourpre!! Tout mon corps était recouvert de cette couleur étrange. Comment ? Qu'est ce qui m'arrivait??

Je touchai mon visage. Les mains tremblantes d'anticipation, j'enlevai un à un les bandages restants, puis cherchait du regard un objet capable de révéler mon reflet. Trouvant mon bonheur (ou peut être mon malheur...) dans un morceau d'armure traînant au sol, je l'attirais à mon visage, aussi curieux qu'effrayé à l'idée de ce que j'allais découvrir.

J'eus un mouvement de recul, puis caressait ma joue, pour être sûr que je regardais bien mon propre reflet.

C'était...moi ?

Je découvris dans le miroir l'image d'une créature à la peau violette, aux traits déformés, grotesques. Ses cheveux autrefois châtains avaient viré au noir le plus profond. Loin d'être brûlés, ils avaient même poussé! Et au milieu de ce visage de cauchemar, deux yeux noirs, aux iris rouges comme le sang.

Deux yeux de bête.

C'était moi! Dans le miroir, c'était moi la bête! J'étais devenu horrible, repoussant, terrifiant même! Je lançai le plastron loin de moi, à la fois écœuré et enragé par ce que j'étais devenu. Qu'est ce qui m'était arrivé? Que m'avait elle fait?? Elle s'était donc jouée de moi? Au diable elle! Au diable ses pouvoirs! Je n'étais même plus humain! J'étais un monstre! Un... Un démon!!

Un petit cri aigu, un fracas de poterie brisée.

Je me retournai vivement. Elle était là.

Mains crispées sur ses lèvres fines, ses yeux exorbités d'effroi…mais comment pouvait-il en être autrement ?

« Mavy...Mavy je... »

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MessageSujet: Re: La légende de Gaïrell   Lun 6 Juin 2016 - 15:10


V












Je fis un pas dans sa direction, mais elle recula. Elle recula jusqu'à ce que son dos heurte la paroi rugueuse et gelée de la caverne.
Elle était pétrifiée par la peur, mais je m'obstinais à m'approcher. Elle devait comprendre qu'elle n'avait rien à craindre de moi. Que jamais je ne pourrais lui faire de mal...

Popom….popom….popom….

C’était incroyable. Rien qu’en posant mes yeux sur elle, j’étais capable de percevoir les battements affolés de son cœur, le flux du sang parcourant ses veines, les moindres spasmes de son corps frêle. Perçant son regard azur pour sonder son âme, je voyais sa tristesse, son désespoir, sa peine, sa colère, sa culpabilité et….

Le reproche

Elle avait raison sur toute la ligne. J’étais responsable de la mort de sa sœur. J’étais trop faible. Un humain. Un être qu’on est en droit de sacrifier : une vulgaire fourmi que l’on peut écraser sans états d’âme.

Mais Lydianne….sa compassion, sa gentillesse, sa beauté, sa générosité….Elle n’était comparable à aucune autre. Ses cheveux clairs comme les blés tombaient délicatement sur ses épaules. L’on pouvait se noyer dans ses grands yeux bleus une éternité. Sa peau nacrée dégageait un parfum de rose. Contrairement à ces imposteurs qui se prennent pour les maîtres de ce monde, Lydianne était une véritable déesse.

Mes mains se crispèrent, je serais les dents. Ma langue claqua sous la colère. Désormais, je n’étais plus faible. Je protégerais la dernière personne chère à mon cœur. Et lorsque j’en aurais terminé, lorsque tous ces faux dieux seront anéantis et que les maîtres auront succombé sous la rage de leurs esclaves, je retrouverais l’amour de ma vie. Je lui rendrais ce qu’on lui a injustement pris. J’en fais le serment.

Mes pensées se sont évadées quelques instants, mais dans cette caverne, dans ce « refuge », Mavy n’avait pas bougé.
Elle me voit désormais comme un étranger. M’approcher ne ferait qu’aggraver sa peur, je le savais. Mais il fallait qu’elle sache…qu’elle sache que je ne lui ferais aucun mal.

Sans que je m’en rende vraiment compte, je ne me trouvais plus qu’à quelques centimètres d’elle. J’effleurais doucement sa joue du bout de mon doigt pour essuyer ses larmes. Elle tressaillit à ce contact.

Je retirai ma main doucement de sa joue et mon corps s’anima de petits soubresauts incontrôlables. Je pleurais, mais mes joues restèrent sèches. Je bafouillais. La voix faible et tremblante.

_ Je…je suis désolé…t-tout est de ma faute.

Nous restâmes quelques instants ainsi, sans bouger. Je détournais mon regard, sachant à quel point il était terrifiant, n’osant rencontrer le sien. J’avais honte. Honte de mon ancienne faiblesse.  

Les joues de Mavy se noyèrent de larmes, elle sanglotait, et cette fois à cause de moi.

_ J’ai pensé qu’ils t’avaient enlevé, toi aussi…si tel avait été le cas alors…j’aurais été toute seule.

D’abord hésitante, elle se rapprocha de moi et posa son visage humide sur mon torse et continua de pleurer en silence. Je l’étreignis doucement. Une grande puissance grandit au fond de moi, j’avais tellement peur de la briser en mille morceaux.

_ Je ne mourrais pas. Je te protégerais Mavy. J’en ai assez de fuir. Nous nous façonnerons un avenir, nous allons retrouver notre liberté. Je te le promets.

Une voix s’éleva par-delà la tenture :

« Mavy ! Gaïrell ! Il est temps. Nous partons. »

Sans que je n'ai pu le contrôler, un frisson d’excitation me parcouru l’échine.

_________________

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